La famille Peugeot encore très présente au capital de PSA

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La famille Peugeot, garante depuis plus d'un siècle de l'indépendance du constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën, prend le risque de perdre un peu de son influence en le laissant s'allier avec le numéro un mondial, l'américain General Motors.

Le rapprochement entre PSA Peugeot Citroën et l'américan General Motors signe-t-il le début de la fin pour la famille Peugeot ? Le rapprochement, annoncé mercredi, prévoit que GM prenne 7% du capital de PSA, dont il deviendra le deuxième actionnaire derrière la famille. Les héritiers du fondateur Armand Peugeot détiennent aujourd'hui près du tiers du capital et 45,62% des droits de vote. Le reste du capital est entre les mains d'investisseurs français et étrangers, des salariés (2,79%) et de la banque BNP Paribas (1,06%).

Une perte d'influence en perspective ? La famille dit soutenir l'alliance avec GM et entend rester le premier actionnaire. Mais sa participation devrait baisser. Elle compte utiliser seulement la moitié de ses droits préférentiels de souscription à l'augmentation de capital annoncée par PSA pour permettre l'entrée de GM, à hauteur d'environ 150 millions d'euros (sur un total d'un milliard d'euros de nouvelles actions).

Rôle primordial depuis plus d'un siècle

"L'indépendance, c'est rester l'actionnaire de référence, quel que soit le niveau de pourcentage", indiquait déjà mardi au magazine L'Express, Robert Peugeot, le PDG de la holding FFP (Société foncière, financière et de participations) qui gère l'essentiel de la participation familiale. Si la famille ne dirige plus directement le groupe depuis le milieu des années 1960, elle n'en joue pas moins un rôle primordial.

Au cours des dernières années, elle a notablement renforcé son emprise sur le capital de PSA. En 1990, elle ne détenait qu'environ 23% du capital et près de 35% des droits de vote, devant Michelin. Le fabricant de pneumatiques, qui s'est retiré depuis, était étroitement lié au constructeur automobile depuis sa constitution en 1976 puisqu'il était propriétaire de la marque Citroën avant qu'elle ne soit vendue à Peugeot.

Internationaliser le groupe

La famille est aussi présente au plus haut niveau de l'entreprise: quatre de ses représentants siègent actuellement au conseil de surveillance, sur douze membres, et des Peugeot occupent d'autres fonctions au sein du groupe. La vision de la famille avait été rappelée par Pierre Peugeot, ancien président du conseil de surveillance, quelques mois avant sa mort en 2002, indique Jean-Louis Loubet dans son livre "La maison Peugeot": "On peut transformer l'entreprise en un groupe d'envergure mondiale, tout en s'attachant à conserver ses spécificités et maintenir un actionnariat solide, gage de stabilité et de pérennité."

Son fils Thierry lui a succédé en 2002 et n'a guère changé de ligne. Il s'était dit ouvert à des alliances en 2009, au moment de l'arrivée du président du directoire Philippe Varin, mais à condition que la famille reste l'actionnaire de référence. Si les actionnaires historiques ont donné pour mission à Philippe Varin d'internationaliser le groupe, encore très dépendant de l'Europe, ils ne lui avait pas laissé conclure d'alliance jusqu'à présent. Un projet de mariage avec le japonais Mitsubishi a été enterré en 2010, la famille Peugeot ne laissant à PSA que les coopérations ponctuelles qu'il mène avec d'autres constructeurs.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2012 à 12:01 :
Bon, disons le puisque personne ne le dit : il s'agit d'un méga délit d'initié. La compensation ici est peut-être l'engagement par la famille de sortir à moins de 10 % dans un temps court de 10 ans ?
a écrit le 01/03/2012 à 15:47 :
Ils sont bien installés en Suisse, les héritiers du nom ?
Quand ça ira moins bien, ils pourront revenir.
Les voitures, c'est pas facile de les remplacer souvent, et mettre à la casse des véhicules roulant, c'est ridicule, mais économiquement intéressant.

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