PSA à la remorque de GM

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Barack Obama sauve PSA! Les 50 milliards de dollars injectés naguère par l'administration américaine dans GM pour lui éviter la banqueroute vont profiter  au... constructeur français. Aux termes de l'alliance PSA-GM annoncée mercredi soir, le groupe automobile de Detroit va prendre en effet 7% de son nouveau partenaire tricolore. Le président démocrate, qui s'est félicité mardi d'avoir largement contribué au sauvetage de l'auto américaine en 2009, aura certes permis à GM de survivre mais aussi d'être capable in fine d'apporter une bouffée d'oxygène à la vieille firme hexagonale.

Pas très glorieux

Cette nouvelle alliance n'apparaît quand même pas très glorieuse pour PSA! On ne peut s'empêcher de trouver ce mariage... inégal. Rien à voir avec la flamboyance de l'Alliance Renault-Nissan, le coup de maître de Louis Schweitzer, PDG de l'ex-Régie à l'époque, qui avait pris carrément le contrôle du japonais en 1999. L'alliance PSA-GM nous rappelle plutôt, malheureusement, celle nouée entre GM et Fiat en 2000, quand Giovanni Agnelli, le viellissant patron emblématique du groupe italien, avait dû céder 20% d'un Fiat Auto exsangue à l'américain. Et encore, à l'époque, les accords prévoyaient-ils une petite prise de participation de Fiat dans le capital du mastodonte américain! On se souvient que c'est finalement Sergio Marchionne, à peine arrivé à la tête de Fiat,  qui a dénoué ladite alliance quelques années plus tard, pour recouvrer l'indépendance perdue. Depuis, le turinois a pris les rênes de... Chrysler. Pas si mal.

Une aubaine pour GM

L'alliance PSA-GM est une aubaine pour l'américain, puisqu'elle lui permet d'associer plus étroitement Opel, sa filiale allemande chroniquement déficitaire, au français. Objectif pour le consortium du Michigan: tenter de résoudre l'inextricable casse-tête des coûts de production élevés d'Opel et de ses surcapacités mais aussi de ses retards technologiques. Pour PSA, l'alliance apporte certes un second actionnaire de référence (après la famille Peugeot) et des promesses de synergies à l'échelle mondiale. Ce n'est pas rien. Mais est-on si sûr que GM soit vraiment le partenaire idoine pour le français? N'est-il pas plutôt le seul qui restait potentiellement sur le marché, après l'échec de son rapprochement avec le japonais Mitsubishi il ya deux ans? Il est vrai qu'avec une si faible capitalisation boursière et un tel manque de trésorerie, PSA ne pouvait sans doute pas se permettre de nouer une alliance plus équilibrée.

Inégalitaire

Même inégalitaire, cette alliance va-t-elle au moins aider PSA à sortir de l'ornière? Pas si sûr. Car les mariés vont être confrontés immédiatement à des doublons, des surcapacités, des usines en surnombre... Pis: l'outil industriel de PSA comme celui d'Opel sont concentrés en... Europe occidentale aux coûts salariaux élevés (France, Allemagne). A part deux sites de PSA en Slovaquie et en République tchèque (avec Toyota), aucune des usines d'assemblage Peugeot, Citroën ou Opel (et sa marque jumelle britannique Vauxhall) n'est située en Europe de l'est! Pour diminuer les coûts des véhicules, ça ne va être simple!

Synergies difficiles

N'oublions pas en outre que GM n'a jamais su, jusqu'ici, gérer ses alliances. Il a dû progressivement sortir du capital des japonais Isuzu, Suzuki, Subaru et laisser le suédois Saab à l'abandon. Quant à son mariage avec Fiat, il s'est révélé catastrophique. GM et Fiat avaient notamment eu le plus grand mal à... élaborer des plates-formes communes, tant les cultures et les besoins étaient différents, voire divergents! Exemple: la plate-forme commune dite "Premium" avait alors coûté horriblement cher - elle était lourde, complexe et onéreuse - pour n'être finalement  utilisée que par un seul modèle, l'Alfa 159 ! L'exemple même du ratage.

Coopérations rivales

Certes, des alliances ratées dans le passé n'induisent nullement que les nouvelles ne fonctionneront pas. GM a pu en effet tirer la leçon des échecs de jadis. Mais, PSA se retrouve face à un partenaire complexe, deux fois plus gros que lui, aux multiples centres techniques dans le monde. Comment vont ainsi s'articuler les futurs produits conjoints avec ceux développés par l'américain en Corée, en Chine ou aux Etats-Unis? Comment les combiner avec les Chevrolet (véhicules de GM à coût  réduits) ou les Buick destinées à l'ex-Empire du milieu? Le conxtructeur français  va devoir gérer en parallèle la poursuite de ses très nombreuses collaborations techniques avec d'autres constructeurs. Ford, avec qui il partage tous les diesels, voit-il d'un bon oeil l'arrivée de son compatriote et rival direct? Et Toyota, avec qui PSA produit les petits véhicules? Et BMW ? Et Mitsubishi ? Décidément très compliqué.

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a écrit le 31/03/2012 à 11:57 :
Japonais, chinois, américains, allemands ont bénéficié de multiples et importants tripatouillages sans que les français ne disent un seul mot à propos de cette débauche. C'est que des tractations discrètes ont lieu en dehors de la presse quant à l'indemnisation de ces taiseux qui auront rendu bien service à tout ce petit monde. Ainsi l'industrie automobile française après avoir poussé les autres à la faute, de concert avec les amis Coréens, laisse passer l'orage contraire de ces manoeuvres nationales et attend sa (grosse) récompense. On sait par habitude qu'elle ne manque pas de survenir dans les 3 ans maximum après les faits, sauf report demandé par le récipiendaire pour des raisons stratégiques. Dont acte, la récompense arrive. Voyons donc le cas américain. Comme je l'indiquai dans un précédent post Opel ne pouvait se maintenir en europe. GM trouve donc la solution la plus soft pour liquider cette marque. Car l'intérêt n'est plus de "racheter" de nos jours mais principalement de faire disparaître les concurents. L'américain donne à PSA les moyens financiers de prendre en main sa filiale européenne et de l'étouffer progressivement. Le français retournera l'ascensseur lors de la vente de Faurecia dont il détient environ 52 %. On comprend en effet que PSA aux commandes va donner plus de charge à cet équipementier maison présent en Bourse. Il ne manquera pas de grossir pour se classer vers 25 millairds de dollars dans le "Global Fortune 500" avant d'être définitivement vendu ...et GM retrouvera ainsi son argent au passage. Par la suite la vocation de l'américain est de fusionner avec le nouveau Fiat/Chrysler une fois les recentrages nécessaires effectués. Il cèdera alors ce qui lui reste de PSA. Résultat : Un constructeur de moins aux USA, un constructeur (d'importance) de moins en Europe. Décidément, la vie est belle !
a écrit le 18/03/2012 à 14:42 :
Content que les journalistes de Droite alarment les consommateurs du fait qu'un constructeur a bénéficié de 50 milliards de Dollars de subvention ou équivalent .... Dommage que ce ne soit seulement quand le constructeur en question (GM = OPEL + CHEVROLET) "aide" un constructeur français .....
a écrit le 09/03/2012 à 21:53 :
bien sur , mais qui va subir la decadence, autre que la famille qui elle n'aura qu'a ce mordre les doigts
a écrit le 01/03/2012 à 15:56 :
A chaque fois que les constructeurs français d'automobiles se sont alliés avec des américains (exemple Renault AMC) ils se sont fait rouler dans la farine ! Prudence !
Je ne pleurerais pas pour les Peugeots... Jean-Claude Meslin
Réponse de le 26/01/2014 à 11:35 :
Reflexion typique de "french bashing "!..Meme si les marques francaises venaient a disparaitre, ce qui est improbable ,je n'acheterais pas vos cheres allemandes ,bandes d'europeistes pro-germaniques !..Vive les asiatiques !...

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