Zone euro : les crédits aux entreprises se contractent pour la première fois depuis 2015

Les crédits accordés aux entreprises en zone euro ont reculé sur un an en octobre, une première depuis 2015, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt, a indiqué mardi la Banque centrale européenne.
Le nombre de prêts aux entreprises a marqué le pas en octobre avec une baisse de 0,3% sur un an.
Le nombre de prêts aux entreprises a marqué le pas en octobre avec une baisse de 0,3% sur un an. (Crédits : Pixabay/Raten-Kauf)

C'est confirmé, le marché du crédit est grippé. Le nombre de prêts aux entreprises a marqué le pas en octobre avec une baisse de 0,3% sur un an, selon les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE). Il s'agit d'un premier recul du nombre de crédit depuis 2015. En septembre, en effet, la production de crédit avait augmenté en zone euro de 0,2%.

Pour les ménages, l'évolution reste positive quoiqu'en retrait : les prêts ont progressé de 0,6% sur un an, contre 0,8% en septembre. Les crédits pour l'achat d'un logement accusent un repli de 3%, poursuivant la plus mauvaise série négative dans la série statistique de la BCE disponible depuis 2011.

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« Aucune justification » à l'augmentation des refus de crédit selon la Banque de France

Premières pointées du doigt dans le grippage du système du crédit aux particuliers, les banques, notamment en France, se plaignent d'avoir trop de barrières tels que le taux d'usure ou le taux d'endettement maximal autorisé.

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Pourtant, selon le gouverneur de la Banque de France, le nombre de refus de crédits immobiliers n'est pas à remettre en cause dans le ralentissement de l'octroi de ces derniers, tombés à un « point bas » de 9,2 milliards d'euros en septembre, à des niveaux d'avant la mise en place d'une politique monétaire « ultra-accommodante » en 2015.

« Le taux de refus des banques, à risque égal, ne devrait pas augmenter. Soyons clairs, ce taux n'est pas précisément mesuré, et ceci justifie sans doute beaucoup d'interprétations et de suspicions », a relevé François Villeroy de Galhau en ouvrant la conférence annuelle de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) le 17 novembre. Pour ce dernier donc, « il apparaît nécessaire et d'intérêt collectif de mieux suivre ces taux de refus ».

Néanmoins, le banquier central a défendu le taux d'endettement maximal, fixé à 35% et sur une durée maximale de 25 ans, fixé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Pour ce dernier, les règles de l'institution ont « rempli (leur) mission » pour endiguer le surendettement et qu'il y avait des marges de flexibilité.

Dans un courriel transmis à l'AFP, la Fédération bancaire française (FBF) rappelle que « depuis plusieurs mois, la demande de crédit des ménages diminue nettement, sous l'effet de la hausse des taux (...), alors que les prix de l'immobilier et l'offre de logements étaient stables ».

Vers une baisse des taux en 2024?

La politique monétaire de la BCE qui a monté ces taux de 0% au début 2022 à 4% et 4,75% aujourd'hui, soit au plus haut depuis 1999 a néanmoins décidé en octobre de laisser ses taux inchangés. L'institut a ainsi rompu avec une série de dix hausses d'affilée depuis juillet 2022, alors que l'inflation en zone euro a été plus que divisée par deux en un an, pour atteindre 2,9% en octobre.

Cette pause devrait conduire à desserrer les conditions de crédit aux entreprises et ménages, même si les données d'octobre ne le laissent pas encore entrevoir. Utilisée par la BCE comme indicateur avancé de l'inflation, la masse monétaire M3 a de son côté reculé de 1,0% en octobre, après 1,2% en septembre. L'agrégat comprend les espèces en circulation, les crédits à plus de deux ans ainsi que les dépôts des ménages et des entreprises. D'ailleurs, la contraction de cet indicateur, entamée en juillet, prouve que la politique restrictive de l'institution porte ses fruits.

Les aspirants propriétaires devront néanmoins se montrer patients. La présidente de la BCE Christine Lagarde a rappelé lundi 27 novembre, devant le Parlement européen qu'il n'est « pas encore temps de crier victoire » malgré la baisse de l'inflation en zone euro. La dirigeante a également signalé que des baisses de taux n'étaient pas à attendre prochainement.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 28/11/2023 à 23:01
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Ben! C'est la fin de l'Inflation... et le début de la Stagflation. Raymond! Mon Dieu! Dites quelque chose!

à écrit le 28/11/2023 à 18:46
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Quelle surprise!🤡

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