Migrants : un assouplissement budgétaire octroyé aux pays en première ligne ?

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Si un pays fait un effort extraordinaire, il doit y avoir une interprétation conforme à cet effort extraordinaire, a assuré Jean-Claude Juncker, le chef de l'exécutif européen.
"Si un pays fait un effort extraordinaire, il doit y avoir une interprétation conforme à cet effort extraordinaire", a assuré Jean-Claude Juncker, le chef de l'exécutif européen. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Jean-Claude Juncker a laissé entendre, ce mardi 27 octobre, devant le Parlement européen qu'un assouplissement budgétaire serait envisageable pour les pays européens "faisant un effort extraordinaire" face à la crise migratoire.

Bruxelles serait-elle prête à faire preuve d'une certaine clémence, en cas de dérapage budgétaire, à l'égard des pays qui apportent leur soutien dans la gestion de la crise migratoire ? C'est en substance ce que le président de la Commission Européenne a laissé entendre, ce mardi 27 octobre, à Bruxelles.

"Si un pays fait un effort extraordinaire, il doit y avoir une interprétation conforme à cet effort extraordinaire", a plaidé le chef de l'exécutif européen devant le Parlement.

Cette réponse de Juncker fait suite à la demande de plusieurs pays, formulée il y a quelques semaines. L'Italie, l'Autriche, pays en première ligne de la crise des réfugiés du fait de leur situation géographique, mais aussi la Belgique, ont demandé à Bruxelles d'appliquer une clause du pacte de stabilité qui permet au déficit public "en cas d'événements exceptionnels" de dépasser le plafond de 3% du Produit Intérieur Brut (PIB) sans encourir de procédure de sanctions.

"Les coûts à court terme sont élevés mais prévisibles. Plus délicate est la question des effets à long terme (sur les budgets)", avait ainsi déclaré Hans Jörg Schelling, le ministre autrichien des Finances, dans une interview accordée au journal allemand Welt am Sonntag fin septembre.

Une clémence de Bruxelles sous conditions...

Le président de la Commission européenne a toutefois fustigé les pays -sans les citer- ne s'impliquant pas assez dans la crise des réfugiés:

"Il y a des pays, y compris parmi les grands, qui ne font pas un effort suffisant (...), les pays qui ne font pas d'effort supplémentaire, qui n'arrivent pas à prouver qu'ils sont sérieusement affectés par le coût entraîné par la politique dont je parle, ne verront pas s'appliquer une interprétation plus flexible du pacte".

"Qui veut une interprétation plus flexible du pacte doit prouver d'abord qu'il dispose du nécessaire sens de responsabilité", a rappelé Jean-Claude Juncker.

La crise des migrants pèse sur les budgets nationaux

En remettant leur projet de plan budgétaire pour 2016 le 15 octobre dernier à la Commission européenne (conformément aux règles de gouvernance économique pour la zone euro entrées en vigueur en 2013), l'Autriche, l'Italie et la Belgique ont prié Bruxelles de faire preuve d'une certaine souplesse.

La prise en charge des réfugiés et demandeurs d'asile, arrivés en grand nombre en Italie et en Autriche depuis le début de l'année, devrait peser sur leur budget en 2016 à hauteur pour le premier d'un peu moins de 4 milliards d'euros, soit 0,2% du PIB et pour le second d'un millliard d'euros, soit 0,3% du PIB, selon des estimations officielles de chacun de ces deux pays.

La Belgique évalue pour sa part à 350 millions d'euros pour 2016 l'impact des mesures "résultant de la crise d'asile et de migration", dans son projet budgétaire envoyé à Bruxelles.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 30/10/2015 à 5:23 :
Schengen est mort et c'est une excellente nouvelle !!!!
a écrit le 28/10/2015 à 14:35 :
Les migrants arabes en Arabie en plus ils ont le bénédiction de halal ?
a écrit le 28/10/2015 à 11:45 :
ca vas dans le bon sens ,il et plus que temp que l europe avec ses valeurs chretiene prouve qu elles n est pas egoiste;mais qui leurs reste encore quelque valeur chretiene???
a écrit le 28/10/2015 à 0:14 :
L'UE se veut un état de droit. Les lois et encore plus les conventions entre états-membres ne sont pas à la disposition de la Commission pour fustiger les nations qui ne se soumettent pas à sa politique. Les conséquences économiques de la crise des réfugiés ne peuvent être prises en considération qu'en respectant les paramètres déjà prévus par les lois où celles-ci accordent un degré de discrétion à la Commission.
Réponse de le 28/10/2015 à 10:23 :
L'UE un état de droit ?
Il semble plutôt que chaque traité et chaque interprétation de traité ne soit fondés que sur la loi du plus fort.
a écrit le 27/10/2015 à 18:55 :
C'est là qu'on voit la grande incompétence des "dirigeants" de Bruxelles ! Repasser la patate chaude aux autres ne va pas résoudre les problèmes ! De plus, ce n'est pas rendre service à des pays comme la Grèce que de leur donner de l'argent, au lieu de les forcer à des réformes nécessaires et inéluctables pour l'avenir du pays. La Grèce, au lieu de devenir un pays normal rapidement va encore trainer des pieds pendant 50 ans, mais ça arrange qui en définitive ?

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