Zone euro : une croissance au plus haut depuis 12 ans

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Selon l'économiste Chris Williamson, ce rapport mensuel donne à penser que la croissance au premier trimestre dans la zone euro sera de 1,0%, ce qui serait le taux le plus soutenu depuis le deuxième trimestre 2010 et nettement plus fort que celui de 0,6% anticipé dans une enquête Reuters du mois dernier.
Selon l'économiste Chris Williamson, ce rapport mensuel donne à penser que la croissance au premier trimestre dans la zone euro sera de 1,0%, ce qui serait le taux le plus soutenu depuis le deuxième trimestre 2010 et nettement plus fort que celui de 0,6% anticipé dans une enquête Reuters du mois dernier. (Crédits : Hannah Mckay)
L'activité en zone euro a démarré l'année sur son rythme de croissance le plus rapide en plus de dix ans, grâce à une augmentation du nombre de nouveaux contrats, malgré la plus forte hausse des prix pratiqués par les entreprises depuis près de sept ans.

La zone euro démarre l'année pied au plancher. Selon les dernières données du cabinet d'études Markit publiées ce lundi, l'activité affiche son rythme le plus soutenu depuis près de 12 ans "tandis que l'emploi traverse actuellement sa meilleure phase de croissance depuis la fin de l'année 2000". Et les derniers résultats sont même supérieurs aux premières prévisions. Selon le chef économiste de Markit, Chris Williamson,

"à 58,8 en janvier, l'indice PMI Composite final pour la zone euro dépasse son estimation flash, déjà élevée, et signale la plus forte expansion économique de la région depuis juin 2006."

La zone euro a affiché l'une des plus fortes croissances des grandes économies l'an dernier et les indicateurs avancées suggèrent que la dynamique se prolongera au moins quelques mois, une bonne nouvelle pour la Banque centrale européenne (BCE) qui cherche à sortir peu à peu de sa politique ultra-accommodante.

Léger repli de la production manufacturière

D'après la dernières publication de Markit, la production manufacturière a connu un léger repli en janvier. Elle conserve néanmoins un taux d'expansion proche du niveau record atteint en décembre dernier. Du côté des services, le moral des chefs d'entreprises est au beau fixe. Si le rythme de croissance des services est inférieur à celui de la production manufacturière, le taux enregistré en janvier se redresse pour atteindre son plus haut niveau depuis août 2007.  "L'indice PMI Final IHS Markit de l'activité de services de l'Eurozone s'établit à 58.0 et atteint son plus haut niveau depuis près de 10 ans et demi".

La France particulièrement dynamique

L'autre bonne nouvelle est que cette croissance s'harmonise au niveau de l'union monétaire comme l'avait relevé pour la Tribune il y a quelques semaines l'économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Christophe Blot :

"C'est une croissance qui se généralise et s'harmonise dans un contexte international favorable, et une reprise du commerce mondial. [...] Et si l'Allemagne demeure le principal moteur de la croissance, c'est bien l'ensemble des pays qui contribue à l'accélération de cette reprise."

Ce constat est également exprimé par Markit qui souligne que "la croissance économique affiche en outre un rythme soutenu dans l'ensemble des pays couverts par l'enquête"Les experts du cabinet soulignent néanmoins que la France prend la tête du classement des pays par indice PMI en janvier, "le taux d'expansion restant stable par rapport à décembre dans l'Hexagone et proche de son pic de près de 6 ans et demi atteint en novembre". Les entreprises interrogées par Markit attribuent notamment cette tendance à la forte demande des clients et à une hausse des investissements, ainsi qu'à la faiblesse actuelle des taux d'intérêt.

La solidité de la demande a ainsi incité les prestataires de services à "rehausser fortement le niveau de leurs effectifs", souligne le communiqué, qui fait par ailleurs état d'une "forte inflation des prix payés", attribuée par les patrons à "une hausse du coût des salaires"La bonne santé conjuguée du secteur des services et du secteur industriel laisse "anticiper de très bonnes perspectives de croissance pour l'économie française dans les prochains mois", estime Alex Gill, économiste de Markit cité dans le communiqué. L'Allemagne, l'Italie et l'Irlande sont également très proches du taux enregistré par la France.

De bonnes nouvelles pour l'emploi

Ces dernières annonces peuvent augurer de bonnes nouvelles sur le front de l'emploi. Cette tendance favorise "les créations d'emplois dans la région, les effectifs augmentant de nouveau à un rythme similaire au pic de 17 ans atteint en novembre." L'évolution de l'emploi s'accélère en Allemagne, contrebalançant les légers ralentissements observés dans les quatre autres pays couverts par l'enquête.

Des contrastes encore marqués

Malgré une conjoncture favorable, les séquelles de la crise se font encore ressentir dans quelques pays de la zone euro. Sur le marché du travail, les dernières données d'Eurostat publiées la semaine dernière illustrent de véritables contrastes entre plusieurs pays. Les taux de chômage les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (20,7%), en Espagne (16,4%) ou à Chypre (11,3%). Ces trois Etats situés dans l'Europe du Sud subissent encore les effets de la crise de 2007/2008 et les conséquences des différentes cures d'austérité, même si de sérieux signes d'éclaircie apparaissent notamment pour l'Espagne. À l'inverse, les taux les plus faibles ont été recensés en République tchèque (2,3%), à Malte ainsi qu'en Allemagne (3,6% chacun).

> Lire aussi : Chômage : l'écart entre la France et la zone euro persiste

Les économistes mettent également en garde contre le manque d'investissements dans la recherche et développement, ainsi que dans l'innovation en Europe. Ils avertissent aussi souvent les pouvoirs publics sur les conséquences du vieillissement démographique sur le potentiel de croissance de la zone euro.

> Lire aussi : L'OIT s'inquiète du vieillissement des travailleurs

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Commentaires
a écrit le 07/02/2018 à 12:46 :
Amusant…La France est le pays qui a le moins progressé dans ce sens et on salue son dynamisme ! Par ailleurs, qu'en est-il de la croissance des pays européens hors zone euro…Surprises? dites-nous.
a écrit le 06/02/2018 à 13:29 :
Plus d'un demi million de travailleurs détachés en France en 2017 ! Sans même compter le transport routier ! Bref , malgré les rodomontades de New Louis XIV, une augmentation de plus de 45 % en un an ! Des emplois qui sont donc offerts à des travailleurs des pays de l'Est, qui ne comptent pas leurs heures sup' gratuites et vont ensuite dépenser leur argent dans leur pays d'origine, qui ne font donc rien pour enrichir l'économie Française, et qui font donc que la France a un taux de chômage anormalement élevé. Ha mais oui ! Suis je bête ! Les chômeurs français sont des fainéants et ils ne cherchent pas de travail, ils sont si bien dans leur canapé ! Que d'ailleurs notre gouvernement veut leur couper les assedics, non mais des fois !
a écrit le 06/02/2018 à 10:52 :
La remontée de l'inflation et une forte croissance vont contraindre la BCE à -enfin- sortir des mesures non conventionnelles et de l'argent gratuit, situation éminemment malsaine. Mais l'effet direct de cette situation qui laisse augurer d'une remontée des taux, probablement de 1 à 2%, c'est que le service de notre dette -monstrueuse- va ponctionner le budget de l'état de 20 à 40 milliards par an, donc "pomper" la totalité des ressources fiscales supplémentaires issues d'une plus forte croissance et, puisqu'il n'y a en France plus aucune marge de hausse des taux des impôts (on est au niveau de PO le plus élevé des grandes économies), contraindre l'exécutif à diminuer enfin sérieusement les dépenses publiques et sociales.
a écrit le 05/02/2018 à 20:52 :
La croissance est au plus haut depuis 12 ans en Europe, comme chez nous les taxes et impôts sont aussi en progression pour nous amener "Champion du Monde" de l’imposition.
a écrit le 05/02/2018 à 18:50 :
C' est curieux ce rappel de l' Upr hier sur les stats françaises qui alertait sur le fait que les syndicats cgt de l' Insee émettait un doute réel sur les chiffres ..
A 22.30..
https://www.upr.fr/actualite/entretien-n57-legislatives-actions-juridiques-croissance-volkswagen-reunion-bn
Réponse de le 05/02/2018 à 21:11 :
Sauf que l'institut Markit n'a rien de français .
Et que la CGT de l'insee ne remet pas en cause sa propre impartialité bien au contraire.
https://www.cgtinsee.org/statistique-publique/independance/article/l-independance-de-l-insee-par-un-cas-pratique-la-note-de-conjoncture
C'est bien facile de contester les chiffres de la croissance de l'insee un jour et de reprendre les chiffres du chômage de l'insee un autre jour.
Réponse de le 05/02/2018 à 21:18 :
Et je complète mon commentaire précédent pour dire que malgré l'inclusion prochaine du trafic de drogue par l'INSEE dans le calcul du PIB, la croissance sera calculée par rapport au PIB de l'année précédente calculée avec la même méthodologie, ça ne rajoutera donc pas de croissance artificielle. Contrairement à ce que sous-entend Mr Asselineau dans votre vidéo.
Réponse de le 05/02/2018 à 22:22 :
@John Inutile de noyer le poisson, je cite les statistiques françaises et je sais avec l' Ue qui nous promettait le bonheur pour tous quand tout n' est que ruine depuis Maastricht, j' observe donc que le plus c' est loin, le plus c' est M Bricolage ..

Vous connaissez la signification du mot pression, ici en l' occurrence sur les chiffres, qu' avance ce syndicat ..?
Réponse de le 05/02/2018 à 23:01 :
@john 21.18 Mais sans la prostitution à venir..! On atteint des abîmes dans le traficotage avec cette Ue dogmatique qui ressemble de plus en plus à une dictature molle -pour l 'instant- et dont nous suivons de près et avec intérêt la déliquescence et la morbide évolution ..
Réponse de le 05/02/2018 à 23:22 :
Comme d' habitude une analyse limpide et contextuelle sur le présupposé d'un doute légitime autour de cette livraison de chiffres s' agissant de la France. Qui alors de l' au-delà ...?!

L’UPR dispose décidément d’un programme précis, cohérent, dont les objectifs centraux (la triple sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN) restent inchangés depuis onze ans. Et chaque mois qui passe en démontre un peu plus, la justesse, la nécessité et l’urgence. Chapeau.
a écrit le 05/02/2018 à 18:46 :
Croissance ou ?
Je cherche un emploi depuis février 2015
Avec mon statut même pas droit à un «  contrat aide « 
Que des fakes News dans les médias .
a écrit le 05/02/2018 à 16:14 :
Désolé de vous dire que le PIB ne fait pas l'emploi! La demande n'existe pas et l'inflation négative n'y pousse pas! Mettre 120000 fonctionnaires dehors n'arrange rien! Si ce n'est engendrer la méfiance et montrer l'inutilité de l’État a nos concitoyens! "Remercions" le GOPE de cet administration qu'est l'UE de Bruxelles qui nous impose ses choix!
Réponse de le 05/02/2018 à 20:15 :
Si Bruxelles imposent cela c’est qu’ils ont derrière la tête non ?

Soit supprimer tous les états et mettre une administration commune dirigée par l’europe Et le data ( DH)

Bien sûr entre temps ils ne se gêneront pas de «  balayer » les indésirables ...pour eux qui sont «  hors cadre » de leur critères ...
a écrit le 05/02/2018 à 16:08 :
Schizophrénie européenne
Handelsblatt (journal économique allemand) révèle cette proposition de Juncker qui proposera le 14 février prochain la suppression des fonds structurels aux régions faibles pour que ces fonds bénéficient UNIQUEMENT aux pays les plus pauvres de l'U.E. estimant que les pays plus riches sont en mesure de soutenir leurs propres infrastructures ! Il invoquera le manque permanent d'argent combiné aux pertes du Brexit et aux dépenses croissantes liées à la défense, au terrorisme et à la migration.
.
Ces économies dites "intelligentes", s'élèveraient à env. 100 milliards d'Euros. Les pays qui ne seraient plus bénéficiaires, sont : l'Allemagne, la France, les Etats du Bénélux, la Suède, le Danemark; l'Autriche, l'Irlande et la Finlande.
Et simultanément, Monsieur Juncker plaide pour l'ouverture aux pays des Balkans.
Réponse de le 05/02/2018 à 20:24 :
Pas de solution sans FREXIT et avec l' UPR, fuyons à l' anglaise, c' est facile de ne plus se laisser abuser ..
Réponse de le 05/02/2018 à 21:58 :
Le problème de Juncker est qu' il est trop souvent ivre ...

https://www.youtube.com/watch?v=WXZbfwjuAFw
Réponse de le 05/02/2018 à 23:03 :
@Les larbins Oh bein vous alors, oh bein dites donc, ce que vous lui avez mis à l' ôt gars ..!
a écrit le 05/02/2018 à 15:52 :
"Ces dernières annonces peuvent augurer de bonnes nouvelles sur le front de l'emploi."

Que l'ont attend encore et toujours donc, d'ailleurs notre gouvernement est tellement sûr que les embauches vont être pléthore qu'ils ont décidé de réduire le nombre de publication des statistiques du chômage par 3, à savoir nous avions 12 études par an, une par mois, dorénavant nous en aurons 4 par an et donc une par trimestre...

Dumping fiscal et social, pouvoirs politiques insipides sauf à l'est hélas, extrêmes droite qui se réveillent un peu partout en europe, négationnisme, justice mise au pas..., voilà ce qu'est notre union européenne. Comment voulez vous qu'il en sorte autre chose que du mensonge, de la maltraitance et de la manipulation du truc indéterminé là hein ? Merci.

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