Le FMI a une "responsabilité criminelle", selon Alexis Tsipras

Le Premier ministre grec a prononcé un discours à charge contre les créanciers de la Grèce devant les élus parlementaires de Syriza, et dénoncé une obsession pour les coupes budgétaires qui serait "au service d'une motivation politique". Mais Alexis Tsipras croit toujours à la possibilité d'un accord.
Le moment est venu pour que les propositions du FMI soient jugées non seulement par nous mais surtout par l'Europe (...) car l'Europe doit discuter non seulement pour la Grèce mais aussi pour l'avenir de la zone euro, a déclaré Alexis Tsipras.
"Le moment est venu pour que les propositions du FMI soient jugées non seulement par nous mais surtout par l'Europe (...) car l'Europe doit discuter non seulement pour la Grèce mais aussi pour l'avenir de la zone euro", a déclaré Alexis Tsipras. (Crédits : Reuters)

Un discours pour rassurer l'aile gauche de Syriza ou un véritable coup de colère deux jours après l'échec des négociations ? Mardi 16 juin, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a particulièrement tancé les bailleurs de fonds de la Grèce devant les élus parlementaires de son parti.

Il a accusé les créanciers de la Grèce d'essayer "d'humilier" son gouvernement. S'en prenant à la BCE, il a estimé que sa tactique se résumait à une "asphyxie financière", reprochant à l'institution comme à l'Union européenne en général, de s'opposer à toute procédure d'allègement de la dette.

"L'insistance des institutions à poursuivre un programme qui a clairement échoué ne peut pas relever de l'erreur ou du zèle excessif, le plus probable est qu'elle est au service d'une motivation politique."

Les attaques les plus virulentes réservées au FMI

Ses attaques se sont faites encore plus virulentes lorsqu'il a évoqué le rôle du Fonds monétaire international dans les négociations. Selon lui, l'institution dirigée par Christine Lagarde a une "responsabilité criminelle" dans la situation actuelle de la Grèce.

Pour rappel, le FMI a annoncé  avoir quitté la table des négociations entre Athènes et ses créditeurs, jeudi 11 juin, arguant le refus du gouvernement grec d'accepter le régime que demandent les créditeurs: coupes dans les retraites, réformes du marché du travail et objectif ambitieux d'excédents budgétaires primaires (hors services de la dette).

Lors de son discours, Alexis Tsipras a également joué sur les divisions des créanciers, assurant que les intérêts des Européens étaient contraires à ceux du FMI:

"Le moment est venu pour que les propositions du FMI soient jugées non seulement par nous, mais surtout par l'Europe (...), car l'Europe doit discuter non seulement pour la Grèce, mais aussi pour l'avenir de la zone euro."

    Lire aussi >> Grèce : la division des créanciers conduit à l'échec des discussions

"Un accord qui répartit le fardeau équitablement"

Des déclarations percutantes qui n'ont pas écarté la volonté de trouver un terrain d'entente avec les créanciers.  "Le mandat que nous avons obtenu du peuple grec est d'en finir avec la politique d'austérité", a rappelé Alexis Tsipras face aux élus de son parti.

"Pour y parvenir, nous devons rechercher un accord qui répartisse le fardeau équitablement et qui ne porte pas préjudice aux salariés et aux retraités." [...] Je crois que nous entrons dans la dernière ligne droite. On pourrait dire que les véritables négociations démarrent maintenant."

Par ailleurs, un sommet européen exceptionnel pourrait avoir lieu en fin de semaine, dans la foulée de la réunion des ministres des Finances de jeudi, avec pour but de parvenir à un accord entre la Grèce et ses créanciers, ont indiqué à l'AFP trois sources européennes.

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Commentaires 17
à écrit le 17/06/2015 à 16:36
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S'il y a une responsabilité criminelle dans cette affaire, c'est celle de Syriza et personne d'autre. Qui a rejeté les accords en vigueur qui permettaient à la Grèce d'avoir ses prêts ? Qui a trompé les Grecs en leur promettant monts et merveilles ?...

à écrit le 17/06/2015 à 10:37
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...la culture " de l´enfer c´est les autres " et les "autres paieront.." à titre d´exemple les retraites en Grèce représentent environ 16 pour cent du Pib grec, 15 du Pib francais, 10 de l´Allemagne, 7,5 de l´Irlande... Uniformiser et redistribuer a...

à écrit le 17/06/2015 à 9:45
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"L'insistance des institutions..... est qu'elle est au service d'une motivation politique." C'est l'évidence, les "institutions" sont néo-libérales, viscéralement anti-démocratiques, elles ne veulent voir qu'une tête et surtout pas une tête qui penc...

à écrit le 17/06/2015 à 7:31
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Je ne crois pas que Tsipras poussera la Grèce hors de l'euro pour une raison bien simple: il a besoin d'euros pour payer les salaires des militaires. Tout le reste est bla bla.

le 17/06/2015 à 11:24
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Vous avez raison, tout le monde sait que tous les militaires du monde doivent être payés absolument en euros ! Tout le reste n'est que bla bla, comme votre commentaire par exemple !

à écrit le 17/06/2015 à 1:32
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Pour quelqu'un qui joue dur, je trouve Tsipras un peu trop timoré. Ça sent le chant du cygne. Et oui, il faut toujours évoluer ses chances de gagner et surtout s'arrêter à temps. Tsipras et son gouvernement ont obtenu de la,part des créanciers, mai...

le 17/06/2015 à 7:16
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a peu pres d'accord avec vous d'autant qu'effectivement ils avaient atteint l'equilibre AVANT tsipras; or il se trouve que , comme la politique de ayrault, la politique de tsipras ' a porte ses bons fruits', et qu'en plus l'equilibre ne tenait QUE gr...

le 17/06/2015 à 11:20
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je vous trouve un peu dur. Qu'a pu faire Tsipras ? La Grèce est sous tutelle et ne peut pas mener la politique économique qu'elle souhaite. Ce sont tous les débats auxquels on assiste et qui arrive à cette crise de confiance : la reprise qui pointait...

à écrit le 16/06/2015 à 22:54
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Les promesses de tsipras, c'était surtout : on va continuer à être des cigales et les autres financeront nos promesses !

à écrit le 16/06/2015 à 21:44
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Tzipras avait promis aux grecs de faire changer le FMI et l'Europe Il avait surtout promis qu'il obtiendrait des concessions et qu'il resterait dans l'Europe On dirait bien que c'était du vent et que ces menaces et insultes envers ces banquiers se...

à écrit le 16/06/2015 à 20:21
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A partir du moment où la Grèce est dans l'Europe et à signé les traités, les pays européens qui lui prêtent de l'argent ont leur mot à dire. Si Mr Tzipras n'est pas d'accord, il doit en tirer les conséquences.

à écrit le 16/06/2015 à 18:49
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Qu'il n'oublie PS que le FMI n a jamais perdu d'argent !! Il faudra payer et si il sorte de l'euro Ca va leur faire tellement mal que c'est la démocratie qui risque de sauter Ce petit Mélenchon est un provocateur irresponsable qui va emmener son pa...

le 17/06/2015 à 0:35
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genial ett il y a surement un pays avec une retraite 2x inférieure à la Litunanie quel progres quel vision

à écrit le 16/06/2015 à 17:49
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Selon Tsipras, on devrair donc sacrifier les nôtres pour que les Grecs continuent à vivre à nos crochets !!! Que la Grèce sorte de l'UE et qu'ils nous foutent la paix !!!!

à écrit le 16/06/2015 à 17:22
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Cependant, en cas de casse, le responsable sera lui, Il n'est plus sur le bord, entrain de regarder, il est dedans jusqu'au cou, et il le sait. Alors il fanfaronne, comme tous les gauchistes. Pathétique.

le 16/06/2015 à 17:48
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Tsipras va dire bye bye, et je pense que c'est vous qui y serez jusqu'au cou, avec les cigares (qui flottent) au bord des lèvres. Jubilatoire.

à écrit le 16/06/2015 à 16:53
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ça y est, le bouc émissaire est trouvé.

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