Royaume-Uni : l'inflation atteint 3% pour la première fois en 5 ans

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Des Britanniques font leur course dans un supermarché Waitrose, à Londres.
Des Britanniques font leur course dans un supermarché Waitrose, à Londres. (Crédits : REUTERS/Neil Hall)
La hausse des produits alimentaires a particulièrement contribué à tirer les prix, avec une augmentation passée de 2,3% en août à 3,4% en septembre sur un an. Face à cette situation, la Banque d'Angleterre se retrouve dos au mur.

L'inflation au Royaume-Uni a atteint la barre des 3% sur un an en septembre, une première depuis avril 2012. En août, la barre symbolique avait quasiment été dépassée, les prix à la consommation ayant augmenté de 2,9% sur un an.

L'Office des statistiques nationales (ONS) a cité comme raison importante "la dépréciation de la livre constatée en 2016, particulièrement après le référendum sur l'UE", qui renchérit les produits importés au Royaume-Uni. La hausse des produits alimentaires a particulièrement contribué à tirer les prix, avec une augmentation passée de 2,3% en août à 3,4% en septembre sur un an. Les biens culturels et de loisirs, comme les livres (+13,7%) et les jeux (+0,5%) coûtent aussi plus chers,  alors qu'ils avaient nettement baissé le mois précédent. L'ONS a aussi mis en avant la hausse des prix des transports (+4,9%).

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Hausse des prix des matières premières

"L'inflation s'est accélérée depuis le début de l'année pour une gamme de produits, et le taux d'inflation du Royaume-Uni est plus élevé que pour les autres pays européens, y compris les grandes économies d'Europe de l'Ouest", a détaillé l'institut de statistiques. Hormis la dépréciation de la livre, il a expliqué ce phénomène par "la hausse des prix des matières premières dans le monde".

La livre a dégringolé de 14% face à l'euro et de 11% face au dollar depuis la décision des Britanniques de quitter l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, les cambistes tablant sur de moins bonnes perspectives économiques pour le Royaume-Uni à cause du Brexit.

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Que va faire la Banque d'Angleterre ?

"Nous comprenons que les familles ressentent les effets de l'inflation et nous les aidons pour leurs dépenses courantes", a expliqué un porte-parole du Trésor britannique. Le gouvernement a rappelé avoir gelé les taxes sur l'essence, augmenté les aides à la prise en charge de la petite enfance, réduit l'impôt sur le revenu et augmenté le salaire minimum.

Reste que cette vigueur des prix met sous pression non seulement le gouvernement, déjà embourbé dans de difficiles négociations sur le Brexit avec Bruxelles, mais aussi la Banque d'Angleterre qui est chargée de veiller à ce que les prix augmentent à un rythme modéré proche de 2%.

Plusieurs membres du comité de politique monétaire (CPM) de la Banque d'Angleterre (BoE) ont envoyé des signaux laissant penser que l'institut pourrait augmenter son taux directeur à l'issue de la prochaine réunion du CPM le 2 novembre.

La BoE avait abaissé ce taux au niveau historiquement bas de 0,25% dans les semaines qui avaient suivi le vote pour le Brexit, afin de soutenir l'économie britannique face aux turbulences attendues de cette aventure inédite.

(Avec AFP)

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a écrit le 17/10/2017 à 16:37 :
Le Royaume Uni a en commun avec la France d'avoir un déficit important de balance commerciale et une faible part de l'industrie dans le PIB, caractéristiques dont l'une des causes principales pour les deux pays a été une monnaie surévaluée sur une longue période de temps, ce qui rend la réalisation d’un Brexit ou d’un éventuel Frexit qui interviendrait ultérieurement problématique car leur économie s’est structurée également sur une longue période de temps sur la monnaie surévaluée et d’autres paramètres pouvant être particuliers aux deux pays ,avec la conséquence fâcheuse de les rendre plus dépendant de l’extérieur, des produits importés qu’il faut payer et qui reviennent plus cher quand la monnaie se déprécie.

En outre, dans le cas du Brexit en cours le Royaume Uni risque d’être confronté à une volonté de punition pour faire un exemple. Il parait que l’Allemagne et la France s’avèrent des plus exigeants vis-à-vis du Royaume-Uni dans les négociations du Brexit. Pour l’Allemagne il y a une logique économique car c’est le pays qui aurait le plus à perdre d’un éventuel démantèlement de l’Euro. Donc mieux vaut faire la démonstration qu’un pays qui quitte l’UE va devoir souffrir.

Cela dit le fait pour la France de rester dans l’Euro, l’UE et le reste de la mondialisation comporte des exigences maximalistes de compétitivité qui vont plus loin que celles que connaissent d’autres pays développés qui n’ont pas cette triple appartenance et à long terme, et le fait ne pas pouvoir les assumer correctement aura pour conséquence la disparition sur son territoire des emplois du secteur concurrentiel avec des entreprises délocalisant dans tous les azimuts jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à délocaliser, on s’en rapproche, ce qui aura des conséquences encore plus dramatiques en termes d’appauvrissement de la population que celles va connaitre le Royaume-Uni avec le Brexit.
a écrit le 17/10/2017 à 14:13 :
Et voilà, doucement mais sûrement les conséquences du Brexit commencent à devenir palpables, entre ventes de voitures neuves en chute libre et inflation qui commence à galoper. Mais face à la froide réalité, Citoyen Blasé va vous expliquer comment tout cela est en fait organisé par "l'oligarchie soutenue par l'UE", pour punir le R-U de sa décision anti-libérale. Pourtant c'est bien le R-U qui a inventé et appliqué le libéralisme à outrance...mais il n'en démord pas le bougre, c'est forcément la faute de l'UE ! :-)
Réponse de le 17/10/2017 à 15:01 :
@clairvoyant: il est bien évident que le Royaume-Uni doit s'adapter aux nouvelles conditions économiques et cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique. D'autant plus que l'économie britannique est axée sur les servies et pas sur la production agricole. Rappelons tout de même que cette tendance est celle préconisée par des économistes comme Jean Fourastié qui prévoyait même que 80% de l'économie occidentale reposerait sur les services. Assistons-nous alors à une pause avant un redémarrage ou un changement total de direction ? L'agriculture versus les services et l'industrie fut le grand débat entre Hamilton et Jefferson. Débat loin d'être innocent puisque Jefferson possédait quelques 250 esclaves et que son refus d'abolir l'esclavage à l'époque (et pour cause) a conduit plus tard à la guerre de sécession. Personnellement, je crois que la science est l'avenir de l'Homme et que l'orientation sera vers les services plutôt que vers l'agriculture et les anciens métiers manuels. Mais bon, à suivre n'est-ce pas :-)
a écrit le 17/10/2017 à 12:40 :
si ces tendances se confirment..ca devrait en faire reflechir plus d' un pro "exit"
finalement ce sont les "petits "consommateurs qui ont puls à y perdre car la consommation représente un pourcentage plus élevé de leur salaire (ratio) le brexit dessert ceux qu' il devaient protéger....
a écrit le 17/10/2017 à 12:39 :
Voilà qui va relancer la consommation, l'investissement et faire baisser le chômage a condition qu'il n'y ai pas d'appel d'air!

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