Deux lots ferroviaires, soit quatre lignes de transport de voyageurs à l'ouest de Strasbourg et au sud de Nancy, seront ouverts à la concurrence début 2023. L'exécutif régional entend réinjecter les économies dans un renforcement des fréquences des circulation de TER. Dans cette perspective, chaque candidat avance ses propositions.Le sujet ressemblait à une pure affaire de techniciens, mais il a pris dans le Grand-Est une orientation politique. Les opposants à Jean Rottner, président sortant (LR) du Conseil régional, s'y sont tous engouffrés. Fallait-il placer la SNCF en concurrence avec des opérateurs alternatifs pour le transport régional de voyageurs ? Selon l'exécutif sortant, la réponse n'a pas changé : c'est "oui".
Annoncée en décembre 2019, la mise en concurrence de l'exploitation des TER entrera en phase opérationnelle dans le Grand-Est au premier semestre 2023. Deux lots ferroviaires, soit quatre lignes, seront dès lors opérés selon un modèle intégré : le matériel roulant, l'infrastructure et le personnel n'appartiendront plus à la SNCF. Le premier lot porte sur la ligne entre Nancy et Contrexéville, dans les Vosges, fermée à la circulation depuis décembre 2016 et sur laquelle l'infrastructure, jugée très dégradée, est à reconstruire intégralement. Le deuxième lot comprend la ligne Epinal-Saint-Dié, fermée, mais qui sera rouverte et exploitée temporairement par la SNCF dès décembre 2021. Strasbourg-Saint-Dié et Strasbourg-Barr-Sélestat, qui dessert notamment l'aéroport d'Entzheim, sont également concernées.
Une année de retard
"La région n'était pas équipée pour établir ces contrats. Le process a pris au moins un an de retard sur les deux premières lignes", calcule François Giordani, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) pour le Grand-Est. Le calendrier est désormais fixé et plusieurs opérateurs alternatifs, dont Transdev adossé au groupe de travaux publics NGE et à la Caisse des Dépôts, se sont déclarés intéressés. "L'expérience allemande le prouve, il est possible de produire des trains 30 % moins chers. Pour nous, dans le Grand-Est, le pari consistera à produire davantage de trains pour un coût stabilisé. Les économies seront donc réinvesties dans des commandes d'offre supplémentaire", propose David Valence, vice-président sortant du Conseil régional en charge des transports. Sur Nancy-Contrexéville, la région aimerait favoriser l'exploitation d'un matériel roulant léger, sur une infrastructure moins coûteuse, et expérimenter des trains à hydrogène "à mi-parcours de la concession" prévue pour 22 ans. Un troisième lot dit "transfrontalier", comprenant des lignes en direction de l'Allemagne situées au nord de Strasbourg et à l'est de Metz, sera ouvert à la concurrence en 2026.
Olivier Mirguet, à Strasbourg