« Nous attendons avec impatience des grands projets structurants » (Vincent Martin, président de la FRTP de BFC)

REGIONALES BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ. Dans le cadre de la campagne, le président de la Fédération des Travaux Publics de Bourgogne-Franche-Comté met l’accent sur les contrats de plan État-Région (CPER) qui ont pris du retard avec la crise sanitaire. Vincent Martin insiste sur leur nécessaire accélération.

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(Crédits : FRTP BFC)

La Tribune. Le secteur des Travaux Publics en Bourgogne-Franche-Comté représente 11.000 emplois répartis entre 1.100 entreprises. Comment se porte le secteur des TP dans notre région ?

Vincent Martin. Le secteur des Travaux Publics se porte bien sur les petits travaux. On parle beaucoup des élections Régionales en ce moment, mais les Départementales sont aussi très importantes pour notre secteur car les travaux de proximité qui alimentent une grande partie de nos entreprises sont souvent lancés par les départements ou les Communautés de communes. Ce volet a été très efficace depuis 2020 car nous avons rattrapé le retard pris suite à la crise sanitaire.

Quel bilan tirez-vous de ce dernier mandat ?

Sur le plan de la formation professionnelle, la Région a tenu ses engagements en termes d'investissements. Une des particularités de notre territoire est que notre Profession bénéficie de ses propres centres de formation. Un outil de formation très performant : l'École des travaux publics de Bourgogne-Franche-Comté qui compte plus de 400 apprentis répartis sur huit sites de formation. La Région octroie des budgets pour acheter des équipements, comme des simulateurs ou des engins de chantier neufs afin que nos jeunes - ou moins jeunes - en formation continue puissent apprendre sur des outils modernes.

En revanche, sur le plan de l'aménagement du territoire, nous avons une certaine impatience sur les grands projets structurants de la région. Nous attendons beaucoup de ce contrat de plan État-région (PCER) qui a démarré en 2015 et qui aurait dû se terminer en 2020. Il a été prolongé de deux ans afin de rattraper son retard. La Région a un rôle déterminant dans le fléchage des budgets pour les grands projets structurants, qu'ils soient ferroviaires, fluviaux, routiers et autoroutiers afin d'accélérer leurs lancements.

Quels grands chantiers dans la région symbolisent le renouvellement des infrastructures induites par le plan de relance (l'État a mobilisé 3,8 milliards pour soutenir l'investissement des collectivités) ?

Le plan de relance s'est concentré essentiellement sur la rénovation énergétique dans le Bâtiment. On ne peut pas dire qu'en Bourgogne-Franche-Comté, l'effet du plan de relance sur les Travaux Publics ait été positif. Nous attendons encore le lancement de gros chantiers. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Vous proposez une relance verte, capable de créer 2.000 emplois supplémentaires, les entreprises sont-elles prêtes à s'engager ?

La Profession est engagée dans la transition écologique depuis plusieurs années et propose des solutions innovantes et adaptées aux enjeux environnementaux.

Nous avons été précurseurs sur le recyclage des matériaux utilisés sur les chantiers qui sont retraités, recyclés, réutilisés. Toutefois, les avancées porteront surtout sur les matériels que nous utilisons. Aujourd'hui, les constructeurs ne sont pas encore prêts à nous faciliter la tâche. Nous utilisons de l'hybride, mais on ne peut pas utiliser de matériels à moteur électrique ou hydrogène. La technologie n'est pas encore au point.

Quelle est votre vision de la branche professionnelle à court et moyen terme ?

Nous avons des prévisions d'embauche liées aux départs en retraite ou à un accroissement de l'activité. Ce dernier critère passera surtout par l'accélération des CPER, mais, pour l'instant, cela ne se fait pas ressentir. Actuellement, nous vivons sur des acquis qui donnent un peu de perspectives à nos entreprises car les collectivités auront toujours besoin de renouvellement d'infrastructures ou de travaux de proximité, tels que les canalisations ou les réseaux d'eau, ou encore le numérique pour les cinq prochaines années avec le déploiement fibre optique.

Cependant, nous attendons de grands projets structurants qui sont le fil conducteur de nos entreprises ! Quand la RCEA sera terminé en 2023, il faudra se pencher sur d'autres projets comme la RN7, la fin du contournement de Besançon (Doubs), et la déviation de Pontarlier (Haut Doubs), la déviation de Sens (Yonne). Il faut absolument accélérer le lancement de ces projets, soit dans le cadre du CPER, soit dans le cadre d'un co-financement de la Région avec l'État ou les départements.

Que demandez-vous au futur président de région ?

Avant tout, c'est l'attractivité de notre région qui doit être le fer de lance du ou de la future président-e de région. Notre Région Bourgogne Franche-Comté regorge d'atouts et d'un fort potentiel de développement. Ce développement passe obligatoirement par un réseau d'infrastructures de qualité déployé sur l'ensemble de nos territoires. Sans cela, nous serons toujours happés par les autres régions qui nous encerclent.

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Commentaires 3
à écrit le 17/06/2021 à 8:22
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Tout le monde attend en UE ne s'étonnant même plus que notre économie s'effondre. Bah ils attendent qu'elles repartent !

à écrit le 16/06/2021 à 12:09
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Du béton, encore du béton, toujours du béton hoooooooo oui !!!!!!!!!!!

le 16/06/2021 à 13:01
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A quand le béton "vert" ? Ça produit une quantité énorme de CO2, la fabrication du ciment. Recycler des matériaux de démolition, c'est une étape utile mais cosmétique. Faisons des ponts en bois, c'est joli le bois (mais s'altère au fil du temps).

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