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PSA et la Bourse jouent au chat et à la souris

Pascale Besses-Boumard

Publié le 01 mars 2012 à 13:40

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Moody's a placé le groupe français en catégorie "junk bonds" invoquant des résultats décevants. Les investisseurs se posent encore de nombreuses questions par rapport au rapprochement avec GM. Le titre dévisse en Bourse.

Nerfs fragiles s'abstenir. Depuis la révélation par la Tribune.fr d'un rapprochement entre le français PSA et l'américain GM, le titre du groupe ne cesse de faire le yoyo à la Bourse de Paris. Un coup en hausse de 20%, un coup en baisse tout aussi sensible, l'action n'a pas arrêté de faire preuve d'une très forte volatilité. Prenant de court tous les spécialistes, ceux-ci ne sachant pas, finalement, si cette perspective historique est une bonne ou mauvaise nouvelle pour l'entreprise nationale. Aujourd'hui encore, le titre a évolué en forte baisse, cédant plus de 6%.

Quel sera le niveau de dilution ?

Au lendemain de l'annonce officielle des modalités de rapprochement entre les deux firmes automobiles, les investisseurs ont encore de nombreuses questions restées sans réponses et redoutent une série d'éléments. Parmi les questions, celle bien évidemment du prix de l'action proposée dans le cadre de l'augmentation de capital. Car aucune précision n'a encore été apportée à la Bourse de ce côté-là, laissant entrevoir une forte décote par rapport aux derniers cours. Décote quasiment obligatoire compte tenu de la taille de l'augmentation de capital (un milliard d'euros), soit une somme relativement coquette par les temps qui courent. Même si GM et la famille Peugeot y souscrivent pour quasiment la moitié. Autre question : cette opération à un prix forcément attractif ne va-t-elle pas attirer des capitaux étrangers qui pourraient gêner la direction du groupe français ? Gêner seulement sans véritablement menacer puisque, rappelons-le, le capital de PSA est verrouillé par la famille Peugeot, majoritaire en droits de vote.
Autre question corollaire au manque d'information concernant le prix de l'opération : quelle sera le niveau de dilution après création des titres ? Sachant que plus le prix sera attractif, plus il y aura de titres crées. Et plus il y a de titres, plus le bénéfice par action est réduit.
Interrogée par la Tribune sur les zones d'ombres demeurant encore sans réponse, l'Autorité des marchés financiers, l'AMF ne fait aucun commentaire, conseillant d'interroger directement la société.

Moody's place le groupe en catégorie « junk bonds »

Autre motif d'inquiétude de la part des investisseurs : l'agence de notation Moody' s a relégué dans l'après-midi le constructeur automobile français dans la catégorie des émetteurs spéculatifs (junk bonds), invoquant des résultats décevants et se disant prudente sur l'alliance avec General Motors. Moody' s a préalablement indiqué dans un bref communiqué émis dans la nuit qu'elle ne s'attendait pas à ce que cette alliance ait un effet sur le profil de dette des deux groupes à moyen terme.

Peugeot et la Bourse ne font pas bon ménage

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En Bourse, PSA reprend quelques couleurs depuis le début de l'année en s'adjugeant près de 17%, quand le CAC 40 ne gagne que 10%.
Et pourtant. Le groupe automobile et la Bourse ne font pas vraiment bon ménage. La firme affiche depuis toujours l'un des plus faibles ratios de capitalisation (cours de bourse par rapport au bénéfice net par action, dit aussi PER) de la cote et ce, en osmose assez parfaite avec son concurrent Renault. Les performances à long terme en disent long sur ce désamour : Sur un an, le titre cède 50%. Sur cinq ans, l'action dévisse de 72%. Et ce ne sont pas les derniers commentaires de Moody's, lesquels seront sûrement très vite relayés par les autres agences de notation, qui devraient inverser ce mouvement. A moins que l'accord avec GM ne change radicalement la donne commerciale et financière de la firme française?

Pascale Besses-Boumard

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