Les produits laitiers européens dans le viseur de la Chine
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L'Union européenne a expédié pour 1,7 milliard d'euros de produits laitiers en Chine en 2023.
( © LSDH)
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L'Union européenne a expédié pour 1,7 milliard d'euros de produits laitiers en Chine en 2023.
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Les relations économiques, déjà tendues entre la Chine et l'Union européenne, continuent de se dégrader. Pékin a annoncé ce lundi que son enquête anti-subventions - qui vise les importations européennes de produits laitiers - touche directement plusieurs grandes entreprises du secteur en France, en Italie et aux Pays-Bas
En août, la Chine avait annoncé le début d'une enquête sur les subventions accordées à certains produits laitiers importés d'Europe. Les résultats préliminaires ont été dévoilés ce lundi, révélant que plusieurs entreprises majeures, dont Elvi (France), FrieslandCampina (Pays-Bas) et Sterilgarda (Italie), sont directement visées.
Ces 3 entreprises représentent une part significative des exportations de produits laitiers vers la Chine, un marché où l'Union européenne a expédié pour 1,7 milliard d'euros de produits laitiers en 2023 et 2 milliards en 2022. L'UE, en riposte, a entamé une procédure auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le 23 septembre dernier, en anticipant l'annonce de Pékin sur ces produits laitiers, l'UE avait déjà saisi l'OMC mais dans un cadre moins offensif, il s'agissait alors d'une procédure de règlement des différends.
La Chine peut se permettre de lancer des mesures coercitives contre les importations de lait compte tenu de la hausse de sa production. L'Empire du Milieu avait lancé en 2018 une politique laitière importante qui a permis d'atteindre les 42 millions de tonnes de lait produits dans le pays... Un chiffre largement supérieur à celui de la consommation qui oblige Pékin à stocker et exporter son lait à perte.
Cette affaire intervient dans une atmosphère tendue sur le front commercial. Depuis le début du mois, les relations entre l'UE et la Chine se sont davantage tendues après la décision de Bruxelles d'imposer des surtaxes allant jusqu'à 45% sur les voitures électriques importées de Chine. Pékin a réagi en prenant des mesures similaires, dont l'imposition d'une caution aux importateurs européens de cognac. En effet, le 11 octobre dernier, les importateurs de cognac ont été informés qu'ils devront désormais déposer une caution lors de l'importation de produits en Chine, en attendant la possible mise en place de surtaxes.
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Cette mesure a provoqué la réaction des producteurs européens. Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a exprimé ses inquiétudes face à l'impact potentiel sur une industrie qui exporte 25 % de sa production vers la Chine. Les négociants appellent à une intervention urgente des gouvernements européens pour mettre fin à cette escalade. Au cours des dernières semaines, déjà, les entreprises du secteur des vins et spiritueux avaient exprimé leur inquiétude, craignant des impacts catastrophiques sur leurs ventes, la Chine étant le deuxième marché pour le cognac.
Au même moment, la Chine continue de faire face à des défis économiques internes. Le gouvernement a annoncé un plan de relance de grande envergure pour soutenir une économie en perte de vitesse, minée par un marché immobilier en crise et une faible consommation. Le ministre chinois des Finances, Lan Fo'an, a déclaré samedi que des mesures massives de soutien, incluant l'émission d'obligations spéciales, seront mises en place pour soutenir la reprise économique.
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Après des précédents plans qui n'avaient pas suffisamment rassurés, ce dernier cible le marché immobilier et les banques. La deuxième économie mondiale est en effet confrontée à une crise de son secteur immobilier, une consommation chroniquement faible et un taux de chômage élevé chez les jeunes.
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