Union européenne : passe d'armes entre Victor Orban et Josep Borrell
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Le Premier ministre Victor Orban
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Les relations entre l'Union européenne et la Hongrie s'enveniment. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a rappelé samedi à Viktor Orban, présent au sommet de l'Organisation des Etats turciques, qu'il représentait la Hongrie et pas l'Union européenne, dont son pays assure la présidence tournante depuis le premier juillet. Après la Belgique, la Hongrie prend les manettes dans un contexte particulièrement houleux. Les dernières élections européennes ont donné une large place aux partis nationalistes et conservateurs. Une configuration qui devrait pousser les institutions européennes au bras de fer avec les gouvernements eurosceptiques.
"La participation du Premier ministre Viktor Orban au sommet informel de l'Organisation des États turciques à Choucha les 5 et 6 juillet a eu lieu exclusivement dans le cadre des relations bilatérales entre la Hongrie et cette organisation", a déclaré M. Borrell dans un communiqué. Cette mise en garde intervient après une visite à Moscou de Viktor Orban - dont le pays assure la présidence tournante de l'UE depuis le 1 juillet - qui a provoqué un tollé à Bruxelles.
"Sommes-nous autorisés à dîner ou avons-nous également besoin d'un mandat du Conseil européen pour cela ?", a aussitôt ironisé le directeur politique de M. Orban sur X. L'Organisation des États turciques est une organisation internationale regroupant les États de langues turciques, fondée en tant que Conseil turcique en 2009 par l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Turquie. La Hongrie en est devenue un État observateur en 2018.
Selon M. Orban, cette organisation proche d'Erdogan est "un pilier essentiel de la coopération Est-Ouest", a déclaré un de ses collaborateurs sur X.
L'UE a rejeté en 2022 des déclarations de la Turquie sur l'adhésion de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord comme membre observateur de l'organisation.
"L'Union européenne rejette les tentatives de l'Organisation des États turciques de légitimer l'entité sécessionniste chypriote turque, la soi-disant +République turque de Chypre-Nord+, non reconnue au niveau international, en tant qu'observateur" au sein de l'organisation, a réitéré M. Borrell samedi.
Le pays de Viktor Orban a pris lundi la tête du Conseil de l'Union européenne pour six mois et a promis, face aux craintes à Bruxelles, d'agir avec "impartialité".
Dérives antidémocratiques et liens avec le Kremlin malgré l'offensive russe en Ukraine: la présidence hongroise suscite le malaise au sein du Parlement européen et chez plusieurs Etats membres, au moment où la France inquiète aussi, avec une extrême droite aux portes du pouvoir.
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A Bruxelles pourtant, l'humeur était "joyeuse" lundi, selon les mots du Premier ministre hongrois, tout sourire après la cérémonie de passation avec le Premier ministre belge Alexander De Croo. "Tout le monde est ravi que ce soit à notre tour de rendre sa grandeur à l'Europe" (Make Europe Great Again), a-t-il écrit sur X, reprenant le décrié slogan trumpien choisi par Budapest.
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Le gouvernement Orban s'est dit prêt à assumer "les obligations et responsabilités" de sa mission qui court jusqu'en décembre. "Nous agirons en tant que médiateur impartial", a affirmé le ministre des Affaires européennes Janos Boka.
(Avec AFP)
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