Zone euro : ça repart enfin !

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(Crédits : RALPH ORLOWSKI)
L'économie européenne a retrouvé quelques couleurs en 2017. Mais les incertitudes politiques et la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages peuvent freiner la reprise.

D'après les derniers chiffres du cabinet de conseil Markit, « la zone euro a connu, en 2017, sa plus forte expansion économique depuis dix ans, les excellents résultats enregistrés en décembre venant dissiper les craintes, très répandues, relatives à l'incertitude politique actuelle et aux effets négatifs qu'elle pourrait avoir sur la croissance ».

Et l'avenir porte à l'optimisme. Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, la croissance de la zone euro devrait atteindre 2,2% et celle de l'Union européenne 2,3 % en 2018. Des chiffres qui dépassent largement les premières prévisions du printemps 2017. Malgré les craintes récurrentes des eurosceptiques et les critiques des europhobes, l'embellie de l'économie européenne devrait se poursuivre en 2018.

Les dernières prévisions de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) signalent que la croissance devrait légèrement ralentir cette année. Christophe Blot, le directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, semble néanmoins confiant :

« On prévoit une croissance à 2,4% en zone euro pour 2017 et une légère décélération en 2018, mais elle reste malgré tout très bien orientée. Pour 2018, le scénario est bien enclenché avec une estimation autour de 2%, en léger recul avec une reprise qui se maintient depuis 2015. »

Cette croissance moindre serait en lien avec le ralentissement de l'activité en Allemagne et en Espagne. Outre ces bonnes perspectives, l'économiste tient à souligner que la croissance n'est pas tirée par un seul pays.

« C'est une croissance qui se généralise et s'harmonise dans un contexte international favorable et une reprise du commerce mondial. »

Et si l'Allemagne demeure le principal moteur de la croissance, « c'est bien l'ensemble des pays qui contribue à l'accélération de cette reprise ».

Le Fonds monétaire international (FMI) explique à ce sujet que, dans la zone euro, la croissance n'avait pas été aussi homogène en près de vingt ans.

Par ailleurs, le centre de recherche français prévoit que les politiques budgétaires devraient se montrer moins restrictives dans les pays de l'union monétaire. Ce qui pourrait être favorable à l'investissement public, bien que de nombreuses incertitudes subsistent.

La politique favorable de la BCE

À moyen terme, les perspectives économiques de la zone euro restent modérées. Selon le FMI, la croissance potentielle prévue pourrait être freinée par la faiblesse de la productivité, une évolution défavorable de la démographie et, dans certains pays, par le surendettement public et privé.

Les moteurs de cette croissance dans la zone euro demeurent la demande intérieure et l'investissement des entreprises, selon l'OFCE. La politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne, « qui maintiendrait ses rachats de titres jusqu'à fin 2018, est également un facteur important » pour comprendre cette croissance. Cela permettrait ainsi de conserver des conditions d'accès aux crédits favorables au PME européennes pour que ces dernières puissent investir.

Le marché du travail devrait également être favorable pour l'année à venir. L'OFCE s'attend ainsi à une réduction du taux de chômage en 2018. Il pourrait passer de 8,6 à 8,4% d'ici à la fin de l'année en zone euro. Cette baisse pourrait néanmoins se faire à un rythme moins soutenu qu'en 2017, notamment parce que le chômage a bien baissé dans certains pays, en Allemagne par exemple. La réduction devrait cependant se poursuivre dans des pays comme la Grèce ou la France. Cette dynamique pourrait aussi s'accompagner d'un recul du chômage des jeunes et des seniors. Mais si beaucoup d'indicateurs relatifs à l'emploi sont au vert, les séquelles de la crise de 2007 restent bien présentes dans plusieurs pays. Le taux de chômage est toujours supérieur à son niveau d'avant-crise (9% en 2017, contre 7,3% fin 2007) dans la zone monétaire.

En revanche, quelques facteurs pourraient peser sur la croissance européenne. L'impact du Brexit sur la zone euro devrait être modéré, « même s'il reste encore beaucoup d'incertitudes », souligne l'OFCE. En outre, la situation politique incertaine en Allemagne - avec l'entrée de l'extrême droite au Bundestag -, la délicate situation politique en Espagne et les élections italiennes pourraient également contribuer à ralentir cette croissance.

Enfin, selon le cabinet Markit, la principale interrogation pour 2018 porte sur les conséquences possibles des forts taux de chômage et « de la persistance des capacités disponibles dans de nombreux pays de la région » qui continue à peser sur des salaires ».

Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit, estime que « la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages pourrait en effet représenter un frein à l'inflation des prix à la consommation, nous rappelant que les plaies ouvertes par la crise financière mondiale, puis la crise de la dette de la région, ne se sont pas encore refermées ».

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Commentaires
a écrit le 18/01/2018 à 6:59 :
Non, y'aura pas d'avenir pour l'Europe tant qu'elle se laissera arnaquer par les Etats-Unis, notamment dans le domaine militaire, les GAFAM ou encore l'électronique.
Ou encore qu'elle acceptera tout de la Chine pour pouvoir y exporter.
Ou encore qu'elle passera des accords de libre-échange discutable, comme avec le Canada.
Il suffit d'étudier les sommes que vont reverser aux Etats-Unis les multinationales US, notamment sur les bénéfices en grande partie issus du pillage de l'EU pour connaître les ba*sés. L'arnaque de Trump pour sauver ses multinationales attaquées de partout est belle ! Il faut que l'UE, 1ère économie mondiale (investissements, exportations, importations, PIB, etc.) arrête de tergiverser, et commence par faire la grande lessive chez elle, Pays-Bas, Irlande, Chypre, etc. Ensuite La City et tous ses paradis satellites, et puis légiférer sérieusement pour contrer le Trump, et se donner les moyens de contrer. Ca n'avance pas ou si ça avance, c'est bien trop lentement. Pour cela il faudrait certainement changer la gouvernance de l'EU qui ne cesse de démontrer son inefficacités ! L'Europe a toujours plusieurs train de retard alors qu'elle devrait mener la danse !
a écrit le 17/01/2018 à 19:06 :
Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de « modèle allemand ». La crise politique qui frappe la République fédérale n’ébranle pas seulement la Chancelière. Quels que soient les replâtrages politiciens auxquels nous assisterons, il faut bien voir que c’est l’ensemble du système allemand qui est touché. Ce système se caractérise par sa brutalité : destruction de l’économie est-allemande après la réunion des deux Allemagne ; « réformes » organisant de manière parfaitement délibérée l’appauvrissement d’une partie de la population allemande, exploitation néocoloniale des marches polonaise, tchèque, slovaque ; destruction de l’économie et de la société grecques sur le mode de la punition et du pillage ; importation massive de migrants pour casser encore plus le marché du travail.

Cela se retourne contre Angela Merkel, Wolfgang Schäuble et Martin Schulz sous forme de résultats électoraux décevants ou désastreux pour la CDU et le SPD, et tous s’inquiètent de la percée de l’Alternative für Deutschland dont ils sont directement responsables. Alors ? On ne va pas pleurer. Un gouvernement français délivré des fictions européistes et des niaiseries germanophiles profiterait de l’affaiblissement du gouvernement allemand pour lui signifier que la prétendue « monnaie unique » est un échec et pour annoncer à Berlin, Francfort et Bruxelles que le moment est venu d’en tirer les conséquences.

Emmanuel Macron et son équipe souhaitent au contraire que la Chancelière sorte le plus vite possible du pétrin pour la convaincre d’une réforme de la zone euro dont elle ne veut pas et qui n’a d’ailleurs aucun sens. Quels que soient les réaménagements de l’usine à gaz ouest-européenne, aucun projet économique et social de sortie de crise ne peut être mis en œuvre tant que l’euromark continue d’exister. L’explosion de la zone euro sera une délivrance pour la France, pour l’Italie, pour la Grèce, l’Espagne, le Portugal… qui pourront alors mettre en œuvre des politiques concertées de développement, hors des logiques meurtrières de l’équilibre budgétaire, de l’endettement public, du libre-échange et de la libre circulation des capitaux. Faire sauter la zone euro, c’est en effet déclencher une réaction en chaîne qui détruira les gouvernances oligarchiques et les principaux points d’application de l’ultralibéralisme.
Réponse de le 18/01/2018 à 13:33 :
Combien des francs, lires, pesetas, escudos a payer pour un barril de petrole, apres un extintion eventuelle de l'euro? Combien se reste du valeur de votre epargnes? Le valeur du nouvelles monnaies se basent sur l'economie reelle, vos dettes inclus. Donc pas plus de change de tricher ni de chantage.
a écrit le 17/01/2018 à 15:27 :
Faut relativiser. 2,3% de croissance c'est juste correct. On peut parler de croissance et d'expansion quand on est à 4 ou 5% de croissance comme les pays d'Asie.
a écrit le 17/01/2018 à 14:12 :
Qu'est-ce qui repart, la misère ou les bonus des riches, bien sur les deux mon Général. Repos.
a écrit le 17/01/2018 à 10:04 :
comprends pas comment on peut dire que l'Allemagne est un moteur au vu des éléments suivants :
- déclin démographique avancé
solde naturel négatif depuis 1972 d'après Destatis ; la population avait commencé à régresser en 2004 d'après Eurostat.
le taux d'émigration des Allemands est assez supérieur à celui des Français, y compris chez les très qualifiés/"highly educated" (Connecting with Emigrants 2015, OCDE). Die Welt a fait un article en 2015 sur les départs importants d'Allemands qualifiés entre 2004 et 2013 (Deutschlands Talente Verlassen in Scharen das Land, 10/03/2015). l'arrivée massive des migrants ne doit pas aider à ralentir ce phénomène.
- dumping social
cf. article du FT montrant la grande divergence entre la productivité et les rémunérations depuis 1995 (Why German wages need to rise - and fast, Financial Times, 11/2016).
- pourcentage élevé de travailleurs bas salaires à 22,5% contre 8,8% en France (Eurostat).
- faible investissement public depuis plus de 10 ans
autour de 2%, contre 3,5 à 4% en France (Eurostat).
- investissement des entreprises ralenti
taux d'investissement des sociétés non financières inférieur au taux français depuis plus de 10 ans. 20% en 2016 contre 23,5% en France (Eurostat). les entreprises allemandes investissent de plus en plus à l'étranger du fait du déclin démo. d'après Olaf Gersemann (Die Welt).
- pauvreté qui a augmenté (Eurostat).
- faible dépense de Défense
1,2% PIB contre 2,3% en France (SIPRI). 12% de la dépense pour l'équipement contre 25% en France (OTAN).
- faibles retraites
etc...

c'est plutôt la France le moteur. d'ou le déficit commercial.
Réponse de le 17/01/2018 à 16:39 :
De moindre depenses mais pour autant d efficacité, c’est ce qui fait la différence
Réponse de le 21/01/2018 à 22:00 :
Et encore les Allemands émigrent très peu car leur niveau en langues étrangères est très mauvais et l'Allemand se limite à 100 millions d'habitants, quand à nous malgré tout nous sommes des polyglottes naturels quoi qu'on dise, latin de base, structure de l'Anglais proche, ce qui explique les millions de Français vivant à l'étranger avec de bons emplois.
Si les Allemands émigraient comme nous, ça serait la Bérézina chez-eux.
Quand à mon avis c'est que je joue sur un serveur de jeux international, pas plus d'un Allemand ou Russe sur 10 est capable de communiquer en Anglais (ou en Français), alors que 90% des français sont capables de le faire.
a écrit le 17/01/2018 à 9:06 :
"L'UE de Bruxelles" n'est que concurrence entre les états membres alors que "l'euro" demande a être une coopération comme pour tout État ayant sa propre monnaie! Contradiction qui ne pourra se terminer que par l'éclatement de l'un et de l'autre!
Réponse de le 17/01/2018 à 14:28 :
L'Union Européenne on peut y rentrer mais on n'a pas le droit d'en sortir, on peut dire oui lorsqu'il y a un référendum mais pas dire non et nos gouvernements ne sont là que pour faire appliquer les ordres de Bruxelles. Notre identité est bien rangée dans les cartons de cette Grande Europe Fraternelle (oublions quelle se fissure de toute part Angleterre-Catalogne-Corse-Hongrie-Pologne-Hollande-etc.)
a écrit le 17/01/2018 à 9:01 :
"la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages pourrait en effet représenter un frein à l'inflation des prix à la consommation,"

Mais qu'est-ce qu'ils font ces consommateurs c'est quand même hallucinant de mettre autant de mauvaise volonté hein ! Achetez bon sang depuis le temps qu'on vous le dit !

Jamais les riches n'ont été aussi riches ils devraient être contents les français et s'endetter d'autant pour alimenter les caisses des multinationales et de l'état qui redistribue aux riches ensuite...

Mais à tout les coups c'est de la jalousie oui !

"De plus en plus de troubles psychiques au travail" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1F521Z/de-plus-en-plus-de-troubles-psychiques-au-travail.html
Réponse de le 17/01/2018 à 14:17 :
Je te trouve très pessimiste pour le coup, il est pour le plus étonnant la non consommation que tu mets en avant, mais il est possible de consommer, certes pas en France mais en Europe oui.
Réponse de le 18/01/2018 à 9:09 :
Votre commentaire est vraiment brouillon, que voulez vous dire svp ?

Pourriez vous vous expliquer plus clairement ? Merci.

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