Schabowski, le "gaffeur" qui provoqua la chute du mur de Berlin, est décédé

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Héros par accident, Günter Schabowski était né dans une ville de l'Allemagne de l'Est, Anklam, en 1929.
"Héros par accident", Günter Schabowski était né dans une ville de l'Allemagne de l'Est, Anklam, en 1929. (Crédits : Wikimedia Commons/ German Federal Archives. CC License by.)
Porte-parole du gouvernement en 1989, il déclara par erreur lors d'une conférence de presse que la liberté de voyager des Allemands de l'Est entrait en vigueur "immédiatement". Face aux hordes d'Allemands qui prirent la direction du mur, les gardes ouvrirent les frontières.

Peut-on résumer en deux seuls mots l'idée de "faire une déclaration sans en mesurer les conséquences" ? En Allemand, oui, du moins depuis 1989, lorsqu'on a commencé à parler de "Schabowski moment".

La moitié de l'expression est constituée d'un nom : celui de Günter Schabowski, un homme politique de l'Allemagne de l'Est qui est décédé à Berlin le 1er novembre, à l'âge de 86 ans. Il est passé à l'Histoire pour avoir précipité la chute du mur de Berlin, grâce à une déclaration quelque peu improvisée.

"Pour autant que je sache..."

Le 9 novembre 1989, Günter Schabowski était l'un des membres du bureau politique du Comité central du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), le parti communiste au pouvoir en RDA, ainsi que le porte-parole du gouvernement. Ce soir-là, au cours d'une conférence de presse comme tant d'autres, retransmise en direct à la télévision et à la radio est-allemandes, il répond à une question d'un journaliste concernant une nouvelle réglementation autorisant les voyages des Allemands de l'Est vers l'Ouest, qui venait d'être adoptée, qui aurait dû rester réservée jusqu'au lendemain.

Interrogé sur la date d'entrée en vigueur de ces nouvelles règles, il montre un moment d'hésitation, cherchant la réponse dans ses notes. Puis il bredouille :

"Pour autant que je sache, cela entre en vigueur... immédiatement, sans délai."

Il ne suffit que de quelques heures pour que des hordes d'Allemands, prenant la déclaration à la lettre, se jettent dans la rue en direction du mur. Dépassées, les gardes ouvrent les accès. L'année suivante, l'Allemagne est réunifiée.

     | Récit La chute du Mur à J + 1

Ancien journaliste

"Héros par accident", Günter Schabowski était né dans une ville de l'Allemagne de l'Est, Anklam, en 1929. Journaliste au début de sa carrière, il avait rejoint le SED en 1952. Il déviendra le rédacteur en chef du journal du parti (le Neues Deutschland) en 1978, puis il intégrera le Politbüro -le plus haut organe exécutif de la RDA - en 1974.

Après la chute du mur de Berlin, il sera d'abord expulsé du parti qui succédéra au SED, le PDS, en 1990. De 1992 à 1999, il travaillera donc comme rédacteur pour un hebdomadaire local cofondé par lui.

Autocritique

Il sera également jugé, avec d'autres membres du Politüro, pour avoir donné l'ordre de tirer contre les personnes qui avait tenté de fuire la RDA. Il sera finalement condamné en 1997 à trois ans de prison pour meurtre. Reconnaissant moralement responsable de ces homicides volontaires, il purge sa peine de 1999 à 2000, puis il bénéficie d'un régime de semi-liberté. Il a été l'un des rares dirigeants de la RDA à avoir publiquement critiqué les erreurs commis par l'ancien régime.

Au lendemain de sa mort, certains médias allemands voient un parallèle entre sa "gaffe" de 1989 et l'actuelle affluence de migrants en Allemagne: en déclarant que le pays accepterait tous les réfugiés syriens, Angela Merkel n'aurait-elle pas eu son "Schabowski moment" ?

>> Lire Pourquoi Angela Merkel est-elle si généreuse envers les réfugiés ?

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Commentaires
a écrit le 19/11/2015 à 17:02 :
"Face aux hordes d'Allemands" ?? "Horde" !!! Pourquoi pas meutes ? Quel mot maladroit ! Qui traduit la pensée profonde du journaliste qui a écrit ça !
a écrit le 02/11/2015 à 11:11 :
Bonjour,
Que de fautes d'orthographes dans cet article au demeurant très intéressant !
a écrit le 02/11/2015 à 11:00 :
…les garde ouvrirent les frontières…
...Dépassées, les gardes ouvrent les accès...
...Il déviendra le rédacteur en chef...
…contre les personnes qui avait tenté de fuire la RDA…
…avoir publiquement critiqué les erreurs commis par l'ancien régime.…

Promis, je vais brûler un cierge à Saint Antoine de Padoue, pour que les rédacteurs retrouvent la langue française. Si erreurs de frappe... alors, il faut se relire avant de publier. (ça s'apprend en 6ème).
Réponse de le 02/11/2015 à 13:03 :
C'est à Sainte Rita, qu'il faut bruler un cierge, patronne des causes désespérées!..............
a écrit le 02/11/2015 à 9:54 :
Illettrisme et journalisme...
"Autocritique

Il sera également jugé, avec d'autres membres du Politüro, pour avoir donné l'ordre de tirer contre les personnes qui avait tenté de fuire la RDA."

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