« On parle un peu de sécurité, d'écologie sociale... Mais quels sont les vrais enjeux pour le territoire au-delà du plan de relance ? Hier, on parlait de l'aéroport, aujourd'hui, c'est quoi le sujet structurant de la région. Je suis incapable de le dire ! », observe Martine Long, enseignante-chercheuse en droit public à l'Université d'Angers alors que dans les Pays de la Loire, la campagne a véritablement démarré avec l'annonce, le 7 mai dernier, de la candidature de la présidente sortante Christelle Morançais (LR).
« Enfin ! », réagissait Guillaume Garot, tête de liste du Printemps des Pays de la Loire (PS), qui avait ouvert de bal dès septembre dernier et la pressait depuis des semaines d'entrer dans la campagne. Une compétition où, selon une enquête nationale et régionale réalisée du 22 au 26 avril par le réseau Action Climat France et l'institut Harris Interactive, 78% des électeurs indiquaient que la question du climat sera déterminante dans leur vote. Dans les Pays de la Loire, 53% estiment que la région n'en fait « ni trop ni pas assez » et 42% considèrent « qu'elle n'en fait pas assez » sur ce sujet.
Selon l'étude, les attentes des Ligériens, calées sur les dynamiques nationales, portent sur des enjeux liés à la sécurité, l'emploi, l'éducation, la formation, l'apprentissage et le climat. Ce n'est donc pas un hasard si, d'entrée, la candidate LR a indiqué à la surprise générale qu'elle investirait 3 millions d'euros pour sécuriser le territoire. Un domaine pourtant loin des compétences de la région où « la campagne n'a, pour l'instant, pas décollé », observe le politologue Arnauld Leclerc, professeur de sciences politiques à l'Université de Nantes. Une campagne « terne et sans visibilité », selon ces observateurs de l'univers politico-régionale, où, outre Christelle Morançais et Guillaume Garot, se sont alignés l'écologiste Matthieu Orphelin (EELV, Génération écologie, Générations, LFI...), l'ex-ministre de la transition écologique et ex-président de l'Assemblée Nationale, François de Rugy, pour défendre les couleurs de la République en Marche (LREM), l'économiste et député européen Hervé Juvin (Rassemblement National), l'ex-conseillère régionale Cécile Bayle de Jéssé (Debout la France), le technicien au chantier de l'Atlantique Eddy Le Beller (Lutte Ouvrière) et la naturopathe Linda Rigaudeau (Un nôtre monde Pays de la Loire). Ils sont, désormais, huit (trois femmes, cinq hommes) sur la ligne de départ.