Pour Nicolas Tronchon, fondateur de la société nantaise TransWay, éditeur de solutions numériques intelligentes pour améliorer la qualité de services dans les transports et réduire l'empreinte carbone des usagers, deux sujets mériteraient une attention plus grande de la région, à savoir les transports et le numérique. « TransWay est à la croisée des chemins entre l'utilisateur et les retailers, des opérateurs de transport qui mettent en œuvre nos solutions dans les villes et agglomérations. Or, aujourd'hui, le versement Mobilités - contribution locale des employeurs recouvrée par l'Ursaff- aux villes et aux métropoles crée des distorsions de fonctionnement sur le territoire et nous obligent à mettre en œuvre des compétences mutualisées pour offrir une qualité de services harmonisée. Le versement mobilité est une vraie manne pour les collectivités où, comme à Nantes, cela représente plus de 35% de ses ressources transports. Mais ça aurait plus de sens que la région, qui a récupéré la compétence de la mobilité, ait les moyens de développer un vrai réseau régional. C'est un vrai sujet de gouvernance. Qui doit prendre le pouvoir en termes de décisions et de financement? Là-dessus, je n'ai entendu personne s'exprimer. Centraliser le versement Mobilités à la région aurait du sens, car il y a un besoin massif d'investissements dans les transports », constate-t-il, après avoir déployé sa solution www.ecomotive.fr auprès des abonnés au TER dans les Pays de la Loire. Le principe ? Selon le nombre de trajets effectués et le mode de transport utilisé (Train, bus, co-voiturage, vélo...), l'usager engrange des points, qui sont échangés sous la forme de remises chez les commerçants, de bons d'achats, des chèques cadeaux ou de points de compensation CO2. « Le problème, c'est qu'au-delà des principaux axes, il manque de nombreuses bornes de validation dans les gares et les stations. On perd, ainsi, toute la valeur des plans de collecte des données de déplacement que l'on met en œuvre », regrette Nicolas Tronchon, non moins critique envers le numérique. « Il serait temps d'investir dans nos propres infrastructures de transactions. D'ici à trente ans, 60% à 65% des transactions commerciales seront digitalisées. Aujourd'hui, qui pilote le marché ? Google Amazon, Facebook... d'où viennent leurs ressources ? du stockage de données et des transactions. Alors peu importe de savoir, si un entrepôt doit être implanté, ici ou là, c'est un faux problème. Ce qui compte, c'est le stockage des données et les transactions. C'est ça qui leur rapporte parce que toutes les données des marketplaces créées localement sont majoritairement hébergées aux Etats-Unis. Si on ne prend pas ce tournant en investissant dans des infrastructures et autoroutes numériques, c'est Amazon qui le fera. C'est un vrai sujet de fond économique et environnemental dont la région ne pourra pas faire l'économie. Je ne suis pas rentré en profondeur dans tous les programmes électoraux, mais je n'ai vu personne s'emparer de ces sujets. Or, il y a là, de vrais trous dans la raquette. La région, dira, sans doute, ce n'est pas ses compétences, mais dans trente ans ce sera quoi les compétences de la région ? », interroge l'entrepreneur nantais.