Alors que le mouvement des "Gilets jaunes" a remis le rôle de la fiscalité au centre des débats, les derniers chiffres d'Eurostat, publiés ce mercredi 12 décembre, indiquent que les dépenses de protection sociale en France ont légèrement progressé entre 2015 et 2016, passant de 34,2% à 34,3% du produit intérieur brut (PIB). Ce qui place la France en tête des pays de l'Union européenne.
Si une partie des Français dénoncent régulièrement un ras-le-bol fiscal en raison notamment d'un fort taux de prélèvement obligatoire, ils sont à 61% a juger normal le niveau de dépenses de protection sociale. 21% des répondants le considèrent comme insuffisant et 19% le jugent excessif selon un sondage réalisé par BVA pour le ministère de la Santé au printemps dernier.
Les débats sur la dépense publique en France font parfois l'impasse sur le niveau de dépense de protection sociale. Or, les discussions sur les niveaux de dépense publique ne peuvent pas être dissociées du modèle social français comme l'a récemment souligné l'économiste de Xerfi Olivier Passet
La diminution de la CSG promise par Emmanuel Macron pour les retraités qui avaient un revenu inférieur à 2.000 euros pourrait notamment affaiblir le financement des budgets de protection sociale si elle n'est pas financée. En effet, la contribution sociale généralisée est avant tout destinée à financer la protection sociale.
En moyenne, les dépenses de protection sociale ont atteint 28,2% du PIB sur le Vieux continent. Ce chiffre marque une légère baisse par rapport à 2015 (28,4%). Par ailleurs, il existe de véritables disparités à l'échelle de l'Union européenne avec plusieurs groupes.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les dépenses de protection sociale s'élevaient au moins à 30% du PIB en France (34%), en Finlande et au Danemark (32%) ainsi qu'en Autriche, en Belgique, en Italie et en Suède et aux Pays-Bas. A l'autre extrême, plusieurs pays affichent des dépenses inférieures à 20% de la richesse produite. Il s'agit par exemple de de la Roumanie, de la Lettonie ou de la Lituanie.
La ventilation des postes de dépenses indique que la part des prestations vieillesses est la plus importante (45% du total). Elle est suivie des dépenses consacrées aux maladies, soins de santé et invalidité (35%).
À lire également
Enfin, la famille et l'enfance (7,6%), le chômage (6,2%) et le logement (5,6%) arrivent ensuite. Par rapport à la moyenne de l'Union européenne, la France dépense plus pour le chômage (6,2%) et le logement (5,6%). En revanche, elle est à la traîne pour les dépenses dédiées à la famille (7,6%) ou aux soins de santé (35%).
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?