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ÉconomieUnion européenne

Quand agir face à l'inflation ? Christine Lagarde (BCE) s'oppose à une hausse trop rapide des taux en zone euro

latribune.fr

Publié le 11 février 2022 à 10:02 - Mis à jour le 11 février 2022 à 10:04

Lagarde (bce) ne dit plus qu'une hausse de taux en 2022 est improbable

"Nous pouvons maintenant ajuster - calmement, étape par étape - nos instruments de politique monétaire"

POOL

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18 juillet 2026

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Le débat fait rage au sein de la banque centrale européenne sur le calendrier du relèvement des taux directeurs, garants pour l'heure de conditions proches de l'"argent gratuit". D'un côté, la position allemande de la Bundesbank qui soutient qu'un maintien trop prolongé des taux bas en 2022 signerait le retour de la volatilité sur les marchés et des incertitudes. De l'autre, Christine Lagarde prévient qu'un relèvement trop rapide des taux ne répondrait pas à la hausse des prix du pétrole et aux problèmes dans les chaînes d'approvisionnement, qui ont favorisé la hausse des prix en zone euro.

L'inflation continue sa cavalcade en zone euro, mais contrairement au choix de la banque centrale américaine d'y apporter un remède rapidement, Christine Lagarde, à la tête de la banque centrale européenne, ne partage pas le même avis. Alors que le taux d'inflation dans la zone euro a atteint 5% sur un an en décembre (Eurostat) - du jamais vu en 25 ans -, la patronne de la BCE estime en effet que le relèvement des taux directeurs n'est pas la solution à la flambée des prix sur le Vieux continent. Or, c'est précisément l'approche étudiée par la Fed, son homologue américaine, avec une inflation qui a culminé à +7% outre-Atlantique en 2021, menaçant le pouvoir d'achat des classes moyennes et les capacités des entreprises à investir.

Mais pour Christine Lagarde, c'est justement l'inverse qui pourrait se produire en relevant les taux pour tarir les flux de liquidités déversés dans l'économie. Selon la Française, relever maintenant le taux directeur de la BCE ne permettrait pas d'enrayer la hausse record de l'inflation. Pire, elle aurait pour seul effet de nuire à l'économie, a-t-elle expliqué dans un entretien au groupe de presse allemand Redaktionsnetzwerk Deutschland (RND) publié vendredi.

"Cela ne résoudrait aucun des problèmes actuels. Au contraire: si nous agissons de manière trop précipitée maintenant, le rebond de nos économies pourrait être considérablement affaibli, et des emplois seraient menacés", affirme-t-elle.

Maîtresse des horloges des taux

Une position qui surprend d'autant plus que la semaine dernière, la BCE avait soufflé le chaud en formulant l'hypothèse d'une hausse des taux de la BCE en 2022. Mais Christine Lagarde - qui a affirmé que l'inflation n'était qu'un phénomène "transitoire" - vient donc calmer le jeu :

"Nous pouvons maintenant ajuster - calmement, étape par étape - nos instruments de politique monétaire. Et quand les données économiques le permettront, nous le ferons."

Autrement dit, elle réaffirme sa position en soutenant que la BCE modifierait sa politique monétaire ultra-accomodante, de manière graduelle et quand les conditions le permettront.

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Plus précisément, Christine Lagarde a prévenu qu'un relèvement des taux ne répondrait pas à la hausse des prix du pétrole et aux problèmes dans les chaînes d'approvisionnement, qui ont favorisé l'inflation. Aussi, elle croit à des effets limités dans le temps. Et de prévoir que cette hausse des prix devrait se stabiliser puis baisser au cours de l'année 2022 dans la zone euro.

Mais au sein de la BCE, les risques sur les prévisions d'inflation de l'Institution sont à la hausse. Aussi, le débat entre les partisans du retour de l'orthodoxe budgétaire, et le camp de ceux qui veulent maintenir des taux favorables pour financer les plans de relance des Etats, va crescendo.

Une réponse à l'Allemand Joachim Nagel

Dans ce débat, Christine Lagarde vient surtout répondre aux déclarations de Joachim Nagel, le président de la Bundesbank et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE. Fidèle à la position traditionnellement conservatrice de la Bundesbank, Joachim Nagel a déclaré - également dans la presse allemande - qu'une normalisation tardive de la politique monétaire était plus risquée qu'une action précoce.

"Si le tableau (inflationniste) ne change pas d'ici le mois de mars, je plaiderai pour une normalisation de la politique monétaire", a indiqué au quotidien Die Zeit Joachim Nagel, qui a pris la présidence de la banque centrale allemande en janvier.

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"Si nous agissons plus tard, nous devrions relever les taux d'intérêt de façon plus marquée et à un rythme plus rapide. Les marchés financiers réagiraient alors avec une plus grande volatilité," conclut-il. Une position sur laquelle le patron de la banque centrale allemande tente de fédérer. Klaas Knot, le gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas, s'est également prononcé en faveur d'une hausse de taux cette année, à partir du quatrième trimestre.

(avec Reuters)

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