Régionales : en Centre Val de Loire, la victoire sans appel de François Bonneau

ORLEANS (45). La réélection du président socialiste sortant, François Bonneau, avec 39,1% des suffrages, permet de tirer plusieurs enseignements d’un scrutin encore moins suivi dans la région de Rabelais qu’à l’échelle de l’Hexagone.

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A 67 ans, François Bonneau assurera son troisième et probable dernier mandat à la tête de l'exécutif régional.
A 67 ans, François Bonneau assurera son troisième et probable dernier mandat à la tête de l'exécutif régional. (Crédits : Reuters)

C'est l'abstention, de près d'un point supérieure en Centre Val de Loire (66,6%) à la moyenne française (65,7%), qui constitue la première leçon des élections régionales sur le territoire. Dans ce contexte, la victoire sans appel de François Bonneau reste relative. Le président sortant, qui se représentait à 67 ans pour un troisième mandat, n'a rassemblé derrière sa liste que 10% des inscrits en Centre Val de Loire. Pour autant, le candidat socialiste, soutenu par Europe Ecologie Les Verts et La France insoumise entre les deux tours, voit son bilan récompensé par le vote des électeurs. Ils votent pourtant majoritairement à droite dans les six départements de la collectivité. La région est notamment parvenue à maintenir un niveau de chômage inférieur à la moyenne de l'Hexagone. Le Centre Val de Loire, même privé de grandes métropoles, reste attractif. Président de gauche modérée clairement pro-business, France Bonneau a de ce fait rassemblé au-delà de son camp comme en atteste son résultat du second tour notamment. Il amplifie ainsi les scores additionnés de sa liste et de celle de Charles Fournier (EELV, LFI). Pas d'usure du pouvoir non plus pour le numéro un de l'exécutif : il réalise trois points de plus par rapport à 2015.

Marc Fesneau, meilleur score des candidats macronistes

Le troisième enseignement du scrutin après l'abstention et le bilan de l'équipe sortante est la dynamique portée par l'union. Au soir du second tour, Michel Sapin, prédécesseur de François Bonneau et ancien ministre des Finances, a rappelé qu'elle avait été le gage de la victoire, autour d'une force principale, en l'occurrence le part socialiste. En arrivant en ordre dispersé dimanche, le LR Nicolas Forissier (22,6%) et le centriste Marc Fesneau (16%), ont en eu aussi la confirmation. Sans leur désunion, le bloc des forces libérales aurait été en capacité de faire trébucher François Bonneau. Le total cumulé de leurs voix a atteint 38,8%. Cette absence de dynamique commune, dont les torts sont rejetés de chaque côté, s'est révélé mortifère pour eux. Maigre consolation lancée dimanche soir par le député Modem du Loiret, Richard Ramos, un des principaux soutiens de Marc Fesneau : le ministre chargé des relations avec le parlement a réalisé le meilleur score des dirigeants macronistes en France.

Quatrième leçon de l'élection, le recul du Rassemblement national et son manque d'implantation sur le territoire. Annoncé en tête à 28% par un sondage d'Ipsos fin mai, son candidat, Aleksandar Nikolic, a perdu près six points au premier tour avec 22,2% des voix. Sans réserve électorale, cet inconnu du grand public est resté bloqué dimanche à 22,7% des suffrages, loin des 30% réalisés en 2015 par le parti de Marine Le Pen. Comme dans les Pays de la Loire voisin, les candidats du parti de Marine Le Pen devront confirmer leur ancrage local avant de prétendre emporter l'adhésion des électeurs.

Troisième mandat périlleux

Le dernier enseignement du scrutin régional concerne les chantiers à venir de l'équipe sortante. Le troisième mandat de François Bonneau pourrait s'annoncer périlleux en raison de son alliance avec la gauche de la gauche entre les deux tours. Si Charles Fournier était déjà vice-président du précédent exécutif régional, l'arrivée de deux nouveaux conseillers régionaux de la France insoumise pourrait changer la donne à terme. Non majoritaire avec ses seules troupes, la gauche « sociale-démocrate » incarnée par François Bonneau pourrait ainsi voir entravés certains des projets de la future mandature. Dans ces conditions, le fait pour François Bonneau d'évoquer dès dimanche dans son QG d'Orléans face à ses partisans « la transition écologique comme l'un des paramètres essentiels du développement des entreprises du territoire » n'était nullement le fruit du hasard.

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