Olaf Scholz, le chancelier qui doit faire tourner le moteur industriel allemand en plein Covid

Le principal défi du nouveau chancelier Olaf Scholz, qui prend ses fonctions cette semaine, va être de préserver le leadership industriel du pays. Mais les indicateurs indiquent que la première économie européenne est encore pénalisée par la pénurie mondiale des composants, en plus de devoir instaurer de nouvelles restrictions à sa population face au coronavirus.

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Olaf Scholz a fixé pour cap « la plus grande modernisation industrielle » de l'histoire.
Olaf Scholz a fixé pour cap « la plus grande modernisation industrielle » de l'histoire. (Crédits : HANNIBAL HANSCHKE)

« Je veux que les années 2020 soit celles d'un nouveau départ », a déclaré au journal conservateur Die Zeit, Olaf Scholz, le nouveau chancelier de l'Allemagne qui doit être officiellement élu mercredi par le Bundestag. Pour le successeur d'Angela Merkel, à la tête de la quatrième puissance mondiale pendant seize ans, la poursuite de l'héritage est complexe. A 63 ans, cet ancien maire de Hambourg, - qui réservera comme le veut désormais la tradition sa première visite à la France -, va devoir composer avec une situation économique défavorable, plombée par une croissance plus faible qu'annoncé et le retour de l'inflation.

Installé aux premières fonctions du pays après l'accord de coalition avec les Libéraux du FDP et les Verts, Olaf Scholz a en ligne de mire le maintien du leadership de la première économie européenne. Ce membre du parti social-démocrate SPD, dont le ministre des Finances Christian Lindner, un libéral, sera le défenseur de l'orthodoxie budgétaire, a affirmé vouloir mettre en œuvre « la plus grande modernisation industrielle » de l'histoire récente « capable de stopper le changement climatique créé par l'Homme ».

Aussi, en Allemagne, leadership industriel rime aussi avec transition énergétique et lutte contre le changement climatique pour lesquelles le pays veut "montrer la voie", a estimé samedi Olaf Scholz.

"Si nous ne faisons pas cela, personne ne développera les technologies et personne ne montrera aux autres comment faire", a-t-il expliqué.

Au plan fédéral, son credo est : « on ne donne que ce que l'on a ». De quoi marquer une rupture avec les écarts budgétaires autorisés au début de la pandémie de Covid-19. L'Allemagne a déboursé plus de 72 milliards d'euros en aides aux entreprises, en plus d'avoir accordé 54 milliards d'euros de crédits, selon des chiffres du ministère. Désormais, l'objectif de la nouvelle coalition est de limiter l'endettement public « à partir de 2023 », a déjà prévenu Christian Lindner.

L'industrie allemande risque de caler

Mais en pleine recrudescence de l'épidémie, portée par le variant Omicron, la reprise se révèle fragile. En octobre, les commandes passées à l'industrie nationale ont fortement chuté, après avoir connu un rebond en septembre. En cause, les pénuries persistantes de matériaux et de semi-conducteurs, qui freinent fortement le secteur, selon des chiffres officiels publiés lundi.

L'indicateur, qui donne un avant goût de l'activité industrielle, a ainsi plongé de 6,9% sur un mois, après une hausse révisée de 1,8% en septembre, a indiqué l'Office fédéral de statistique Destatis dans un communiqué. « Les goulots d'étranglement freinent l'industrie allemande », résume l'institut dans son communiqué.

Pour autant, « les dynamiques de long terme sur les commandes essentielles sont maintenant proches des niveaux pré-pandémiques », note le cabinet Oxford Economics dans une note publiée lundi. « Bien qu'il soit trop tôt pour dire précisément l'impact de la crise sur l'industrie, cela confirme que celle-ci va fournir un peu de soutien à l'économie allemande sur ce trimestre », tempère-t-il.

Reste toutefois les inquiétudes sur le marché automobile allemand qui a connu en novembre sa cinquième chute d'affilée, à -31,7% sur un an. Les experts et fédérations du secteur s'attendaient pour l'ensemble de année à une baisse autour de 10% par rapport à 2020. Résultat, pour le secteur, cette année est encore pire que la cauchemardesque année 2020.

Au pays de l'automobile, la seule progression notoire se trouve sur les ventes de voitures électriques, qui ont représenté en novembre un cinquième des transactions, devant le diesel (16%) mais derrière l'essence (33%). Les voitures hybrides ont représenté 30%, précise l'agence fédérale de l'automobile KBA.

Autant de risques de ralentissements pour la locomotive de l'Europe qui enregistre en plus un niveau d'inflation inédit depuis 30 ans, proche des +5% en octobre sur un an.

Résultat, si l'OCDE maintient sa prévision de croissance pour 2021, à + 2,9% (contre +6,8% attendus en France), elle l'a abaissé pour 2022. L'Organisation prévoit désormais une croissance de 4,1% contre 4,6% initialement prévue.

L'obligation vaccinale

Dans le même temps, l'Allemagne se voit contrainte d'imposer de nouvelles restrictions qui risquent de peser sur la consommation. Outre-Rhin, l'accès aux restaurants, commerces non essentiels et lieux de culture est désormais interdit aux non-vaccinés.

A titre de comparaison, la France affiche un taux de 75,5% de la population totale disposant d'un schéma vaccinal complet alors que la couverture vaccinale s'élève à près de 68% en Allemagne et 64,5% en Autriche, selon des données officielles.

Aussi, la chancelière allemande sortante Angela Merkel a préconisé jeudi l'instauration d'une obligation vaccinale à compter du mois de février en Allemagne face à l'épidémie. Le Conseil national d'éthique allemand devra rédiger le projet de loi, qui sera débattu et voté par le Bundestag d'ici au mois de février.

Lire aussi 3 mnAllemagne : malgré la recrudescence du Covid-19, le chômage poursuit (pour l'instant) sa baisse

 (Avec Agences)

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Commentaires 6
à écrit le 07/12/2021 à 7:09
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Les gérontocraties montrent ici leurs limites. A force d'être obsédés par la mort, ces personnes âgées paralysent leurs pays

à écrit le 07/12/2021 à 4:53
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Après Papa Schulz, Papa Scholz ?

à écrit le 07/12/2021 à 1:46
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Taux de l'inflation allemand 6,5%, pas 5.

à écrit le 06/12/2021 à 14:15
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l’industrie allemande est en panne depuis un moment. baisse du nombre d’entreprises manufacturières depuis au moins 2009, alors que cela grimpe en France (Business Demography statistics, Eurostat). le taux d’investissement des sociétés industriel...

le 07/12/2021 à 17:32
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Vous avez peut être raison, mais dans les faits, les emplois industriels de France se détruisent et ceux en Allemagne se consolident ou se maintiennent. Seul le résultat compte.

à écrit le 06/12/2021 à 13:54
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"en plus de devoir instaurer de nouvelles restrictions" Ben oui le variant omicron expose que le covid s'étiole mais il faut encore plus séquestrer ballonner et punir. Logique qu'on vous dit ! TOUT VA BIEN EN UERSS EMPIRE PRÉVU POUR DURER MILLE ANS...

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