La californienne Wells Fargo, dont les origines remontent à la conquête de l’Ouest, a ravi à la superstar JPMorgan sa couronne de banque américaine la plus profitable, en 2013.
Le traditionnel "bal des résultats annuels" s'est achevé le 17 janvier dans l'industrie bancaire américaine, avec la publication des comptes de Morgan Stanley. Une saison 2013 qui a apporté une surprise de taille : la new-yorkaise JPMorgan - la star du secteur, l'élève modèle - a perdu sa couronne de banque américaine la plus rentable, qu'elle détenait depuis 2010.
Et ce, au profit de la discrète Wells Fargo, dont le quartier général se situe à l'autre extrémité des Etats-Unis, à San Francisco. Cette dernière a vu son bénéfice net grimper de 16%, l'an dernier, à 20,9 milliards de dollars, son plus haut niveau jamais atteint, tandis que celui de JPMorgan prenait exactement le chemin inverse, avec une chute de 16%, à 17,9 milliards.
JPMorgan a déboursé 20 milliards de dollars de frais juridiques, en 2013
La banque s'est notamment acquittée de 13 milliards de dollars, au titre de la crise des "subprimes" (crédits hypothécaires américains risqués) de 2007, et de près d'un milliard de dollars en raison de sa négligence dans l'affaire dite de la Baleine de Londres, le surnom donné à l'un des traders de JPMorgan, dont les paris hasardeux avaient fait perdre 6 milliards de dollars à l'établissement, en 2012.
Wells Fargo est la banque qui pèse le plus lourd à Wall Street
Sans cette facture juridique colossale, près de cinq fois supérieure à celle payée par le groupe pétrolier BP pour la marée noire survenue dans le Golfe du Mexique en 2010, JPMorgan aurait gardé son titre de banque la plus rentable des Etats-Unis. Pour autant, la place de numéro un de Wells Fargo n'est nullement usurpée. Certes, cette banque - créée en 1852 par Henry Wells et William Fargo pour convoyer les fonds nécessaires à la conquête de l'Ouest - n'est encore que la quatrième du pays en termes d'actifs, avec 1.500 milliards de dollars, contre 2.400 milliards pour JPMorgan, numéro un dans ce domaine.
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Il faut dire que la très locale Wells Fargo a changé d'échelle en 2008, en rachetant sa rivale en difficultés Wachovia au plus fort de la crise financière. Une opération à bon compte, qui a permis à la banque californienne de se développer à l'Est des Etats-Unis. Et cela, sans jamais se départir de sa culture de prudence, laquelle lui a notamment permis de demeurer à l'écart de la crise des subprimes.
Wells Fargo, c'est également un groupe essentiellement axé sur la banque de détail, à savoir les prêts aux ménages et aux entreprises, par opposition à la banque de financement et d'investissement (BFI, activités de marchés), dont les revenus sont beaucoup plus aléatoires, et où JPMorgan est très présente. Pas pour son plus grand bonheur, puisque le bénéfice de sa division BFI s'est écroulé de 57% au cours du seul quatrième trimestre 2013.
JPMorgan n'en a pas fini avec les litiges juridiques
Reste que les cartes pourraient être rebattues rapidement, dans le secteur bancaire américain. Notamment en raison de la hausse des taux d'intérêt, qui a réduit la demande de refinancements de prêts immobiliers par les ménages américains, au dernier trimestre de l'an dernier. Or il s'agit là de la grande spécialité de Wells Fargo, numéro un du crédit immobilier aux Etats-Unis.