Orpea : un rapport dénonce des mauvais traitements dans un Ehpad autrichien

Le Défenseur des droits autrichien a dénoncé dans un rapport les mauvais traitements subis par les résidents d'un Ehpad Orpea en Autriche, conduisant le groupe privé, dont les pratiques font aussi l'objet d'une enquête en France, à diligenter un audit.
(Crédits : STEPHANE MAHE)

Le Défenseur des droits autrichien dénonce dans un rapport les mauvais traitements subis par les résidents d'un Ehpad Orpea en Autriche, conduisant le groupe privé, dont les pratiques font aussi l'objet d'une enquête en France, à diligenter un audit. Le rapport, rédigé après une visite inopinée le 21 avril, relève notamment le cas d'une femme restant au lit toute la journée et souffrant de fortes douleurs.

"Les résidents souffraient de malnutrition et étaient déshydratés, le soin des plaies était si médiocre qu'une odeur nauséabonde s'en échappait", a décrit sur la radio publique autrichienne Ö1, Bernhard Achitz, le Défenseur des droits. Il a dénoncé un criant manque de personnel dans cet établissement Orpea, situé à Salzbourg.

"Lors d'un changement de pansement, une odeur de putréfaction s'échappait de la plaie. On ne lui administrait aucun médicament".

Jugeant sa vie menacée, les rapporteurs ont préconisé son transfert immédiat à l'hôpital où elle est morte peu de temps après. Le rapport dénonce également le manque de réaction des autorités de la province de Salzbourg. Ce n'est qu'après de multiples avertissements du Défenseur des droits qu'elles ont décidé de prendre des mesures, dénonce-t-il.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le groupe Orpea a exprimé "son profond regret aux familles concernées" et a assuré "tout" mettre "en oeuvre pour comprendre et prendre des mesures correctives". Le groupe privé français a diligenté un audit, confié à une équipe chargée de produire un rapport "dans les plus brefs délais".

Orpea accepte de rembourser à l'État 25,7 millions d'euros, sur 55,8 réclamés

Le groupe d'Ehpad privés Orpea, dans la tourmente depuis les révélations en janvier du livre-enquête "Les Fossoyeurs", a annoncé fin août qu'il rembourserait 25,7 millions d'euros aux pouvoirs publics sur les 55,8 qui lui sont réclamés. Cette somme correspond aux remises de fin d'années octroyées par ses fournisseurs pour des achats qui avaient été financés par la Sécurité sociale, mais également au montant de deux impôts et à des frais d'assurance que le groupe avait intégrés dans ses calculs pour demander des subventions publiques, a-t-il précisé dans un communiqué.

Orpea s'engage "à rembourser à l'euro près" ces montants, "dans un esprit de coopération constructive et responsable avec les autorités".

En revanche, le groupe conteste le remboursement de 30,1 millions d'euros que la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) l'avait également mis en demeure de restituer, fin juillet. Cette somme correspond à la rémunération de certains salariés du groupe qui "faisaient fonction" d'aide-soignants sans en avoir la qualification. La CNSA considère que ces salaires ne pouvaient pas être pris en charge par les pouvoirs publics puisque les personnes concernées ne sont pas des aides-soignants.

Pour l'entreprise, il n'y avait pas d'autre solution que d'embaucher des personnes non diplômées, "dans un contexte général de pénurie de soignants", et elle estime être fondée à les faire rémunérer par la Sécu.

En outre, il s'agit "d'une pratique généralisée dans les Ehpad privés et publics, indispensable pour assurer la qualité de la prise en charge", selon Orpea. Et les agences régionales de santé, "à de très rares exceptions près", ne l'ont d'ailleurs pas contesté lorsqu'elles se sont penchées sur les comptes des établissements, ajoute le groupe privé.

Pour le nouveau directeur général d'Orpea Laurent Guillot, "la refondation de l'entreprise", après le scandale provoqué par les révélations du journaliste Victor Castanet, "passe par la reconnaissance et le changement de pratiques antérieures et une grande coopération avec les autorités".

"Nous avons décidé de payer ce que nous demande la CNSA, sauf ce qui concerne les faisant-fonction, pour lesquels nous pensons qu'un dialogue doit s'ouvrir. Nous pourrions créer un précédent et mettre tout le secteur dans une situation compliquée si nous payions des choses qui relèvent" du budget "soins" de la Sécurité sociale, a expliqué Laurent Guillot.

La justice a ouvert en avril une enquête préliminaire contre Orpea pour maltraitance institutionnelle et infractions financières.

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Commentaire 1
à écrit le 11/09/2022 à 2:01
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Une societe qui ne respecte plus ses anciens est condamnee a tres court terme. Occident en declin irreversible.

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