Les dépenses de protection sociale gagnent du terrain en France

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Les discussions sur les niveaux de dépense publique ne peuvent pas être dissociées du modèle social français souligne l'économiste de Xerfi Olivier Passet.
Les discussions sur les niveaux de dépense publique ne peuvent pas être dissociées du modèle social français souligne l'économiste de Xerfi Olivier Passet. (Crédits : Reuters/Charles Platiau)
Les dépenses de protection sociale en France s'élèvent à 34,3% du PIB, soit un record en Europe. Le plus grand poste de dépense est consacré aux prestations vieillesses.

Alors que le mouvement des "Gilets jaunes" a remis le rôle de la fiscalité au centre des débats, les derniers chiffres d'Eurostatpubliés ce mercredi 12 décembre, indiquent que les dépenses de protection sociale en France ont légèrement progressé entre 2015 et 2016, passant de 34,2% à 34,3% du produit intérieur brut (PIB).  Ce qui place la France en tête des pays de l'Union européenne.

Ras-le-bol fiscal et protection sociale

Si une partie des Français dénoncent régulièrement un ras-le-bol fiscal en raison notamment d'un fort taux de prélèvement obligatoire, ils sont à 61% a juger normal le niveau de dépenses de protection sociale. 21% des répondants le considèrent comme insuffisant et 19% le jugent excessif selon un sondage réalisé par BVA pour le ministère de la Santé au printemps dernier.

Les débats sur la dépense publique en France font parfois l'impasse sur le niveau de dépense de protection sociale. Or, les discussions sur les niveaux de dépense publique ne peuvent pas être dissociées du modèle social français comme l'a récemment souligné l'économiste de Xerfi Olivier Passet

"il  faut tenir compte du fait qu'une part croissante des impôts, stricto sensu, finance aussi la protection sociale, notamment dans le nord de l'Europe, et de plus en plus en France. L'indicateur le plus pertinent, du coup, si l'on veut caractériser la pression fiscale, hors protection sociale, c'est d'isoler la part des impôts qui ne sont pas affectés à la protection sociale, autrement dit retrancher les dépenses sociales des prélèvements obligatoires. La France reste un pays de fiscalité élevée, mais demeure proche de la moyenne et ne fait plus figure d'animal étrange."

Lire aussi : La France "Championne de la fiscalité" !?... C'est faux

La diminution de la CSG promise par Emmanuel Macron pour les retraités qui avaient un revenu inférieur à 2.000 euros pourrait notamment affaiblir le financement des budgets de protection sociale si elle n'est pas financée. En effet, la contribution sociale généralisée est avant tout destinée à financer la protection sociale.

De fortes disparités à l'échelle européenne

En moyenne, les dépenses de protection sociale ont atteint 28,2% du PIB sur le Vieux continent. Ce chiffre marque une légère baisse par rapport à 2015 (28,4%). Par ailleurs, il existe de véritables disparités à l'échelle de l'Union européenne avec plusieurs groupes.

Les dépenses de protection sociale s'élevaient au moins à 30% du PIB en France (34%), en Finlande et au Danemark (32%) ainsi qu'en Autriche, en Belgique, en Italie et en Suède et aux Pays-Bas. A l'autre extrême, plusieurs pays affichent des dépenses inférieures à 20% de la richesse produite. Il s'agit par exemple de de la Roumanie, de la Lettonie ou de la Lituanie.

Les dépenses vieillesse en tête

La ventilation des postes de dépenses indique que la part des prestations vieillesses est la plus importante (45% du total). Elle est suivie des dépenses consacrées aux maladies, soins de santé et invalidité (35%).

Enfin, la famille et l'enfance (7,6%), le chômage (6,2%) et le logement (5,6%) arrivent ensuite. Par rapport à la moyenne de l'Union européenne, la France dépense plus pour le chômage (6,2%) et le logement (5,6%). En revanche, elle est à la traîne pour les dépenses dédiées à la famille (7,6%) ou aux soins de santé (35%).

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a écrit le 18/12/2018 à 9:58 :
perso en dépense maladie, je sais pas ce que mes cotisations payent, mais pour moi, mes rhumes et mon allergie n'est pas prise en charge par la sécu, c'est que des médicaments non remboursés, jamais eu un qqe remboursement en dehors de la note d'honoraire du médecin.
a écrit le 14/12/2018 à 19:58 :
En préambule surtout ne pas laisser ce sujet entre les seules mains des politiques et des syndicats NON les salariés du privé comme du public, doivent s'impliquer bien plus que les représentations politiques nationales et syndicales qui ne sont que de passage et tellement hors sol.
En 2017 la dépense pour les retraites étaient de 316 milliards, les recettes étaient de 255mds pour cent par les cotisations patronales et salariales du privé, 39mds par l’état pour le paiement des pensions des fonctionnaires avec une opacité sur la recette, très politique peu importe le bord, environ 6 mds pris en charge par l’état en subvention pour l’équilibre!!! des régimes spéciaux, chiffre qui ne se base pas sur une étude réelle mais plus une louche là encore provenance de la recette inconnue, autres ressources 36 mds par l’impôts et des taxes dont on ne connait pas vraiment la source opacité très étatique, environ 15 mds de transfert de l’assurance chômage et de la banche famille, enfin un recours à l’endettement relativement faible environ 7 mds. Plus un petit jeu d’écriture imposé par les différents exécutifs des cotisations de l’ARGIC et l’ARCCO Tous ces chiffres viennent du COR . Il faut noter que sous le quinquennat du tandem M. Sarkozy/ Fillon les retraites complémentaires verser par des entreprises à leurs salariés ouvriers, techniciens, cadres, ont été taxées à hauteur de 7 et 10 pour cent, pour faire face au déséquilibre des régimes spéciaux. A l’époque le monsieur budget M. Woerth qui aujourd’hui défend!!!les retraités avec une perte de mémoire de tout LR. Cette ponction a couté à M. Sarkozy en 2012 des milliers de voix dans les urnes. En fait le système de retraite est peu déficitaire et si nous tenons compte que des salariés du privé on peut penser que le régime serait à l’équilibre mais le POLITIQUE y compris l’actuel préfère mélanger les divers régimes pour éviter une explosions sociale. Il n’est pas question de laisser sur le carreau des retraités des régimes spéciaux même si on pourrait beaucoup dire sur les syndicats et les différents exécutifs qui ont défendu des régimes catégoriels souvent déficitaires, cela pour la paix sociale. Pour les fonctionnaires un système de prélèvements d’une complexité certainement élaborée par un haut fonctionnaire venant de l’ENA et qui devait « s’emmerder » au fond d’un couloir comme beaucoup de ces hauts!! fonctionnaires inutiles dont M. Darmanin ministre du budget l’a estimé à environ mille, un bon argument pour les gilets jaunes, ce qui fait qu’il est impossible de savoir si les 39 mds sont couvets par les cotisations des fonctionnaires. Aujourd’hui les salariés dont les plus jeunes se posent la question et NOUS demain, cette question est importante et justifiée, deux réponses soit les exécutifs cessent de faire des cotisations sociales le variable d’ajustement des salaires ce qui a un effet d’aubaine immédiat pour le salarié comme pour l'entreprise et dans ce cas il faut introduire un variable privé par des assurances, basé sur quel type de fond?? pour les retraites à venir soit les exécutifs arrêtent cette désocialisation . Ce sujet doit être traité par les exécutifs, des salariés de tout bord et le peu de syndicats qui ont encore une vision réelledu monde salarial. Les députés, sénateurs doivent être écartés car il ne sont que des politiciens, pour l’assemblée le doigt sur la couture donc ils voteront ce que dit l’exécutif, pour le sénat du politique systématiquement anti exécutif. Voir également la sécu dont les données sont également intéressantes et moins caricaturales que veulent bien nous vendre d'un coté le politique de l'autre les syndicats le couple au bal des menteurs……..
a écrit le 14/12/2018 à 16:59 :
Bonjour,

Que compare-t-on ? :
Le taux de protection sociale liés à des prélèvements obligatoire

Quid des pays où l'assurance santé, la retraite (ou une partie) est à la charge à titre privé ? Evidemment leur taux est plus faible.

Exemple : dépense de santé au US : 17 % du PIB uniquement sur ressources privées, dépense de santé en France : 11 % du PIB avec 80 % sur prélèvement obligatoire

Quel est le meilleur modèle économique ? : France (mois de PIB dépensé)
Quel est le meilleur modèle social ? : France tout le monde est soigné.... (prise en charge à 100 % des pathologie graves...)

@malo : coût de l'AME (prise en charge des personnes en situation irrégulière) = 780 Million€ sur un budget de la sécu de près de 200 Milliard€ soit moins de 0,4 % du budget de l'assurance maladie. A ce prix là, on laisse personne mourir sur le trottoir
a écrit le 14/12/2018 à 16:32 :
Il est malhonête d' intégrer dans le PBI les retraites comme dépenses sociales, car elles sont le produit d'une assurance que les retraités ont payé. Et pas du tout un effort social du gouvernement. L'article est un Faux.
Réponse de le 17/12/2018 à 18:50 :
Les retraités n'ont pas de produits d'assurance comme un système de capitalisation. Les actifs payent pour les retraités, donc oui cela doit s'imputé aux dépenses sociales. La sécurité sociales ont 4 branches: Vieillesse, maladie, accident de travail et branche Famille.
a écrit le 14/12/2018 à 15:16 :
Les allocations de solidarité pour les personnes âgées (ASPA) anciennement appelé minimum vieillesse augmentent chaque année de façon régulière et au-delà parfois de l'inflation.
Tandis-que que les retraites des personnes ayant travaillées toute leur vie n'augmentent plus.
C'est anormal.
Je pense que le but recherché du et des anciens gouvernements est d'instaurer progressivement une pension/retraite universelle tirée vers le bas et donc vers l'ASPA qui progresse d'année en année.
Et ce faisant et avec le temps tous les retraités auront droit à une pension au minima.
Qu'ils aient travaillé ou pas la pension sera identique pour tout le monde.
a écrit le 14/12/2018 à 14:56 :
Si déjà il y avait des réformes structurelles et institutionnelles de fond et à tous niveaux, au lieu de faire des réformettes et de créer encore et encore des millefeuilles institutionnels/administratifs, des délégations à foison, des postes de complaisance, des technocrates à la pelle, des statuts intolérables, etc ... il y aurait bien plus d'économie, d'optimisation, de performance, de lisibilité. Sauf qu'il est tellement plus facile de taxer et d'ajouter encore plus de complexité pour caser les "amis", pour faire plaisir à ... Que l'on ne s'en sort pas. Les temps ont changer, les pratiques doivent également changer. Et vite !
a écrit le 14/12/2018 à 14:25 :
Supprimons deja les prestations aux immigres en situation irreguliere...LA retraite à ces etrangers qui ont abusivement fait des regroupements familiaux MEME GISCARD RECONNAIT SON ERREUR
a écrit le 14/12/2018 à 8:22 :
"Les dépenses de protection sociale s'élevaient au moins à 30% du PIB en France (34%), en Finlande et au Danemark (32%) ainsi qu'en Autriche, en Belgique, en Italie et en Suède et aux Pays-Bas. A l'autre extrême, plusieurs pays affichent des dépenses inférieures à 20% de la richesse produite. Il s'agit par exemple de de la Roumanie, de la Lettonie ou de la Lituanie."

CE qui est logique puisque grâce au travail détaché européen ce sont les pays européens développés qui paient les salaires des crèves la faim européen exploités par le consortium européen financier. D'où ce déséquilibre flagrant. En gros ceux sont ceux qui s'occupent de leurs pauvres qui s'occupent en plus des pauvres des pays dont ils exploitent la main d'oeuvre.

Et on s'étonne que l'europe soit moribonde... Enfin les idiots s'étonnent et mes crétins ne le voient pas du tout eux par contre.

LA retraite automatique est une mauvaise idée, le citoyen devrait pouvoir avoir le choix d'arrêter de travailler quand il veut, en adaptant ses heures de travail bien évidemment mais nombreux sont ceux qui se retrouvent perdus dès l'accès à l'inactivité ce qui n'est pas forcément bon pour la santé, on a tous des histoires en tête, enfin je parle des vrais gens bien évidemment pas des playmobiles néolibéraux, de mise à la retraite qui se passent mal ou très mal.

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