C’est LE sujet qui rassemble l’ensemble des candidats à la présidence de la région : le développement de la filière hydrogène. Précurseur en la matière, la Bourgogne-Franche-Comté mise sur cette nouvelle énergie depuis vingt ans, mais c’est seulement maintenant que les premières recherches commencent à porter leurs fruits.Ce n'est pas un hasard si le français McPhy a annoncé en mai dernier sa volonté d'installer à Belfort, d'ici 2024, sa « Gigafactory » (usine géante) d'électrolyseurs, d'une capacité annuelle de 1GW. À la clé : 400 emplois directs sur le territoire.
Depuis 2016, la Bourgogne-Franche-Comté est labellisée « Territoires hydrogène » grâce à plusieurs projets de démonstration d'envergure mettant en œuvre le vecteur énergétique Hydrogène dans les territoires. C'est tout un écosystème entreprises-recherche-formation qui s'est développé autour de cette nouvelle économie, accompagné par les collectivités, les pôles et les clusters liés à la filière, afin d'atteindre l'objectif fixé de devenir un Territoire à Énergie Positive à horizon 2050. « Nous sommes reconnus comme une région pionnière sur cette filière stratégique », souligne Marie-Guite Dufay, présidente de la région. Candidate à sa réélection, elle n'est pas la seule à valoriser l'hydrogène au cours de sa campagne : ses rivaux, quelle que soit leur famille politique - Gilles Platret (LR), Julien Odoul (RN), Denis Thuriot (LREM), Stéphanie Modde (Pôle écologiste), ou Bastien Faudot (la Gauche républicaine) et Claire Rocher (FO) - s'accordent tous sur la nécessité d'investir dans cette technologie. Un consensus qu'on ne retrouve pas localement sur le dossier de l'éolien, par exemple.
Une solution face à la désindustrialisation ?
Fief de Peugeot et d'Alstom, la Bourgogne-Franche-Comté est la première région industrielle de France en termes de poids dans l'emploi (à égalité avec les Pays de la Loire). Toutefois, le temps où 40.000 ouvriers venaient pointer à l'usine Peugeot de Sochaux-Montbéliard est déjà loin. En quelques décennies, l'effectif a dégringolé pour atteindre 7.000 employés. À Belfort, un peu plus au nord, ils sont deux fois moins nombreux à travailler sur le site de General Electric, qui a connu 1.000 suppressions de postes depuis son rachat à Alstom, en 2015.