M5S-Ligue en Italie : la piste d'un effacement d'une partie de la dette agite les marchés

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Luigi Di Maio, dirigeant du Mouvement 5 étoiles (antisystème et eurosceptique), lors de sa conférence de presse, le 7 mai 2018 au palais du Quirinal, à Rome, à l'issue de sa consultation du président de la République italienne, Sergio Mattarella.
Luigi Di Maio, dirigeant du Mouvement 5 étoiles (antisystème et eurosceptique), lors de sa conférence de presse, le 7 mai 2018 au palais du Quirinal, à Rome, à l'issue de sa consultation du président de la République italienne, Sergio Mattarella. (Crédits : Handout .)
La Bourse de Milan baisse et les rendements des obligations souveraines italiennes grimpent ce mercredi matin après une information, démentie depuis, selon laquelle le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue envisageraient de demander à la Banque centrale européenne (BCE) d'effacer 250 milliards d'euros de la dette publique.

En publiant dans la soirée du mardi 15 mai le fac-similé d'un "contrat pour un gouvernement de changement" de 39 pages liant la Ligue avec le Mouvement 5 Etoiles - toujours en négociations -, le Huffpost italien a littéralement semé le trouble sur les marchés. Le document "dépassé et amplement modifié" selon les deux partis, évoquait, entre autres, une sortie de l'euro, et plus inattendue, émettait l'idée de demander au président de la Banque centrale européenne Mario Draghi l'annulation de 250 milliards d'euros de dettes italiennes détenues par l'institution.

Malgré le démenti, les marchés restent inquiets

Ce mercredi matin, un porte-parole de la Ligue a démenti la présence d'une telle demande dans le projet d'accord de coalition, expliquant que les deux partis souhaitent que la dette rachetée par la BCE ne figure pas dans les calculs pour le respect du Pacte de stabilité par les pays de la zone euro. Aussi, les deux partis assurent qu'ils ont finalement renoncé à mettre en place un dispositif permettant de sortir de l'euro, contrairement à ce qui figure dans le texte diffusé par le Huffpost.

Malgré ce démenti, la Bourse de Milan, qui a cédé jusqu'à plus de 0,9% en tout début de séance, perd encore 0,43% vers 07h55 GMT, alors que les autres grands marchés de la zone euro et la Bourse de Londres évoluent en légère hausse.

L'indice des banques italiennes perd 0,78%.

Obligations souveraines : l'écart se creuse entre l'Italie et l'Allemagne

Sur le marché des emprunts d'Etat, le rendement de l'obligation souveraine italienne à 10 ans a atteint un pic de deux mois à plus de 2% en réaction à cette information. Il est ensuite revenu à 1,9910% mais affiche encore une hausse de cinq points de base par rapport à mardi.

En conséquence, l'écart entre les rendements à 10 ans de l'Italie et de l'Allemagne s'est creusé, passant à 136 points de base, contre 129 points mardi soir.

(Avec Reuters)

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a écrit le 24/05/2018 à 8:19 :
Il semblerait que l'Italie ne veut pas effacer sa dette mais elle ne veut pas payer des taux d’intérêt plus élevés que l'Allemagne, elle exige en fait un alignement des taux dans la Zone Euro pour tous les emprunts, anciens et nouveaux. Ceci me parait logique. Je détiens des emprunts Italiens à 7,5% et je serais volontiers disposé à renoncer au spread si la BCE garanti le remboursement de l'emprunt à échéance et le payement des taux allemands à l'issue (2%).
a écrit le 18/05/2018 à 14:14 :
Si l'on regarde le modèle Suisse , il fonctionne en Euros et en Francs Suisse , dans les magasins les prix sont affichés dans les deux valeurs . Et le pays n'a jamais été aussi attractif . Il faut laisser les pays qui le souhaitent à reprendre leurs monnaies en gardant l'Euro , cela me semblerai très viable . A moins que le but unique c'est d' effacer à tout prix les Nationalités .
Réponse de le 18/05/2018 à 17:45 :
@François 18/05/2018 14:14
En effet, mais la Suisse, c'est la Suisse donc du béton armé.
Si l'Italie (ou autre) voulait instaurer une double monnaie (parité fixée par l'Etat), il se créera tout de suite un cours parallèle et une dévaluation rampante de la monnaie nationale (pour l'Italie: 30, 40% ?).
Il faudra aussi que l'Etat puisse emprunter sur les marchés financiers et ce n'est pas gagné.
Cordialement
a écrit le 18/05/2018 à 12:07 :
L'Italie à raisons de retrouver sa propre monnaie afin de regagner la stabilité, tous les pays du Sud vont lui emboiter le pas c'est mathématique . Ils ont en marre de ramasser les miettes derrière l'Allemagne et les pays bas . 18 ans d'efforts économiques pour arriver à un tel effondrement de l'économie . Il y a un moment où l'entêtement de (l'Europe d'abord) s'effrite naturellement .
Réponse de le 19/05/2018 à 8:55 :
Tout à fait d'accord;ça suffit!
a écrit le 17/05/2018 à 13:18 :
Ca, c'est l'histoire politique version Pétain !! Un peu de respect pour les 56000 morts de l'armée française, qui a combattu de manière remarquable quand de vieux généraux incompétents ne la plaçait pas dans une situation impossible !! Vous ne savez sans doute pas qu'après 45 jours de combat, la Wehrmacht avait perdu 40% de son potentiel de DB, 1473 avions, et plus de 5000 soldats par jour à partir de juin... Pour une balade militaire, il y a mieux !!!
Réponse de le 17/05/2018 à 16:57 :
Sans compter le mort de tous les soldats des pays alliees a la France, quels ont bien eviter que les francais (et le reste d'europe) parleraient allemand,meme aujourdhui.
a écrit le 17/05/2018 à 11:43 :
Vu la situation dans laquelle se trouve l'Italie la seule alternative serait de créer une monnaie parallèle à l'Euro, monnaie qui dans un premier temps serait réservé aux transactions avec l'ètat. Cela permettrait à L'Italie de sortir de la Zone Euro plus tard si aucune autre solution n'est trouvé. L'Italie serait ainsi préparée à un Itexit éventuel.
Le fait de ne pas avoir prévu une monnaie de relève à l'Euro a empêché la Grèce de sortir de la Zone Euro.
a écrit le 17/05/2018 à 11:31 :
La dette, et pas uniquement la dette italienne, sera effacée de toute façon.
Croyez vous qu'un seul des pays de l'UE puisse un jour rembourser sa dette?
La question est de savoir comment l'effacer sans que tout ne s'arrête!
a écrit le 17/05/2018 à 10:39 :
Le texte du contrat final, conclu hier entre les deux partis, pour ceux que ça intéresse de le parcourir en Italien, est ici:

https://www.corriere.it/politica/18_maggio_16/contratto-governo-l-ultima-bozza-migranti-flat-tax-ecco-proposte-lega-5-stelle-e4e06656-5930-11e8-a92f-c55317f6ffa7.shtml

Après l’avoir parcouru je crois qu’il s'avère largement inapplicable dans le cadre européen dans lequel se meut l’Italie. On verra plus tard ce que ça va donner, mais en principe il n’y a guère d’alternative intermédiaire entre l’italexit et la soumission à l’UE et à l’Euro. Il faudra choisir.
Réponse de le 17/05/2018 à 10:58 :
Bah un bon gros chèque des marchés financiers à tout ces nouveaux "politiciens" et ça ira bien...
a écrit le 17/05/2018 à 10:12 :
Ce ne sont pas les frontières qu’ils devraient protéger, c’est d’eux-mêmes.

Laisser filer les dépenses et ne pas payer les dettes à l’UE (dont les quantitative easing de la BCE) ne semble pas être un programme sérieux. Si c’était aussi simple, que n’y avait on pensé plus tôt ? Ils sont débiteurs de quelques centaines de milliards et l’argent est parti vers les pays le plus stables, tels l’Allemagne et le Luxembourg (Xerfi : La longue décadence de l'économie italienne).
L’Italie est victime de son propre système financier.
Lors des Stress-Test bancaires de l’Autorité bancaire européenne de 2016 une forte proportion de banques Italiennes ont été décrétées fragiles. (https://www.letemps.ch/economie/bruxelles-donne-une-chance-systeme-bancaire-italien). En 2018 on devrait juger de l’évolution, les tests devenant plus sévères.
L’Italie est un pays riche, mais côté entreprises et forces vives il y a une baisse de la compétitivité.
43e au classement du WEF : TheGlobalCompetitivenessReport2017–2018.pdf
et (http://www.oecd.org/sdd/productivity-stats/oecd-compendium-of-productivity-indicators-22252126.htm)
Rien ne garantit que les financiers vont réinvestir dans les entreprises encore moins dans l’incertitude et la perspectives d’une sortie de l’UE. Les préteurs vont réclamer des taux plus élevés pour compenser le risque, ce qui devrait mécaniquement affaiblir l’économie italienne
.
En termes de politique, ils devraient bientôt regretter les « techniciens technocrates ». En général des démocrates centristes qui pour tenter de redresser le pays ont souvent le « mauvais travers » de se couper de leur aile gauche pour engager des reformes sérieuses plus rapidement, les rendant impopulaires tout aussi rapidement (toute ressemblance avec…).
Il est bien plus populaire de faire du populisme, le problème est que dans ce registre personne ne connait l’ampleur les dégâts que les errements politiques vont produire, car malheureusement il n’y a pas de limites à la démagogie.
S’ils se coupent de l’UE, quel sera le collatéral qui leur servira de garantie ? pas l’Etat, qui est très endetté, il reste les entreprises et les populations elles-mêmes.
a écrit le 17/05/2018 à 7:00 :
Interessant ce comportement de pays du tiers monde pour la 7eme economie mondiale.
a écrit le 16/05/2018 à 22:20 :
C'est facile: on emprunte sans se gêner, on dépense sans compter, et après on veut un "effacement de la dette". Ben voyons, où est le problème ? Tant pis pour ceux qui ont eu la bêtise de croire en la signature de l'Italie. D'ailleurs, on va bientôt dire que ce sont les prêteurs qui sont responsables.

De qui se moque-t-on ?
Réponse de le 18/05/2018 à 13:55 :
Vous ne pensez pas si bien dire; ce sont les prêteurs qui sont responsables, ils ont pris des risques et touché des intérêts très juteux pendant très longtemps. Ils sont responsable parce-que s'ils n'avaient pas SOUSCRIT A CES EMPRUNTS, L'ITALIE N'AURAIT PAS PU FAIRE DE DETTES : The Party is over, le revers de la médaille. Ce serait injuste s'il n'y avait pas un revers à la médaille. Sinon ceux qui ont préféré des taux même parfois négatif mais sur, seraient les couill.......!
a écrit le 16/05/2018 à 11:02 :
L'avantage des possédants c'est que leur mode de fonctionnement est facile à comprendre:

Un régime fasciste avec exterminations d'humains ? Ok pas de problème.

Un régime égalitaire ? NON !

"L'ordre du jour" https://www.babelio.com/livres/Vuillard-Lordre-du-jour/949255
Réponse de le 17/05/2018 à 8:01 :
Bonjour,
Très intéressant lien. "L'aveuglement des hommes politiques français, (en particulier)" qui n'a pas changé sur beaucoup de problèmes.
Réponse de le 17/05/2018 à 9:59 :
Une partie de l’oligarchie française avait déjà abdiqué avant même l'entrée de l'armée allemande en territoire français. Des généraux se sont rendus sans combattre aux nazis et les possédants se sont immédiatement mis à leur service.

La "débandade" française ne s'est certainement pas déroulée par hasard.

Plus ça va et plus on observe de phénomènes étranges durant cette seconde guerre mondiale, des phénomènes non répertoriés dans les livres d'histoire.

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