DIRECT La BCE présente de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif

Romaric Godin

Romaric Godin
Ce direct est terminé depuis 15h30, fin de la réunion de la BCE.
A la suite, nous vous proposons de lire maintenant le récapitulatif des annonces, ce jeudi, du président de la BCE et des 5 nouvelles mesures qui ont été prises.
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La BCE a annoncé qu'elle abaissait de 10 points de base le taux négatif de sa facilité de dépôt. L'usage de cette facilité sera donc taxée de 0,3 % contre 0,2 % à partir du 9 décembre 2015. Le but est principalement de peser sur la valeur de l'euro, mais aussi, selon certains économistes, d'encourager le crédit.
Le taux principal de refinancement reste à 0,05 %. La BCE n'a donc pas souhaité faire passer ce taux en territoire négatif, comme c'est le cas en Suède, par exemple. Dans ce cas, les prêts accordés aux banques sont "bonifiés." C'est une arme que la BCE pourrait utiliser plus tard.
La fédération des banques privées allemandes ont réagi rapidement à la baisse du taux de dépôt de la BCE. "Cette décision est peu convaincante", a précisé le patron de la Bankenverband, Michael Kemmer. "Celui qui prend des chemins rocailleux avec son auto ne va pas plus vite avec une voiture plus puissante. Il doit simplement éviter les trous", a-t-il poursuivi en mettant en garde contre l'es risques d'une politique trop accommodante de la BCE : renvoi à plus tard des "réformes", perte de valeur de l'épargne.
Dans un tweet publié après la publication du communiqué de la BCE, le Financial Times annonçait des taux inchangés dans une "décision choc". Ce tweet a été annulé et vite corrigé, mais il a provoqué l'hilarité des réseaux sociaux.
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Mario Draghi pénètre dans la salle de la presse du nouveau siège de la BCE à Francfort, accompagné du vice-président Vitor Constancio. L'attention des marchés se portera sur les nouvelles mesures d'assouplissement annoncées. Mario Draghi semble particulièrement souriant et se permet quelques blagues.
Le programme des rachats de 60 milliards d'euros par mois mis en place en mars sera poursuivi au moins jusqu'en mars 2017 et "même au-delà, si nécessaire" dans le cas où la BCE ne voit aucune reprise de l'inflation.
Mario Draghi a annoncé cette mesure qui consiste à réinjecter les fonds remboursés à la BCE par les émetteurs dans le rachat de titres souverains. Il s'agit de ne pas provoquer de réduction de fait de la liquidité.
La BCE va acheter des titres émis par les autorités locales pour rendre l'effet de ce QE plus proche de l'économie réelle.
Pour continuer à peser sur les taux, la BCE va maintenir ses opérations de refinancement hebdomadaires à taux fixe et non à taux fixés par l'offre et la demande. Les prêts aux banques à 3 mois seront également disponible à taux fixe pour une durée indéterminée.
"Nos décisions renforcent la dynamique de la reprise en zone euro et renforce notre résistance aux chocs économiques", a indiqué Mario Draghi qui a confirmé que la BCE conservait son but d'une inflation proche mais inférieure à 2%.
Les équipes de la BCE prévoient une croissance de 1,5 % de la zone euro (contre 1,4 % en septembre), 1,7 % en 2016 (inchangé) et 1,9 % pour 2017 (1,8 % en septembre). Pour l'inflation : 0,1 % en 2015, 1 % en 2016 (1,1,% prévu en septembre) et 1,6 % en 2017.
Mario Draghi explique que le conseil des gouverneurs a décidé voici six semaines d'établir si sa politique devait être recalibrée. Il en a conclu que sa politique était "efficace" en améliorant les conditions de crédit.
"C'est parce que notre politique marche que nous devons aller plus loin, pas parce qu'elle a échoué", a indiqué Mario Draghi. Le QE fonctionne, mais il doit être renforcé pour pouvoir fonctionner mieux, selon le président de la BCE.
Mario Draghi insiste sur le réinvestissement des paiements des dettes achetées par la BCE. Il permettra de conserver de bonnes conditions de liquidité pour "plus longtemps". "ces conditions vont continuer pour très, très longtemps", indique Mario Draghi. Les bons achetés vont demeurer pendant longtemps dans le bilan de la BCE.
Les marchés semblent déçus par les annonces de Mario Draghi qui sont en deçà de ses attentes. L'euro est passé de 1,0550 à 1,0853 dollar en quelques minutes. Le Dax de Francfort est passé de +1,07 % à 13.30 à -1,80 % à 14.57. Le CAC perdait 1,98 % à la même heure.
La décision de la BCE a été prise à "une très large majorité", mais pas à l'unanimité.
Selon Mario Draghi, le QE a permis de gonfler d'un demi-point l'inflation de cette année, prévue à 0,1 % par la BCE.
Les changements de conditions externes en 2015 ont conduit la BCE à "recalibrer" le QE : crise émergente et baisse du pétrole, notamment.
"Nous avons décidé que l'extension de l'horizon était la bonne chose à faire", a indiqué Mario Draghi qui n'exclut pas d'utiliser d'autres instruments si nécessaire.
Les rachats de titres régionaux visent à éviter l'épuisement des titres à racheter, a laissé entendre Mario Draghi. Selon lui, il est trop tôt pour estimer l'ampleur de ces rachats.
La baisse du taux de dépôt "améliore largement la transmission de la politique monétaire", indique Mario Draghi. Selon lui, les taux à court terme sont désormais fixés sur le taux de dépôt qui est donc le nouveau taux de référence. Mario Draghi refuse donc de n'y voir qu'un instrument de gestion de la devise.
"Nous avons les instruments pour renforcer le bilan de la BCE si cela est nécessaire", a indiqué Mario Draghi qui indique que le "bilan n'est qu'un instrument au service de la stabilité des prix."
Il y a une date pour la fin du QE, mais Mario Draghi ajoute que si cela n'est pas suffisant, il sera poursuivi. De plus, le réinvestissement des titres rachetés pourrait continuer après mars 2017.
Mario Draghi indique qu'il voudrait une réflexion sur la position budgétaire appropriée avec la Commission. Il cite les besoins liés aux réfugiés et à la sécurité, mais n'évoque pas de vraie relance.
Après avoir hésité et interrogé publiquement Mario Draghi, Vitor Constancio indique que la participation de la Grèce au QE pourrait ne pas dépendre que de la conclusion de la revue en janvier du programme grec : "c'est plus complexe". Pour le retour des titres grecs comme garant pour le refinancement des banques, il pourrait intervenir avant la fin de cette revue.
Selon Mario Draghi, aucun effet secondaire n'est constaté pour le moment. La BCE affirme "surveiller de près la situation."
Mario Draghi affirme ne pas savoir quelles conséquences auront les attaques de Paris sur la croissance.
"Nous n'avons en tête que notre objectif de stabilité des prix", a indiqué Mario Draghi.
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