"Sans aucun doute, la Catalogne sera indépendante"

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Raül Romeva i Rueda, conseiller catalan aux affaires étrangères, est sûr que la Catalogne sera un jour un Etat indépendant.
Raül Romeva i Rueda, conseiller catalan aux affaires étrangères, est sûr que la Catalogne sera un jour un Etat indépendant. (Crédits : Reuters)
Raül Romeva i Rueda, conseiller catalan aux Affaires étrangères, aux relations institutionnelles et à la transparence, explique les ambitions du mouvement indépendantiste catalan et la stratégie menée par le gouvernement catalan.

La Tribune - Raül Romeva, quel titre faut-il vous accorder ? Le Tribunal constitutionnel espagnol à refuser que votre département soit un « ministère des affaires étrangères »...

Raül RomevaJe suis officiellement, et toujours, « ministre des affaires étrangères, des relations institutionnelles et de la transparence ». Le Tribunal constitutionnel étudie actuellement la constitutionalité du décret qui institue la création d'un « département des affaires étrangères ». Il est vrai que c'est la première fois qu'une communauté autonome espagnole dispose d'un titre de « ministre (en fait "conseiller", ndlr) des affaires étrangères », mais toutes ont bien un responsable de l'action extérieure de la région. La Catalogne a cependant voulu donner une dimension politique nouvelle à ce département.

Plusieurs autres lois et décisions du gouvernement catalan ont été contestées auprès du Tribunal constitutionnel et censurées par lui. Comment jugez-vous cette stratégie ?

Le recours du Tribunal Constitutionnel est le fruit d'une stratégie du parti populaire (ndlr : le parti conservateur du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy). Je crois que cette stratégie provoque, au final, un effet inverse. On ne peut pas oublier par une judiciarisation constante un processus qui a le soutien démocratique de millions de personnes dans les rues et dans les urnes. Les Catalans sont de plus en plus convaincus que ce mouvement ne peut pas s'arrêter.

Vous pensez donc que le soutien à l'indépendance va se renforcer encore...

Il faut se souvenir de l'évolution. En 2012, les Indépendantistes comptaient 14 députés sur 135. En 2015, ils étaient 72. Et ceci n'a pas été obtenu sous la pression du seul parti traditionnellement indépendantiste, la Gauche Républicaine Catalane (ERC), mais bien plutôt sous la pression de la demande de la société. C'est cette demande sociale qui a fait basculer des partis non-indépendantistes vers l'indépendantisme, comme Convergencia (CDC, ndlr : le parti du président de la Catalogne, Carles Puigdemont).

Le mouvement indépendantiste catalan n'est pas un mouvement dirigé par une force politique, et c'est la différence notable avec ce qui se passe en Ecosse, par exemple. Ce mouvement regroupe des hommes et des femmes de toutes opinions, de l'extrême-gauche à la droite libérale en passant par l'écosocialisme, la social-démocratie, le conservatisme et le centrisme. Seule l'extrême-droite n'est pas représentée, parce qu'elle est, en Catalogne, attachée à l'union avec l'Espagne. Mais cela signifie que l'indépendantisme catalan est issu de la diversité de la société. Il est le produit d'une dynamique sociale.

Néanmoins, lors des élections du 27 septembre, le mouvement indépendantiste a recueilli la majorité des sièges, mais pas des voix. Avec 47,8 % des suffrages, votre gouvernement est-il légitime pour appliquer son programme ?

Oui. Je rappelle que nous avons dû avoir recours aux élections, parce qu'il n'était pas possible d'organiser un référendum. Le résultat est nécessairement moins clair. D'abord, il faut comparer ces 47,8 % avec les 39 % des voix qu'ont obtenues les adversaires résolus non seulement de l'indépendance, mais aussi de la consultation. Les autres partis sont favorables à un référendum sur l'indépendance. Nous disposons donc d'un mandat légitime. Mais pour faire quoi ? L'indépendance ? La réponse est non. Notre mandat, ce n'est pas de faire l'indépendance, mais de préparer l'indépendance, et la nuance est de taille. Ce que le gouvernement catalan fait, c'est de créer les institutions nécessaires à la création d'un nouvel Etat dont la Catalogne ne dispose pas. Au niveau législatif, nous préparons des lois pour construire une nouvelle légalité parce que nous voulons que l'indépendance permette d'aller d'une légalité à une autre sans vide juridique. C'est une garantie que nous voulons donner au peuple catalan, aux investisseurs et à l'Europe.

Quel sera alors la prochaine étape ?

Notre mandat a été volontairement fixé pour une durée de dix-huit mois. En juillet 2017, on votera donc à nouveau. Sur quoi ? Ce que nous voudrions et ce que nous cherchons, c'est un scénario « à l'écossaise » : en accord avec l'Etat espagnol, un référendum sur l'indépendance serait organisé et chacun s'engagerait à en respecter le résultat. C'est notre but. Ce scénario est voulu par 87 % des Catalans et désormais, selon les sondages, par une proportion croissante d'Espagnols, autour de 42 %.

Mais si ce scénario n'est pas possible ? Si l'Etat espagnol continue à refuser tout référendum sur l'indépendance ?

Eh bien, l'on votera quand même. C'est un principe de notre action : toujours donner la parole aux gens. Chacun des pas vers l'indépendance doit obtenir la ratification démocratique. En juillet 2017, si l'on continue à nier la dimension démocratique, sociale et populaire de la demande de référendum, on votera quand même. Nous donnerons toujours la parole aux gens.

Mais la constitution espagnole n'interdit-elle pas un tel référendum ? Ne garantit-elle pas l'intégrité territoriale de l'Espagne ?

Je ne suis pas d'accord sur ce point. Le référendum sur l'indépendance n'est certes pas explicitement prévu, mais on peut néanmoins organiser un référendum qui n'est pas rigoureusement interdit. Il suffit d'un accord politique par lequel on accepte la consultation et son résultat. Je crois que la question de l'intégrité territoriale est aussi une question d'interprétation politique. Sans compter que toute constitution doit évoluer. C'est un phénomène normal. Or, le problème aujourd'hui est de prendre en compte la demande démocratique croissante en faveur de l'indépendance et d'adapter le cadre législatif pour laisser s'exprimer cette demande.

Le mouvement indépendantiste catalan dans sa majorité est attaché au respect de la légalité. Mais peut-on rester légaliste lorsque l'on cherche à quitter la légalité espagnole ?

Nous sommes prêts à suivre la demande démocratique qui nous est adressée. Si, pour cela, il faut modifier la légalité, nous sommes prêts à le faire. Une légalité est toujours et en permanence remplacée par une nouvelle légalité.

Mais, concrètement, si, comme lors de la consultation du 9 novembre 2014, le Tribunal constitutionnel espagnol refuse tout référendum en juillet 2017, seriez-vous prêts à ignorer cette décision légale ?

Nous passerons outre. Nous souhaitons parvenir à l'indépendance en nous basant sur trois principes. D'abord, le respect de la démocratie, je l'ai expliqué. Ensuite, le respect de la légalité. Tout est fait pour respecter la légalité espagnole. Sommes-nous prêts à nous confronter à cette légalité ? La réponse est positive, nous sommes prêts à prendre ce risque. Le dernier principe, c'est que notre mouvement est entièrement pacifique. Ce n'est pas un détail mineur. Forts de ces trois principes, nous présentons au monde notre souhait d'indépendance. Nous avons tout essayé. A chacune de nos demandes, nous avons trouvé une porte fermée. L'indépendance est la seule voie qui nous reste. Mais nous ne sommes ni irresponsables, ni violents.

Et si le gouvernement espagnol utilise l'article 155 de la constitution et suspend l'autonomie catalane ?

Dans ce cas, que fera l'Europe ? Si un Etat membre de l'Union européenne répond par l'option militaire à une demande démocratique, massive et pacifique, que restera-t-il de l'Europe ? La question est de savoir si une telle option peut être utilisée dans l'UE pour répondre à une question politique. Il ne s'agit donc pas de savoir ce que le gouvernement catalan va faire dans ce cas, mais ce que l'Europe fera.

Pour vous, la Catalogne finira donc par être indépendante ?

Je n'ai aucun doute sur ce point. On n'arrête pas un fleuve qui déborde. On peut construire des barrages pour l'arrêter temporairement, mais l'eau finira toujours par passer et par déborder. Comme je l'ai souligné, c'est un mouvement sociologique, transversal, divers. Ce n'est pas un mouvement uniciste, excluant. Ce n'est pas l'origine qui détermine l'adhésion à l'indépendantisme, c'est la volonté d'aller vers une nouvelle réalité. Et c'est pour cela que je suis convaincu que l'indépendance va arriver.

L'indépendantisme catalan n'est donc pas dirigé contre l'Espagne ?

Non. Moi-même, je suis d'origine madrilène. Mais puisque l'Espagne ne reconnaît pas la dimension catalane dans le cadre espagnol, puisque les attaques contre la Catalogne et sa culture sont parties prenantes du discours du PP, puisque nous avons tout essayé et que toutes les portes se sont fermées, en un mot, puisque l'Espagne ne me permet pas d'être Espagnol comme je le veux, alors je suis indépendantiste. Le risque, c'est que la Catalogne et l'Espagne deviennent ennemies parce qu'il existe deux réalités différentes en Espagne et en Catalogne. Et ce risque est, pour moi, plus fort dans le cadre espagnol que s'il y a deux Etats indépendants à égalité qui travaillent ensemble. Il ne s'agit pas de se poser contre l'Espagne, mais de se donner les moyens d'avoir une relation vraiment fraternelle avec l'Espagne. Ce que nous voulons, c'est un Etat indépendant qui s'entende avec l'Espagne.

Pour vous, la possibilité d'une fédéralisation de l'Espagne est désormais impossible ?

C'est une option que l'on a essayé de mettre en avant. Le statut catalan de 2006 a été ratifié trois fois, par les parlements catalan et espagnol et par le peuple catalan. Si on l'avait accepté, on n'en serait pas là, on aurait pu reconnaître le caractère pluraliste de l'Espagne. Mais ce statut a été cassé par le tribunal constitutionnel à la demande du Parti populaire. Désormais, ce n'est plus possible, c'est fini.

Vous cherchez à négocier avec le gouvernement espagnol. Or, il n'y a pas de gouvernement pour le moment et de nouvelles élections ont été convoquées pour le 26 juin. Qu'attendez-vous de ce scrutin ?

Je précise que si le secrétaire général du Parti socialiste (PSOE), Pedro Sánchez, n'est pas aujourd'hui président du gouvernement espagnol et s'il y a de nouvelles élections, c'est parce qu'il a refusé l'idée d'un référendum en Catalogne. C'est la preuve qu'il existe au niveau des institutions politiques de l'Etat espagnol un refus de comprendre la demande des Catalans. Nous ferons avec le gouvernement qui sera issu des urnes, si ce gouvernement comprend la réalité catalane, tant mieux. Sinon, tant pis.

Quels sont vos relations avec le gouvernement français ?

Ils sont cordiaux. Il existe, à l'étranger, une perception unanime que l'affaire catalane est une affaire intérieure espagnole. La demande est donc de négocier avec l'Espagne. De notre côté, nous expliquons que nous avons tout essayé et nous rassurons sur l'aspect pacifique de notre mouvement et sur notre légitimité pour avancer. Que ce soit par la voie négociée ou pas, l'indépendance arrivera et l'Europe devra alors réagir.

La France est un pays centralisé et d'aucuns peuvent s'effrayer de la « contagion » d'une éventuelle indépendance catalane...

Chaque cas en Europe est différent. Il n'est pas possible de copier des situations d'un pays à l'autre. Le gouvernement catalan ne prétend pas provoquer de conflits dans d'autres pays et nous respectons tous les pays. Nous voulons seulement suivre notre voie et prendre en compte le vœu de la majorité des Catalans. Il n'y a pas d'alternative à cet engagement.

___

Raül Romeva i Rueda est conseiller (ministre) des affaires étrangères de la Catalogne dans le gouvernement du président Carles Puigdemont nommé le 10 janvier 2016. Il a été tête de liste de la liste indépendantiste Junts Pel Sí (« ensemble pour le oui ») lors des élections du 27 septembre 2015. Agé de 45 ans, il a été professeur de relations internationales et essayiste ainsi que député européen de 2004 à 2014, élu sur la liste des Verts catalans. Il s'est ensuite tourné vers l'indépendantisme et a été un des animateurs des associations citoyennes sécessionnistes. Représentant de cette partie de la société civile qui s'est tournée vers l'indépendantisme dans les années 2010, il évoque, à l'occasion de son passage à Paris, les enjeux de la politique du nouveau gouvernement catalan.

Retrouvez notre grand angle sur la question de l'indépendance catalane.

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Commentaires
a écrit le 20/08/2017 à 22:36 :
Belle faute de faute de Français "Le tribunal ... a refuser" au lieu de "refusé" !
Personne n'est la pour relire et corriger ?
a écrit le 07/08/2017 à 14:08 :
Le Tribunal constitutionnel espagnol à refuser

Pas mal votre orthographe, c'est fait exprès?
a écrit le 07/06/2016 à 11:34 :
Réponse a Ebach et Timbaler
Les insultes sont la seule arme que les nationalistes disposent en l'absence d'arguments. Tous leurs arguments sont démontables aisément, machines a calculer ou livres d'histoire en main.

Je ne suis pas un ex-franquiste, bien au contraire, ma famille de Valence, fut décimée sur les champs de bataille, puis les survivants marginalisés, et par le suite, toute entière compromise dans leur soutien aux maquis anti-franquistes des années 40 (AGLA) Et contraints à l'exil.
En ce qui concerne le "franquisme" fameux, insulte dont vous usez sans discernement et systématiquement, il serait intéressant de savoir pourquoi les nationalistes au pouvoir en Catalogne depuis maintenant 35 ans, n'ont jamais jusqu'à présent, entrepris un travail d'exhumation des corps des victimes, dans ces fosses communes creusées par les vainqueurs. Le PP a interrompu ce projet, pour des raisons électoralistes, car bien des votants de ce parti, furent compromis dans la répression, et ils ne veulent pas qu'on s'interroge sur l'identité des bourreaux. C'est l'équivalent du vote pied noir en France.
Il n'y avait pas d 'indépendantistes dans le camp des anti-franquistes pendant la dictature, et beaucoup trop d'indépendantistes actuels, sortent du camp qu'on a appelé des vainqueurs. La Navarre ou la région de Malaga on voté les budgets pour entreprendre ce travail d'exhumation, se substituant économiquement à l'état central. Pas la Catalogne.
On comprends l'hésitation des autorités nationalistes catalanes, lorsque l'on sait d'où sortent leurs dirigeants.
Le père de Lluis Llach, le chantre du nationalisme catalan, était le chef du "movimiento" de sa région, et maire désigné de sa ville dans la province de Gérone, le grand père de Puigdemont déserta l'armée républicaine, pour passer dans le camp nationaliste. Les familles Mas, Pujol, Trias, Rocafort, tous ces dirigeants ou fondateurs du parti CdC, faisaient partie de la haute bourgeoisie catalane, qui profita tant de la dictature. Et maintenant, hypocrites, ils collent l'étiquette de "franquistes" à ceux qui s'opposent à la mise en place de nouveaux murs entre les peuples.
a écrit le 28/05/2016 à 18:42 :
Admettons. Alors voici ce qui se passera: les Catalans, conscients que leur patois n'est parlé par personne et que personne n'a envie de l'apprendre, auront besoin d'une langue véhiculaire. Voulant bannir l'Espagnol -qu'ils appellent Castillan- ils apprendront l'Anglais, qui s'imposera progressivement à la place de l'Espagnol. Les Catalans auront échangé la très riche littérature espagnole contre une très pauvre littérature catalane, les étudiants étrangers iront faire leur Erasmus à Madrid et non plus à Barcelone, et les sociétés multinationales imposeront l'Anglais comme langue de travail. Et qu'est ce qu'ils auront gagné, les Catalans ? Ah oui, la Culture !
a écrit le 27/05/2016 à 9:04 :
Que le gouvernement démocratiquement élu d'un pays, applique les lois votées, pour maintenir son unité territoriale, semble pour ce garçon contraire aux valeurs de la démocratie. Ces lois ont été votées, avec les représentants des catalans. Catalans, qui majoritairement n'ont pas envoyé au parlement de Madrid, de députés nationalistes.
Que les nationalistes, que représente ce gars, sortent majoritaires aux élections nationales, et il pourrait commencer à être crédible lorsqu'il parle de démocratie. 17 députés nationalistes sur 47.
https://resultadosgenerales2015.interior.es/congreso/#/ES201512-CON-ES/ES/CA09

Que dirait ce garçon, si dans la province de Barcelone, où les indépendantistes n'arrivent pas à 40%, et qui représente 80% du PIB de la Catalogne, on décidait de ne pas suivre le processus indépendantiste.

De fait, le nationalisme catalan est minoritaire à Barcelone et sa banlieue industrielle. Ada Colau maire de Barcelone comme les mairies de la banlieue barcelonaise, ont refusé d'inscrire leurs municipalités, à l'asso. des mairies pour l'indépendance. Les nationalistes sont majoritaires dans l'arrière pays, et ultra majoritaires dans les zones de montagne de la Catalogne, qui survivent grâce à la PAC.
Qu'entend ce garçon par "attaques contre la culture catalane" le gouvernement autonome a toute liberté pour gérer sa politique culturelle et éducative, il est impossible en Catalogne aujourd'hui,à moins d'inscrire ses enfants dans une école privée, de leur assurer une éducation en espagnol (castillan) le castillan considéré par les nationalistes, comme une langue étrangère, n'est enseigné que deux heures par semaine dans les écoles publiques (alors que du temps du franquisme les parents pouvaient demander l'enseignement du catalan à partir de 1967 à raison de 5 heures par semaine).
Il nous parle d'"attaques à la culture catalane" car malgré ces contraintes, l'usage du castillan ne recule pas dans les échanges sociaux en Catalogne.
Réponse de le 27/05/2016 à 16:03 :
De très bonnes remarques que je partage.
Réponse de le 27/05/2016 à 22:54 :
Monsieur Toni Cardona doit être: ou un renié catalan ou un exfranquieste sans la moindre connaissance de ce qui se passe et Catalogne. Les Peperos, non que nos donnons au P.P. sont toujours opposés á tout de qui peut émaner de la Catalogne. Ce garçon oublie de dire que en Espagne dans aucune ecole on donne cours de catalan, alors que en Catalogne nous subissons la pression des castillans dans tout ce que se refaire á notre culture.
Réponse de le 29/05/2016 à 7:52 :
excellent resumé ; ajoutons que l'endettement de la Catalogne , à lui seul , lui enlève toute possibilité d'independance , et que , déjà , des entreprises ont demenagées ; le titre est accrocheur , mais la réalité en est bien loin : A.Mas c'est fait " balancer " son erzats ne fait pas le poids ( et n'est pas aussi psycho-rigide ) ; on voit donc là encore une fois du brassage d'air .
Réponse de le 01/06/2016 à 5:43 :
Il est évident que M. Cardona est un nostalgique du franquisme, époque bénie où tout allait beaucoup mieux. Au nom de ce principe il assène des énormités qui peuvent ébranler les convictions des moins informés.
Est-on crédible quand on parle de banlieue barcelonaise contraire à l'indépendance alors qu'on refuse le référendum où il n'est plus question de tripatouillages de circonscriptions, ni de lois de Hondt, mais où chacun compte pour une voix dans l'ensemble du territoire ? Alors on avance des pourcentages, mais on ne veut pas de référendum. Qui veut-on tromper ?
Il s'agit bien d'un génocide culturel auquel on assiste. Un petit exemple pour illustrer: le musée Reine Sofia de Madrid pompe à lui tout seul autant de subventions que l'ensemble de la culture catalane. Avec un petit plus: le musée Reine Sofia est considéré comme un investissement pour toute l'Espagne, donc son coût est à répartir entre toutes les régions et cela fausse d'autant plus la balance fiscale. C'est véritablement pervers.
Quant aux deux heures de castillan par classe, c'est de la poésie pure et simple.
a écrit le 27/05/2016 à 8:16 :
Quand on a le sentiment de vivre dans un Etat inexistant, la Belgique, dont la moitié des membres ne parlent pas la même langue et se détestent courtoisement, on comprend très bien les Catalans.

La Belgique parfaite vitrine du projet européen sans frontière, sans diplomatie, sans armée , sans douanier ni police est la démonstration expérimentale de l'échec européen.

La Catalogne sera indépendante parce que avant, l'Europe de papa marchait très bien, et avait su faire la paix et la prospérité avec ses monnaies, ses langues, ses cultures, et ses frontières.

Chaque mois qui passe, et cela de façon exponentielle, apporte une nouvelle crise systémique dans l'Europe de Bruxelles . Un traité ne peut pas remplacer un peuple .
a écrit le 27/05/2016 à 8:03 :
Les premiers bénéficiaires d'une fragmentation régionaliste en Europe seraient les dirigeants oligarchiques qui pourraient ainsi plus aisément faire leurs contre-réformes (houps pardon leurs "réformes") qui permettraient un retour à l' "âge d'or social" du 19ème siècle selon leur point de vue avec des inégalités maximales, une démocratie de façade, un temps de travail hebdomadaire maximum illimité, pratiquement plus de congés payés, une salaire minium ridicule voire inexistant, la "libéralisation" des assurances santé, retraite et de l'éducation leur permettant de se faire un maximum de blé et d'avoir de nombreux domestiques (houps pardon d'assurer une forte croissance du secteur prometteur des services à la personne).
a écrit le 27/05/2016 à 6:46 :
Catalogne indépendante: est-ce un problème ?
Ok avec Teddy19 (26/5 23:03)
Cordialement
a écrit le 26/05/2016 à 23:03 :
Indépendance. Ce terme n'est qu'une illusion.
Ce n'est pas indépendant, mais dépendance d'autres puissances qui se produira.
L'indépendance est plutôt une façon de se recroqueviller sur des valeurs communautaristes due à de grandes frustrations et le contraire de l'ouverture au monde.
Comment assurer sa sécurité, construire une armée, des systèmes de solidarité sociale, avoir une monnaie... enfin se doter de ce qui est une véritable et digne indépendance, sans se raccrocher à plus fort.
Indépendant comme la principauté de Monaco ou Andorre!
Réponse de le 27/05/2016 à 23:12 :
Justement les catalans, nou nous opposons á avoir une armée. On peut bien avoir des traités avec dáutres puissances. Et puis vous oublié que les seuls qui peuvent garantir la paix dans le monde, et depuis des longues années, sont les ricains. Votre armée, ou le reste des armées européennes sont soumisses á la puissance Yanky. Peut-être ça vous deplait, mais la réalité est bien celle-là.
a écrit le 26/05/2016 à 21:43 :
Je vois encore trop de peur de faire le pas.
S'ils savaient que de l'autre cote la ou ils voient des geants,ce sont des moulins a vent.
Réponse de le 27/05/2016 à 23:27 :
Ramon, lissez le commantaire que j'adresse a Corso. Sincères salutation.
a écrit le 26/05/2016 à 20:46 :
J'étais à Barcelone pour la fête nationale catalane en septembre 2015 ,et j' y ai vu le port rempli de yachts somptueux dont certains étaient très grands , je me suis dit qu'il n'était pas bon que leurs propriétaires ,ces grands prédateurs, rôdent en ce lieu pour cet événement, le réveil et la désillusion risquent d'être douloureux pour les plus pauvres des catalans .
a écrit le 26/05/2016 à 17:13 :
On discute pour discuter. L'indépendance n'a aucune signification. tout d'abord parce que plus aucun pays ne l'est dans un monde largement interdépendant, et d'autre part parce que ce mot suggère ou implique des moyens d'existence autonome que ce triangle géographique dans le prolongement de la France n'a pas. Ces moyens ont été façonnés par l'Histoire au contact du réel, les zones que ne pouvaient être autonomes ont été intégrées à d'autres, ainsi par exemple de la création de l'Allemagne en 1873 ou de la convergence des provinces devenues italiennes. Les territoires ne pouvant être autonomes mais prétendant à une telle façade sont en réalité très dépendantes et leurs faux dirigeants corrompus. C'est cette posture qui est voulue par les opportunistes socialo-modernistes, en Grèce dont on voit les résultats économiques navrants, en Espagne que l'on compte bien verser dans le chaos et donc, pour partie, la catalogne. Ce chaos apporté par les opportunistes qui en usent comme d'un ascenseur "social" bénéficie à des profiteurs d'une bien autre carrure qui prônent l'hyper-libéralisne... à leur profit. Les deux extrémismes politiques à force de s'étirer finissent par se rejoindre sur le cercle démagogique : la gauche et la droite se donnent la main pour renverser la table. C'est rarement pour le bien être des peuples.
Réponse de le 27/05/2016 à 23:24 :
Corso, je pense que vous ignoré tout ce qui se passe en Espagne. Les catalans voulons disposer de l'argent que nous produisons. Vous devez ignore, encore, que ce que nous demandons est d'arrêter l'expoliation de notre argent. Chaque année partent de catalogne entre 12/15 milliards d'€ qui partent dans 3 régions (communautés) dont 60% du business est fait au black. Renseignez-vous avant de dire des conn. Ni gauche ni droite. C'est le racket complet sur tout ce qui est catalan, argent, langue, sport, et j'en passe.
Réponse de le 01/06/2016 à 0:36 :
Tout le monde sait que tous les pays sont interdépendants. La mondialisation, on est pour ou on est contre, mais elle est là.
Le problème n'est pas là. Ce que veulent les Catalans, c'est pouvoir faire les choix eux-mêmes, choisir leurs infrastructures, leurs priorités, sans avoir à demander la permission à Madrid qui de toute façon agira dans le sens contraire à celui désiré.
La Catalogne, et l'Europe en général, a opté pour la construction du couloir méditerranéen. Toute la côte, depuis Algesiras au Perthus n'aspire qu'à cette voie de communication depuis des années. La construction a pris vingt ans de retard. Que se passe-t-il ? Eh bien Madrid n'en veut pas parce que la capitale castillane n'est pas sur le trajet et craint d'être laissée de côté. Dans une Catalogne indépendante, ce couloir serait opérationnel depuis vingt ans.
Le nombre de contrats internationaux entre les entreprises catalanes et étrangères que Madrid a fait capoter est innombrable, tellement l'acharnement des délégations d'ambassades de l'état s'acharnent à les faire capoter au profit d'autres patrons mieux "en cour". La politique étrangère est une priorité absolue pour la Catalogne. Mais Madrid, allez savoir pourquoi, ne veut pas.
Les exemples pourraient suivre ainsi à l'infini. Je reste à disposition pour de plus amples indications.

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