Brexit : les 4 issues possibles au vote crucial du Parlement britannique ce soir

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Samedi 12 janvier, à Londres, les manifestants anti-Brexit ont adopté le gilet jaune comme emblème de protestation à la manière des Français, copieusement agrémentés de slogans définitifs comme Les Tories sont foutus, ce qui ne les empêche pas de brandir aussi des pancartes pour demander la démission de May, ou la tenue d'élections générales anticipées.
Samedi 12 janvier, à Londres, les manifestants anti-Brexit ont adopté le gilet jaune comme emblème de protestation à la manière des Français, copieusement agrémentés de slogans définitifs comme "Les Tories sont foutus", ce qui ne les empêche pas de brandir aussi des pancartes pour demander la démission de May, ou la tenue d'élections générales anticipées. (Crédits : Reuters)
Le sort du Brexit est suspendu au vote des députés britanniques qui se prononceront ce mardi soir sur l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Autant le dire tout de suite, un vote du Parlement en faveur du texte négocié par Theresa May à Bruxelles est l'un des scénarios les moins probables, les spécialistes promettant à la Première ministre une défaite "historique"... Voici un petit récapitulatif des hypothèses sur la table.

Les députés britanniques se prononcent mardi dans la soirée sur l'accord de Brexit négocié Theresa May avec Bruxelles. Un texte qui ne satisfait ni les europhiles, partisans de liens plus étroits avec l'Union européenne, ni les eurosceptiques, désireux d'une rupture plus nette, ce qui est de mauvais augure pour la Première ministre conservatrice.

Lire aussi : Brexit : l'ultime discours de Theresa May pour conjurer le rejet de l'accord

Voici les principaux scénarios possibles après ce vote crucial:

1) Le Parlement vote l'accord = sortie ordonnée

Si l'accord est voté au Parlement, scénario qui semble peu probable, une sortie ordonnée s'ensuivra. S'ouvrira une période de transition post-Brexit prévue pour durer jusqu'à fin 2020 pendant laquelle presque rien ne changera. L'accord règle la question de la facture que devra régler Londres à l'UE pour honorer ses engagements et définit les droits des citoyens expatriés.

Le point le plus controversé concerne le "backstop", une disposition destinée à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord pour préserver l'accord de paix sur l'île. Ce "filet de sécurité" prévoit la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement plus poussé pour l'Irlande du Nord, qui s'appliquerait en cas d'échec des négociations à venir sur la future relation commerciale entre Londres et les 27.

2) Le Parlement rejette l'accord = "No Deal" (+ second référendum?)

Si le texte est rejeté par la chambre des Communes, l'un des scénarios envisageables est celui d'un Brexit sans accord, particulièrement redouté par les milieux économiques, avec le spectre d'un effondrement de la livre et d'une montée en flèche du chômage.

Les relations économiques entre le Royaume-Uni et l'UE seraient alors régies par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et une multitude de contrôles douaniers et réglementaires devraient être mis en place en urgence.

Pénuries de médicaments, embouteillages monstres aux abords des ports, avions cloués au sol, perte de croissance... Ces perspectives sont balayées par les Brexiters les plus acharnés, pour qui "une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord", et qui veulent une politique commerciale indépendante.

Cependant, la menace d'un "no deal" semble avoir été contrecarrée la semaine dernière par les députés, avec l'adoption d'un amendement obligeant l'exécutif à présenter sous trois jours, en cas de rejet de l'accord, un "plan B" amendable.

La possibilité d'un second référendum, jusqu'ici exclue par Theresa May, est réclamée par les europhiles dans l'espoir qu'il inverse le résultat de la consultation du 23 juin 2016 et certains responsables politiques pour débloquer la situation.

Reste à définir les questions posées: maintien dans l'UE ou plan de Theresa May? Ou sortie sans accord? Sans garantie que la consultation donnerait un résultat différent de celui de juin 2016.

Le Parti travailliste, principale formation d'opposition, se rangerait à cette option s'il n'obtenait pas les élections anticipées qu'il souhaite.

3) Theresa perd + motion de censure du Labour = nouvelles élections?

Elles devraient être précédées d'une motion de censure, que compte déposer le Labour si Theresa May perd le vote de mardi.

Toutefois, si une bonne centaine de députés tories ont essayé de renverser Theresa May en décembre, il n'est pas dit qu'ils s'allient à l'opposition travailliste pour une manoeuvre qui pourrait leur faire perdre le pouvoir.

Si les travaillistes l'emportent, ils comptent négocier un nouvel accord avec Bruxelles mais il leur faudrait du temps, a déclaré Jeremy Corbyn, évoquant un probable report de la date de sortie de l'UE.

4) Report du Brexit (l'hypothèse la plus crédible vu le manque de temps)

Reporter le Brexit via une extension de l'article 50 du Traité de l'UE, qui régit le départ d'un État membre, apparaît de plus en plus comme une éventualité crédible, y compris si Theresa May emporte le vote au Parlement car il ne lui resterait que peu de temps pour faire passer la législation nécessaire avant la sortie de l'UE, le 29 mars.

L'organisation d'un second référendum ou d'élections législatives anticipées nécessiterait aussi de repousser la date du Brexit.

Une centaine de députés européens de différents bords politiques se sont engagés lundi à soutenir une demande de report de Londres. Mais dans ce cas, quid des élections européennes, qui se dérouleront entre le 23 et le 26 mai?

Selon une source diplomatique, "une prolongation après le 29 mars est possible mais pas au-delà du 30 juin car le nouveau Parlement européen sera constitué".

De son côté, Theresa May a estimé lundi que la date du Brexit ne devrait pas être reportée.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 16/01/2019 à 9:31 :
Le Brexit à au moins la caractéristique de faire toucher du doigt aux éventuels "éxiteurs" que sortir n'est pas sans risques.
Ce n'est pas pour autant qu'il faille considèrer que l'UE est parfaite. Elle est antidémocratique, affairiste, dogmatique, soumise aux lobbies, antisociale. On peut donc avoir envie d'en divorcer, ce qui est toujours douloureux, mais il peut aussi être fait des efforts pour la rendre vivable, pour tous les citoyens européens.
Les poussées populistes, nationalistes n'oeuvrent pas dans ce sens, le résultat final pourrait tout bonnement être la fin de l'UE, à la grande satisfaction de nos partenaires US,Chinois, Russes, Anglais...
a écrit le 16/01/2019 à 7:43 :
Si l'Union Européenne est autant en position de force qu'elle le dit, elle n'aura aucun mal à refuser un report de la date du Brexit... Donc tout va bien. Parce que si elle accepte ce report, elle devra nécessairement consentir des accommodements supplémentaires au Royaume Uni. Sinon, cela ne servirait à rien. Sauf à imposer au peuple britannique de revenir sur son vote. C'est d'ailleurs la logique des Gilets Jaunes : quand on n'est pas content des résultats d'une élection ou d'une votation, il n'y a qu'à revoter...
a écrit le 15/01/2019 à 18:33 :
ce référendum décidée comme une bravade par l'ancien 1er ministre Cameron plonge le RU dans une crise incommensurable. Les "probrexit" se sont fait bernés comme des enfants du primaire , car ils n'ont à aucun moment été informés des conséquences dramatiques qui allaient résulter de ce vote, et si l'on s'en tient à "vox populi, vox dei", la descente aux enfers des citoyens de sa gracieuse majesté va commencer prochainement.
a écrit le 15/01/2019 à 17:06 :
Je pense qu'il n' y aura pas de Brexit tout simplement. Il ne faut pas compter sur Trump. L’isolationnisme est une est voie de garage .- Sans compter sur le problème de l’Irlande (en fait les deux pays). Puis l'avenir économique ne va pas dans le bon sens. Les rats vont quitter le navire. Du souci, il en vient d'Allemagne. Chez nous c'est le b...del.
a écrit le 15/01/2019 à 14:41 :
Le vote de sortie était tout de meme serré.
Il est probable qu'un nouveau référendum soit largement en faveur du Maintien

Si pologne-hongrie-roumanie quittaient l'U.E, ce serait bien fructueux : les poisons !
a écrit le 15/01/2019 à 12:41 :
l'hypothese pour moi, c'est pas de vote
pas forcement de motion de censure, par contre fin mars, debut de sortie, merdier incommensurable, may demissionne, laissant la place a BoJo ( qui ne sera pas assez con pour aller au charbon!)
foutoir de tout les cotes, gens furieux
nouvelles elections avec un nouveau parlement, facon degagisme des gilets jaunes
et on enterre ca dans les larmes...
a écrit le 15/01/2019 à 12:16 :
Une fois le deuxième référendum fini , si cela n'est toujours pas concluant, je propose d'en faire un 3ème. Respectons la démocratie s'il vous plaît.
a écrit le 15/01/2019 à 10:33 :
Eh bien reportons les élections européennes, le temps d'un second référendum.Après tout, dans les cas de cette importance, il n'est pas aberrant de consulter le peuple en deux fois. Un premier référendum pour prendre l'opinion à chaud et un second pour laisser le temps à l'opinion de mesurer l'impact de ses choix. Comme en justice: première instance et appel. Je vais proposer cela au grand débat, ça me semble Juste.
Réponse de le 15/01/2019 à 13:18 :
A y réfléchir, cela me parait en effet être une bonne idée... En plus en France, avec les nombreuses personnes qui proposent sans réfléchir (voire qui exigent sans réfléchir comme par exemple ceux qu'on appelle des et non pas les Gilets Jaunes), cela leur donnerait la possibilité de comprendre que leur demande n'est pas réaliste ... par exemple, diminuer massivement les taxes et impôts et, en même temps, augmenter tout aussi massivement les services publics.
a écrit le 15/01/2019 à 10:32 :
Brexit so exiting, isn't ?
a écrit le 15/01/2019 à 10:17 :
"en faveur du texte négocié à par Theresa May avec Bruxelles"
en faveur du texte négocié par Theresa May avec Bruxelles
ou
en faveur du texte négocié à Bruxelles par Theresa May ?
a écrit le 15/01/2019 à 10:08 :
"Il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens" Juncker

Pas facile de sortir de cette dictature financière.
Réponse de le 15/01/2019 à 10:44 :
Le Frexit ou et avec qui ..?
Réponse de le 15/01/2019 à 13:37 :
... lassant !

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