Bruxelles et le consortium SpaceRISE (SES, Eutelsat et Hispasat) vont signer en décembre le contrat de concession qui porte le développement, le déploiement et le fonctionnement d'IRIS². Une constellation qui est également la réponse de l'Europe à Starlink et SpaceX.Une victoire « posthume » pour Thierry Breton, qui a été contraint de claquer la porte de la Commission mi-septembre. La constellation européenne IRIS² a enfin trouvé sa bonne étoile avec la décision de la Commission européenne de sélectionner jeudi le consortium SpaceRISE (pour Space Consortium for a Resilient, Interconnected and Secure Europe) pour porter le programme IRIS² (infrastructure pour la résilience, l'interconnectivité et la sécurité par satellite).
Composé de trois opérateurs européens de réseau satellitaire (SES, Eutelsat et Hispasat), SpaceRISE a été choisi par la Commission afin de gérer le contrat de concession portant sur le développement, le déploiement et le fonctionnement d'IRIS². C'est le nouveau projet phare de l'Union européenne dans le spatial après les programmes Galileo (positionnement par satellite) et Copernicus (surveillance du climat). Et c'est clairement, la réponse de l'Europe à Starlink (SpaceX), une mégaconstellation qui pourrait cumuler jusqu'à 30.000 satellites.
290 satellites
Ce choix marque une étape cruciale dans la mise en place en Europe d'infrastructures de communications à la fois sûres, résilientes et souveraines. La signature de l'accord de concession est prévue en décembre. Le contrat de concession d'une durée de 12 ans s'appuie sur un partenariat public-privé pour acquérir un système composé de plus de 290 satellites sur différentes orbites (moyenne MEO et basse LEO) et du segment terrestre associé pour fournir des services publics au début des années 2030 tout en permettant des services commerciaux. « Grâce au système de satellites multi-orbites d'IRIS², l'Europe sera mieux à même de répondre aux situations de crise, de protéger les infrastructures essentielles et de lutter contre la fracture numérique », a expliqué Eutelsat dans un communiqué publié jeudi en fin de journée.
Le contrat de concession sera financé dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP) à la fois par des investissements publics - Union européenne (2,4 milliards d'euros pour le moment) et Agence spatiale européenne (750 millions) - et par des investissements privés consentis par les trois opérateurs réunis dans SpaceRISE (SES, Eutelsat et Hispasat). Un projet de plus de 10 milliards d'euros au total. « Nous veillerons à ce que le contrat reste continuellement en adéquation avec nos impératifs de taux de rentabilité interne, de génération de cash et de qualité d'investissement », a déjà averti le directeur général de SES, Adel Al-Saleh. S'agissant de la contribution de l'Union européenne, la Commission européenne procédera d'abord à un engagement budgétaire dans le cadre financier pluriannuel actuel. Puis des montants supplémentaires pourront être accordés après le 31 décembre 2027.