Réformes de la zone euro : les recommandations de Lagarde et Le Maire

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La journée sur les transformations économiques en France et les questions de réforme de la gouvernance en zone euro, a débuté par un échange public entre le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.
La journée sur les transformations économiques en France et les questions de réforme de la gouvernance en zone euro, a débuté par un échange public entre le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. (Crédits : Reuters)
Bruno Le Maire et Christine Lagarde ont particulièrement insisté sur la nécessité de mettre en place une union bancaire et un marché des capitaux au sein de la zone euro pour faciliter entre autres le financement de l'économie.

Lors d'une rencontre organisée par le ministère des Finances jeudi 15 février, le locataire de Bercy Bruno Le Maire et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont esquissé quelques recommandations pour renforcer la zone euro. Seulement un mois après les préconisations d'un groupe d'économistes français et allemands, le sujet suscite des réflexions alors que l'union monétaire traverse un cycle économique favorable. Reste à voir comment toutes ces réflexions pourraient être appliquées par les gouvernements de la zone euro à 19 pays.

> Lire aussi : Zone euro : les recommandations des économistes allemands et français

Des pistes à explorer

Partant du constat que la conjoncture était favorable aux réformes, l'ancienne ministre du président Nicolas Sarkozy a avancé trois pistes "à explorer et à approfondir" :

  • Une union bancaire "déjà bien engagée à la fois par les autorités gouvernementales avec le soutien des banques centrales, mais ce n'est pas fini" . Il faut "mettre en place un mécanisme de solidarité au niveau de l'union bancaire" Elle a ainsi rappelé que "quatre pays ont des stocks de créances douteuses" et a souligné l'exemple du secteur bancaire italien qui a traversé de graves difficultés ces dernières années.
  • Un marché européen des capitaux "pour permettre une alternative de financement au secteur bancaire qui sont prédominants dans la zone".
  • Une capacité budgétaire commune au sein de la zone euro.

"Cela permettrait d'avoir des politiques contracycliques quand c'est nécessaire [...] On sait bien qu'il y a une hostilité de l'Allemagne [...], mais si on respecte les objectifs budgétaires, on peut également renforcer les mécanismes de solidarité".

La fiscalité au centre des préoccupations

De son côté, l'ancien ministre de l'Agriculture a souligné son accord avec ces différentes propositions insistant sur le fait que "l'Europe vous protège". Il a expliqué par exemple que l'Union bancaire permettrait de garantir les dépôts des citoyens de l'Union européenne.

Pour les entreprises, il a indiqué que le marché des capitaux "permettrait d'avoir un financement de notre économie, de nos PME qui ne soit plus exclusivement un financement bancaire, mais qui soit aussi un financement de marché. Cela permettra d'avoir plus d'entreprises de taille mondiale plus nombreuses en Europe".

Mais il a aussi insisté sur la nécessité  d'une convergence fiscale pour l'impôt sur les sociétés. "Sur les taux, chacun doit faire un effort [les pays de la zone euro ; ndlr] pour se rapprocher d'une position commune européenne". M. Le Maire a  ainsi rappelé les ambitions de la France qui prévoit de baisser son taux d'IS à 25% d'ici 2022 contre 33% actuellement en espérant que d'autres pays allaient relever leur taux.

"J'aimerai que d'autres pays de la zone qui pratiquent parfois le dumping fiscal fassent le même effort pour se rapprocher d'une moyenne commune européenne. On y arrivera que si chacun fait un effort dans la direction de l'autre."

Pour lui tout est surtout "une question de volonté politique".  De son côté, la responsable du FMI a expliqué que "cela devrait être difficile de revenir en arrière sur certains points concernant la convergence fiscale".

L'ancien député normand a également abordé la question de la fiscalité des géants du numérique régulièrement accusés de ne pas payer assez d'impôts en France. "Ce n'est pas parce que nous n'aimons pas Google et Facebook, c'est une question d'équité fiscale et d'efficacité fiscale [...] pour financer des écoles, des hopitaux ou des crèches" par exemple.

L'obsession de la dette

Dans une seconde partie, le ministre de Bercy a annoncé de nouvelles mesures dès cette année pour réduire l'endettement de la France et a écarté toute "cagnotte" au cas où les recettes seraient plus élevées que prévu.

"Nous devons réduire notre dette parce que cela nous expose à une remontée des taux d'intérêt et que c'est de l'argent dilapidé", a t-il affirmé. "Nous prendrons dès 2018 un certain nombre de mesures pour aller dans cette direction", a-t-il ajouté, "Dans les mois qui viennent, s'il y a des recettes fiscales supplémentaires liées à la croissance, elles iront en priorité au désendettement de la France". Mais "cela peut aller au-delà des rentrées fiscales".

Lors de cette conférence intitulée "Transformer l'économie française", M. Le Maire avait mis en garde contre la hausse attendue des taux d'intérêt. "Nous savons que l'augmentation des taux d'intérêt pèsera sur les charges de la dette française", précisant qu'une hausse de 1% des taux représentait "3 milliards d'euros jetés par la fenêtre". Selon lui, la dette est "un poison pour l'économie française". "Elle pèse sur la croissance. Elle pèse sur notre compétitivité et constitue une menace pour les générations futures", a-t-il prévenu.

Selon les dernières prévisions de Bercy, le déficit public devrait s'établir à 2,9% du PIB en 2017, passant pour la première fois depuis dix ans sous la barre des 3% exigée par les traités européens. En 2018, il devrait atteindre 2,8%. "C'est bien la preuve qu'il ne faut pas ranger la France du côté des cigales. C'est injuste et c'est faux", a-t-il affirmé, appelant à mettre fin à cette "caricature". Dans son dernier rapport annuel au début du mois, la Cour des comptes avait malgré tout mis en garde le gouvernement contre tout "relâchement", appelant l'Etat à accélérer les réformes pour réduire son niveau de dépenses.

> Lire aussi : Déficit : la Cour des comptes critique le manque d'ambition du gouvernement

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Commentaires
a écrit le 11/04/2018 à 2:04 :
Le vrai responsable des problèmes de la Zone Euro est l'axe franco-allemand qui a conçu et imposé les traités tels qu'ils sont, traités qui avantagent surtout l'Allemagne et la France.
La situation actuelle de certains pays, surtout du sud, était prévisible, probablement aussi voulue.
On brade la Grèce, Fraport (allemand) a racheté tous les aéroports Grecs solvables.
Que la France soit victime elle même de ces accords n'était pas prévu.
Les avantages de l'Allemagne ce sont surtout sa position géographique, la taille de son marché intérieur, ajoutez a ceci le chauvinisme, voire nationalisme latent et la Germanolatrie, maladie chronique des élites européennes et vous aurez fait le tour.
Il est vrai que l'Euro a été introduit par nécessité politique.
Il serait primordial de modifier les accords et d'avoir un budget fédéral pour la zone Euro afin d'arriver à une convergence des économies de celle-ci, mais l'Allemagne n'en veut pas, bien sur, ils ont tout obtenu ! Une lueur d'espoir vient de la BCE et de Draghi, mais combien de temps tiendra-t-il encore ?
a écrit le 20/02/2018 à 2:22 :
Voir leS 2 de quoi vomir 🤢
a écrit le 18/02/2018 à 14:36 :
Bien sur qu'il faut réduire la dette, aussi, je propose de taxer les personnes qui travaillent et qui creusent les inégalités. il faut réduire les déficits et augmentés les aides aux personnes comme moi qui n'ont pas la chance de travailler ou de payer des impôts. Et plutôt que de vous plaindre sur votre sort, vous feriez mieux de bosser un peu plus pour les autres et par la même occasion de gagner un peu mieux votre vie car chacun doit assumer ses choix.

Bien à vous.
a écrit le 17/02/2018 à 20:32 :
La cour des comptes appelle l'état à réduire son niveau de dépenses.
C'est le contraire que fait le gouvernement en instaurant un service national obligatoire qui va couter au minimum 3 milliards €/an.
a écrit le 17/02/2018 à 12:18 :
@Sans oublier le 16/02/2018 à 18:21 and others (FN, LFI, NA, FP, FA, BH;..)
Cela va t-il ? Pas certain.
C'est dur, dur... de soutenir FN, LFI, NA, FP, FA, BH.... (il y en a beaucoup sur ce site)
Si vous êtes européen, le FMI attend vos lumières pour être désigné comme directeur du FMI. Pourquoi n'avez-vous pas été nommé ?
Si vous avez la nationalité américaine, vous pourriez être désigné comme directeur de la Banque Mondiale car cette fonction est réservée à un Américain...
Just do it !
Cordialement
a écrit le 17/02/2018 à 9:02 :
Vouloir réduire notre déficit c’est bien mais le faire ce serait mieux, on attend toujours la réforme de l’etat Et des collectivités territoriales qui plombent le pays
a écrit le 16/02/2018 à 14:20 :
1: pour des pays pauvres ,rembourse la dette c est detruire la monaie est l economie des pays, 2:on cre en europe par mois 6 0 milliards d euros:est il y a entre 25 et 30millions de chomeurs ? 6 0 0 haut fonctionnaires en france a plus de 3 0 0 0 0 0 euros pars ans ? les retraites francais ont 1 4 0 0 milliards de patrimoine c est la partie du peuple le pus riches qui pleurent qu en ont leurs demande un peut de soliradite?le mot partage et ceux qui sont pour ont encore du travail? ET JE SUIS L UN DEUX???
Réponse de le 17/02/2018 à 15:41 :
Moi, retraité, je dois payer une solidarité, alors que nos milliardaires s'en mettent plein les "fouilles" suite aux lois passé par Mr15% ; cherchez l'erreur !
Réponse de le 18/02/2018 à 14:54 :
@HP

C'est tout à fait normal de taxer les retraités, vous avez déjà bien profité du système par le passé c'est un juste retour des choses.
C'est la solidarité national, il faut prendre l'argent la ou il est c'est à dire dans les poches des nantis et le redistribué à des personnes qui n'ont pas la chance de travailler ou de payer des impôts.

Plutôt que de pleurer comme vous le faite pour 500€ ou 600€/an, vous feriez mieux d'aller bosser et de réfléchir à ce que vous pouvez pour la France.
a écrit le 16/02/2018 à 12:48 :
Tapis rouges pour la garde dérouler part Benard éprouve part le Lemaire la france des innocents ?
a écrit le 16/02/2018 à 11:46 :
C’est bien beau tout cela, mais la France spécifiquement est quadruplement perdante dans le cadre de sa participation à l’Union Européenne car :

1) Elle est contributeur net au budget de l’Union européenne de plusieurs milliards d’euros.
2) Elle est contributeur net au niveau du système des travailleurs détachés. C’est après l’Allemagne le pays qui reçoit le plus de travailleurs détachés et il y a aussi un manque à gagner en termes de cotisations sociales qui n’est pas compensé en totalité par les travailleurs détachés français, moins nombreux qui travaillent dans d’autres pays de l’Union Européenne en payant leurs cotisations sociales en France.
3) Elle est contributeur net au niveau des délocalisations, relocalisations d’entreprises car les entreprises françaises délocalisent beaucoup plus dans les pays de l’Union Européenne que les entreprises d’autres pays de l’UE délocalisent leurs activités en France. Elle est confrontée depuis 10 -15 ans ans à une désindustrialisation importante.
4) La France se paye le luxe d’avoir avec l’Euro une monnaie surévaluée par rapport notamment à la première puissance économique européenne, l’Allemagne.

Ces 4 points ne sont pas susceptibles de changer à court et à moyen terme, d’autant qu’en raison du retrait du Royaume-Uni au moins sa contribution nette budgétaire au budget de l'UE va devoir être augmentée. Donc en fait la France se sacrifie pour favoriser la croissance dans d’autres pays de l’Union Européenne, merci pour elle. Son seul intérêt, en fait, à rester dans ce système est qu’il est dangereux d’en sortir après avoir fait la bêtise d’y entrer. Tout le reste c’est du blabla.
Réponse de le 17/02/2018 à 12:09 :
Vous avez mis le doigt sur plusieurs excellents points... la France est probablement le pays qui retire le moins tant de l’UE que de l’euro... mais il est peu tard pour revenir en arrière.
Réponse de le 17/02/2018 à 18:37 :
@Roccovichi Et bien non, suivez l' UPR et le FREXIT, il n' est jamais trop tard pour remettre sur le métier un ouvrage mal fait.
https://www.upr.fr/
a écrit le 16/02/2018 à 10:58 :
La garantie des dépôts : HAHA HAHA HA Merci mr Lemaire pour ce moment de rigolade de bon matin.
a écrit le 16/02/2018 à 10:43 :
On fait tout et n'importe quoi pour suivre des chimères, tant que le chaos existe, ils sont ravies!
a écrit le 16/02/2018 à 10:43 :
Les réformes en novlangue bruxelloise en réalité les GOPE .. C’est dans la plus grande discrétion que les « Grandes Orientations de Politique Économique » (GOPE) fixées par la Commission européenne aux 28 États membres de l’Union européenne pour 2014-2015 ont été publiées le 2 juin dernier.

Aucun média de grande diffusion ne s’en est fait l’écho de façon approfondie et sérieuse auprès de nos concitoyens, aucun des partis politiques ayant accès à ces médias non plus. Soit tout ce petit monde n’y connaît rien à rien – ce qui est hélas certain dans bien des cas – soit il a jugé beaucoup plus prudent de distraire l’attention des Français sur des sujets dérisoires et inoffensifs. Par exemple sur les règlements de compte familiaux ou maffieux qui déchirent l’ ex UMP devenu LR et le FN devant l’indifférence blasée des Français.

Pourtant, ces GOPÉ publiées à l’aube de la trêve estivale constituent ni plus ni moins que la feuille de route fixée à chaque État membre de l’Union européenne pour les 12 mois qui viennent, en vertu de l’article 121 du TFUE (traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) ..

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon
Réponse de le 17/02/2018 à 9:57 :
Correct pour le gout du secret de cette puissance législative, j'observe aussi qu'à Davos notre Président a développé des idées en décalage selon qu'il s'exprimait en Français ou en Anglais. Ce n'est pas bon!
a écrit le 16/02/2018 à 10:07 :
Réduire voire supprimer la dette est un objectif honorable qui doit être abordé comme une guerre avec une stratégie, des succès et des échecs pour la victoire finale. Pour mémoire en 1965 la France, ce beau pays, n'avait plus de dette qui fut réactivée en 73 par une loi dite Pompidou Rothschild....Alors, au delà du bavardage et de la déclaration d'intention, que faites vous Monsieur Le Maire, les impôts des retraités n'y suffiront pas.
Réponse de le 16/02/2018 à 13:51 :
Je suis plutôt d'accord avec vous. D'autant plus que passer de 3% à 2,8% de déficit public en 2018 n'est même pas un début d'une ''presque victoire'' qui mériterait de pousser le chant du Coq, haut et fort, sur tous les toits.

La France est, et reste toujours, encore et encore la cigale de l'Europe... et le seul but (à court ou moyen terme) devrait n'avoir aucun déficit public, c'est-à-dire aucun !

Si déjà Le Maire est prêt à déboucher le Champagne pour 2,8% de déficit, il faut bien imaginer que les occasions de fêter ne sont pas nombreuses.

Dans un scénario fou de politique-fiction, est-ce qu'il est même réaliste et envisageable que la France puisse avoir un déficit zéro disons dans les 10, 15 ou 20 prochaines années ? Qui est prêt à parier la-dessus ?

Et je ne parle pas de la dette publique qui s'alourdit de jour en jour et qui n'est pas prête à se dégonfler avant longtemps... Et je met ici en sourdine, les fortes probabilités d'une récession d'ici les 15-18 prochains mois.
a écrit le 16/02/2018 à 9:41 :
Mme Lagarde a fait un chèque de 400 000 millions d'€ à M. Tapie par erreur.... cette erreur a été reconnue excusable pas la cour de justice de la République (de l'entre-soi...:) Cela ne l'empêche pas de venir distiller ces merveilleux conseils sur l'économie en générale ici et là....Plus belle la vie!
Réponse de le 16/02/2018 à 12:42 :
Vous n''allez pas en remettre une couche avec l'affaire Tapie, are you?
Réponse de le 16/02/2018 à 13:09 :
"Vous n''allez pas en remettre une couche avec l'affaire Tapie, are you?"

ET pourquoi on insisterait pas sur le fait de déplorer voir nos politiciens compromis, mis en examens et mêmes coupables mais pas condamnables continuer de squatter les postes à pouvoir quand même non ?

Vous êtes normalement constitué ? De savoir que l'argent public est confié dans sa grande majorité à des voleurs et menteurs attitrés ne vous gène pasp lus que ça sans rire ?

C'est que vous y avez forcément intérêt, tandis que les citoyens eux ont intérêt à des représentants honnêtes, le truc qui n'existe quasiment plus à force de gens comme vous qui veulent à tout prix qu'on oublie.
Réponse de le 16/02/2018 à 14:06 :
Merci à vous citoyen blasé....
Réponse de le 16/02/2018 à 18:21 :
que sous sa tutelle l'endettement de la France a bondi de 500 milliard €, qu'elle a laissé faire la vaccination Bachelot à 1 milliards d€, et qu'elle a autorisé la SG à défalquer 2 milliards d€ d'impôts sous prétexte d'affaire Kerviel.

Ajoutons pour être juste, que c'est une brêle en matière de macro-économie. On se souvient tous de ses paroles lénifiantes pour nier l'existence de la crise financière fin 2007 alors que la BCE avait déjà injecté 200 milliards d€ dans les banques pour éviter un crédit crunch .
a écrit le 16/02/2018 à 8:56 :
Bref comme d'habitude, en UE des bavards impénitents qui font semblant de réfléchir, en sommes rien de nouveau.

Tandis que le Titanic coule l'orchestre continue de jouer, tout va bien.

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