Raz-de-marée antisystème en Italie : les valeurs bancaires et Mediaset (Berlusconi) tanguent en Bourse

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(Crédits : Reuters)
L'Italie est à nouveau plongée dans l'incertitude politique après les élections législatives, la Bourse de Milan restant cependant globalement calme. Ceux qui ont encaissé le gros de la bourrasque : l'empire Mediaset, qui chute de -6,82% après la perte du leadership de la droite par son propriétaire Silvio Berlusconi ; et, les banques, déjà fragilisées depuis 2016 par le poids des créances douteuses, plongent avec l'envol des forces anti-système, eurosceptiques et d'extrême-droite.

Les forces antisystème, eurosceptiques et d'extrême-droite ont réalisé dimanche une percée historique en Italie, devenant majoritaires en voix et en sièges, ce qui plonge le pays dans l'incertitude politique. Néanmoins, les marchés avaient largement anticipé cette situation, et après ouvert en recul de -2%, la Bourse de Milan s'est tout de suite reprise. A la mi-journée, elle cédait 0,62% à 21.777 points. Le marché dans son ensemble restait plutôt stable.

Néanmoins, certains ont pris la bourrasque de plein fouet. Ce lundi matin à la Bourse de Milan, les valeurs bancaires et le groupe Mediaset de Silvio Berlusconi étaient en berne.

Berlusconi perd le leadership de la droite

La plus forte baisse était enregistrée par Mediaset (-6,82% à 2,898 euros), groupe appartenant à la famille du magnat Silvio Berlusconi, qui a perdu dimanche pour la première fois le leadership de la droite.

Les autres reculs les plus importants étaient à signaler du côté des banques: BPER Banca cédait 6,18% à 4,583 euros, Banco BPM 4,68% à 2,915 euros, Ubi Banca 3,75% à 3,701 euros, Intesa Sanpaolo 1,51% à 2,961 euros.

Les banques italiennes dans l'oeil du cyclone depuis 2016

Les banques italiennes ont été dans l'oeil du cyclone en 2016 et 2017 en raison du poids des créances douteuses (des prêts risquant de ne jamais être remboursés) dans leur bilan, de leur éparpillement (près de 700 établissements différents) et de leur manque de solidité.

La situation s'est depuis apaisée. UniCredit a par exemple renoué avec les bénéfices en 2017, en engrangeant 5,47 milliards d'euros, contre une perte monstre de 11,79 milliards d'euros l'année précédente. Mais certaines banques restent fragiles, comme la BMPS, qui cédait 2,75% à 3,04 euros.

Le risque politique de l'enlisement

Le plus grand risque est l'enlisement des négociations pour former un gouvernement, aucune des forces politiques ne semblant en mesure de dégager une majorité claire.

"La perspective d'une période prolongée d'incertitude politique risque de peser sur la reprise (économique) en cours" en Italie, déjà fragile, a ainsi estimé Nicola Nobile, d'Oxford Economics.

Du côté des taux d'intérêt, celui à dix ans se tendait légèrement à 2,015% vers 11h00 GMT, contre 1,970% vendredi.

Le spread --l'écart entre le taux à 10 ans italien et le Bund allemand-- a grimpé à 144 points en début de matinée --contre 134 vendredi soir --avant de se replier à 137.

"Les banques sont les titres les plus sensibles aux mouvements du spread et pourront en subir l'impact à court terme", ont commenté les analystes de Crédit Suisse.

Une crise politique à relativiser

"La beauté de l'Italie, c'est que peu importe l'instabilité politique, la stagnation économique a été la norme au cours des vingt dernières années et le résultat d'hier soir ne va très certainement rien changer à cela", a relativisé Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

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Commentaires
a écrit le 06/03/2018 à 8:44 :
cela fait 10 ans que l'Europe laisse les pays frontières de l'UE se débrouiller avec les afflux d'immigrants sans aucune aide efficace.

On peut comprendre les hongrois, les grecs, les italiens du sud qui doivent prendre en charge administrativement et matériellement les réfugiés selon les accords de Schengen, et à qui l'UE n'a même pas été capable de fournir des agents frontex avec des ordinateurs connectes pour enregistrer les migrants sur les hot spots. Sans parler du sauvetage en haute mer qui est maintenant laissé aux œuvres caritatives.

Forcement ça a des conséquences dans les urnes.

Si l'idée européenne coule ce sera de la faute de la lâcheté de ses membres les plus riches.
a écrit le 05/03/2018 à 20:13 :
Si une majorité se dessine chez nos voisins italiens, ce sont des anti Ue qui prétendent encore pouvoir la changer, comme quelques partis français rendus visibles à cette seule intention..

Front national ou Debout la France en France, Mouvement 5 Étoiles ou Ligue du Nord en Italie, Aube dorée ou SYRIZA en Grèce, Podemos en Espagne mais aussi Parti pour la Liberté aux Pays-Bas, Parti de la Liberté d’Autriche, etc., autant de leurres qui, sous couvert de critiquer la « construction européenne », ne sortent jamais de leurs ambiguïtés, changent d’avis en permanence, proposent des dérivatifs et des solutions qui n’en sont pas voire discréditent toute idée de sortie de l’euro et de l’Union européenne en l’associant à des « dérapages » contrôlés. Autant de partis tous favorables au principe de la construction européenne, autant de faux opposants qui ont fait ou feront « pschitt ».
https://www.upr.fr/actualite/europe/les-fausses-oppositions-a-l-union-europeenne
a écrit le 05/03/2018 à 16:37 :
Attention à la chute prévisible du secteur bancaire italien, déjà extrêmement fragilisé, qui pourrait, après la proclamation des résultats définitifs des élections législatives, entrainer la zone euro dans une crise mortifère. Si ce scénario se réalise, la crise grec nous semblera alors anecdotique.
a écrit le 05/03/2018 à 16:16 :
Il faut dire que ça ne va pas fort en Italie, l'endettement public est fort, la mafia agit dans l'ombre et freine le développement du Sud ,le chômage est endémique, la natalité est en berne et la classe politique laisse à désirer entre les corrompus et les populistes. De plus il faut dire que l'Italie a un poids politique faible dans l'UE à cause de l'instabilité politique. Je suis étonné que l'Italie n'aie pas cédé plus tôt aux sirènes populistes.
L'Italie mérite mieux que ça.
Réponse de le 05/03/2018 à 17:10 :
et l'Italie a la plus longue espérance de vie au monde après les japonais...
voir BLOOMBERG EALTH GLOBAL INDEX...

ITALIE 1ere place, FRANCE 14ème...
Réponse de le 05/03/2018 à 18:35 :
@eric

Par contre la natalité est en baisse :

Même s'il est très peu demandé, le "bonus bébé" sera bientôt encore moins incitatif pour les familles. Pour les familles qui touchent moins de 25 000 euros annuels, il est de 80 euros par mois. 160 euros si leur revenu est inférieur à 7 000 par an.Dés 2019, il sera diminué de moitié et ne sera versé que lors de la première année de vie de l'enfant. Autant dire, une misère...
Du coup, la natalité italienne continue de baisser de manière dramatique. En 2015, l’Italie est passée sous le seuil de 500 000 naissances. La tendance s'est confirmée en 2016 et la natalité devrait encore baisser en 2017. Le taux de fécondité des Italiennes est descendu à 1.25 enfant par femme. Quant à l’âge moyen de la naissance du premier enfant, il est de 32.4 ans.
Des chiffres préoccupants qui confirment ce qu’annonçaient beaucoup de sociologues : l’idée d’inciter les femmes à faire plus d’enfants avec un soutien financier allait se concrétiser par un flop. A tel point que diminuer de moitié l’allocation n’aura, selon eux, "aucun effet".
Selon les experts, le problème majeur de l'Italie reste le manque criant de places en crèche et la faiblesse des mesures de soutien aux femmes qui travaillent.
a écrit le 05/03/2018 à 14:58 :
L'élection est passée et la situation politique est la même. Pas de force dominante, et il faudra donc que les partis ayant recueilli le plus de suffrages se rapprochent afin de pouvoir gouverner. Cette hypothétique alliance ne va pas améliorer la situation économique de l'Italie, qui est cependant la 3ème économie de l'UE !!!, car les marchés financiers ont horreur de l'instabilité. Rappelons que le taux d'endettement de l'Italie représente 130 % de son PIB ...
a écrit le 05/03/2018 à 14:12 :
Et ils continuent de s’appeler "centre droit" alors qu'il y a berlusconi et deux partis d'extrême droite...

ET il fallait bien se douter que Berlusconi le corrompu n'allait pas arriver en tête, lui qui est parti sous les huées des italiens. Il faut vraiment que l'oligarchie européenne aie profondément peur du mouvement 5 étoiles pour plébisciter ce parti qui empeste à des kilomètres à la ronde.

Mains propres têtes hautes tant qu'à faire !

Au secours, vite un frexit.
Réponse de le 06/03/2018 à 5:09 :
Voyons, haut les coeurs, la pluie du matin n'arrête pas le pelerin!
Réponse de le 06/03/2018 à 9:15 :
" Voyons, haut les coeurs, la pluie du matin n'arrête pas le pelerin! "

Hein !?

Merci de développer svp si du moins vous le pouvez...

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