Réformes de la zone euro : les recommandations de Lagarde et Le Maire

le maire lagarde
Reuters

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Lors d'une rencontre organisée par le ministère des Finances jeudi 15 février, le locataire de Bercy Bruno Le Maire et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont esquissé quelques recommandations pour renforcer la zone euro. Seulement un mois après les préconisations d'un groupe d'économistes français et allemands, le sujet suscite des réflexions alors que l'union monétaire traverse un cycle économique favorable. Reste à voir comment toutes ces réflexions pourraient être appliquées par les gouvernements de la zone euro à 19 pays.
Partant du constat que la conjoncture était favorable aux réformes, l'ancienne ministre du président Nicolas Sarkozy a avancé trois pistes "à explorer et à approfondir" :
De son côté, l'ancien ministre de l'Agriculture a souligné son accord avec ces différentes propositions insistant sur le fait que "l'Europe vous protège". Il a expliqué par exemple que l'Union bancaire permettrait de garantir les dépôts des citoyens de l'Union européenne.
Pour les entreprises, il a indiqué que le marché des capitaux "permettrait d'avoir un financement de notre économie, de nos PME qui ne soit plus exclusivement un financement bancaire, mais qui soit aussi un financement de marché. Cela permettra d'avoir plus d'entreprises de taille mondiale plus nombreuses en Europe".
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Mais il a aussi insisté sur la nécessité d'une convergence fiscale pour l'impôt sur les sociétés. "Sur les taux, chacun doit faire un effort [les pays de la zone euro ; ndlr] pour se rapprocher d'une position commune européenne". M. Le Maire a ainsi rappelé les ambitions de la France qui prévoit de baisser son taux d'IS à 25% d'ici 2022 contre 33% actuellement en espérant que d'autres pays allaient relever leur taux.
Pour lui tout est surtout "une question de volonté politique". De son côté, la responsable du FMI a expliqué que "cela devrait être difficile de revenir en arrière sur certains points concernant la convergence fiscale".
L'ancien député normand a également abordé la question de la fiscalité des géants du numérique régulièrement accusés de ne pas payer assez d'impôts en France. "Ce n'est pas parce que nous n'aimons pas Google et Facebook, c'est une question d'équité fiscale et d'efficacité fiscale [...] pour financer des écoles, des hopitaux ou des crèches" par exemple.
Dans une seconde partie, le ministre de Bercy a annoncé de nouvelles mesures dès cette année pour réduire l'endettement de la France et a écarté toute "cagnotte" au cas où les recettes seraient plus élevées que prévu.
Lors de cette conférence intitulée "Transformer l'économie française", M. Le Maire avait mis en garde contre la hausse attendue des taux d'intérêt. "Nous savons que l'augmentation des taux d'intérêt pèsera sur les charges de la dette française", précisant qu'une hausse de 1% des taux représentait "3 milliards d'euros jetés par la fenêtre". Selon lui, la dette est "un poison pour l'économie française". "Elle pèse sur la croissance. Elle pèse sur notre compétitivité et constitue une menace pour les générations futures", a-t-il prévenu.
Selon les dernières prévisions de Bercy, le déficit public devrait s'établir à 2,9% du PIB en 2017, passant pour la première fois depuis dix ans sous la barre des 3% exigée par les traités européens. En 2018, il devrait atteindre 2,8%. "C'est bien la preuve qu'il ne faut pas ranger la France du côté des cigales. C'est injuste et c'est faux", a-t-il affirmé, appelant à mettre fin à cette "caricature". Dans son dernier rapport annuel au début du mois, la Cour des comptes avait malgré tout mis en garde le gouvernement contre tout "relâchement", appelant l'Etat à accélérer les réformes pour réduire son niveau de dépenses.
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