Capital-investissement, la crise, quelle crise?

Dollars billets argent américain
Reuters

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2013 aura été une année record pour le capital-investissement. L'an dernier, les sociétés de private equity - qui placent dans des entreprises non cotées l'argent confié par des investisseurs institutionnels - ont levé 431 milliards de dollars auprès de fonds de pension, de gestionnaires de fortunes familiales (family offices), de fonds souverains et autres "zinzins", à l'échelle mondiale, selon le cabinet Preqin.
Non seulement ce montant est en hausse de 13% par rapport à 2012, mais il représente également un record depuis la crise financière de 2008, année au cours de laquelle les fonds de capital-investissement avaient levé 688 milliards de dollars. Et l'année 2014 semble s'annoncer sous de bons auspices, à en juger par la colossale levée de fonds de 18 milliards de dollars annoncée début janvier par Apollo, du jamais vu pour ce grand nom du private equity aux Etats-Unis.
Si les "zinzins" ont de nouveau foi dans cette classe d'actifs qu'est le private equity, c'est notamment parce que les fonds de capital-investissement ont redistribué quelque 120 milliards de dollars à leurs Limited Partners (LPs, souscripteurs des fonds), en 2013, d'après Cambridge Associates, une société de conseil aux investisseurs. Un record historique, là encore.
Il faut dire que l'excellente année boursière 2013, avec un bond de 26% du S&P 500 américain et un indice Dow Jones Euro Stoxx 50 en hausse de 18%, a permis aux fonds de capital-investissement de céder des participations dans de très bonnes conditions. L'une des meilleures illustrations en la matière étant la plus-value de près de 10 milliards de dollars engrangée par le géant américain Blackstone dans le cadre de la (re)mise en Bourse du groupe hôtelier Hilton, en décembre.
nuance Guillaume Jacqueau, président d'Equistone Partners Europe (ex Barclays Private Equity). Qui reconnaît cependant que, sur le papier, les fondamentaux du capital-investissement sont encourageants, à l'heure actuelle :
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Et, s'il y a une région qui recèle de belles opportunités d'investissement, c'est l'Europe, à en croire les investisseurs institutionnels sondés par Preqin. De fait, 59 % des LPs interrogés par le bureau de recherches estiment que c'est l'Europe qui présente aujourd'hui les meilleures opportunités d'investissement pour le private equity. Ils sont 54% "seulement" à préférer l'Amérique du Nord et, surtout, il n'y a plus que 22% des LPs qui privilégient l'Asie. Il est vrai que les marchés émergents se sont avérés être une source de désillusions pour nombre de fonds de capital-investissement, au lieu de l'eldorado rêvé.
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A l'inverse, deux ans environ après la crise des dettes souveraines, "les investisseurs, notamment américains, ne nourrissent plus vraiment de craintes au sujet de la zone euro", confirme Guillaume Jacqueau, chez Equistone Partners Europe, qui avait d'ailleurs réussi, début 2013, à boucler le "closing" d'un fonds de 1,5 milliard d'euros, entièrement dédié à l'Europe. D'ailleurs, si les fonds de private equity américains se sont taillé la part du lion en 2013, en matière de levées de fonds, avec 266 milliards de dollars récoltés, les fonds européens ne sont pas en reste, qui ont levé 104 milliards de dollars, soit près du quart du total de 431 milliards.
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