Les entrepreneurs croient en eux mais pas dans la loi Macron

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Pour pérenniser l'entreprise, la moitié des sondés privilégient une diminution des charges. Viennent ensuite les paiements à l'heure des clients, priorité de 13% des sondés. La réduction des coûts du travail (10%) n'arrive qu'à la 4e place.
Pour pérenniser l'entreprise, la moitié des sondés privilégient une diminution des charges. Viennent ensuite les paiements à l'heure des clients, priorité de 13% des sondés. La réduction des coûts du travail (10%) n'arrive qu'à la 4e place. (Crédits : reuters.com)
Confiants pour leur société en 2015, les chefs d'entreprises sont une majorité à attendre un chiffre d’affaires égal à celui de 2014 ou en hausse, mais ne croient pas à une économie française qui retrouve sa santé rapidement. Ils ne sont pas convaincus par la loi Macron notamment, d'après un sondage réalisé par OpinionWay pour CCI France, en partenariat avec La Tribune et Europe 1.

Quel est l'état d'esprit des entrepreneurs aujourd'hui, en France ?  D'après le sondage "la grande consultation des entrepreneurs" réalisé par OpinionWay pour CCI France, en partenariat avec La Tribune et Europe 1, quelque 40% d'entre eux sont inquiets de la situation actuelle, 30% se disent méfiants alors qu'ils sont 30% à avancer un certain optimisme et 24% de la confiance.

Confiants pour leur entreprise

Dès qu'il s'agit de leur entreprise et concernant les perspectives sur les 12 prochains mois à venir, l'optimisme revient. Ainsi, sur celles-ci, la catégorie regroupant les "très confiants" et "assez confiants" représente 57% des chefs d'entreprises interrogés.

Dans le détails, ils sont 45% à estimer que leur chiffre d'affaires sera égal à celui de 2014 tandis que 34% l'attendent à la hausse. Seuls 18% prévoient  une contraction de celui-ci.

35% ne croient plus à la croissance en France

Pour autant, les entrepreneurs comptent peu embaucher en 2015. Neufs chefs d'entreprises sur dix comptent garder un nombre de salariés stable, quand 8% prévoient de tailler dans leurs effectifs. Seuls 5% comptent les augmenter.

En cause, un contexte et un avenir qu'ils jugent moroses. Seuls 13% des entrepreneurs déclarent être confiants sur les perspectives de l'économie française dans les 12 mois à venir.

Le retour de la croissance française ne sera pas pour tout de suite, selon eux. Quand sera-t-elle suffisante pour relancer l'activité et l'emploi ? A cette question, 32% des sondés répondent qu'elle le sera à moyen terme (3 à 5 ans). Mais 13% ne voient pas comment la reprise pourrait refaire surface avant dix ans, et même, 35% ne croient plus à la croissance en France. Charles-Henri d'Auvigny, directeur général délégué d'OpinionWay, précise:

"Les entreprises interrogées considèrent qu'il y a une croissance suffisante pour se développer et embaucher aux alentours de 1 à 1,5%."

La loi Macron est vue comme peu cohérente et peu vectrice de croissance

Ce n'est pas la loi Macron, prête à passer devant le Sénat en avril, qui rassure les patrons sur les perspectives de croissance en France. Comme Pierre Gattaz, ces derniers sont sceptiques quant à son efficacité.

Pour 64% des sondés, elle ne va pas dans le bon sens, quand seulement 28% pensent le contraire. Plus des deux tiers jugent même qu'elle manque de cohérence. Enfin, seuls 18% des chefs d'entreprise interrogés estiment qu'elle va favoriser le retour de la croissance dans l'Hexagone. La loi pour la croissance et l'activité est décriée surtout dans les entreprises de moins de 10 salariés:

"Seuls 28% des TPE estiment que la loi Macron va dans le bon sens. Elles considèrent que la loi Macron ne s'applique pas pour eux. Par ailleurs, elle est passée de 106 à plus de 200 articles, ils ont des difficulté à la comprendre", explique le directeur général délégué d'OpinionWay.

 "La loi Macron aura un impact dans le futur, on ne voit pas bien la portée de celle-ci aujourd'hui, alors qu'elle est importante. Petit à petit, cette loi libèrera l'entreprise d'un certain nombre de contraintes normatives, réglementaires et financières. Il y a peut-être une pédagogie de la loi Macron à faire auprès des petites entreprises", souligne le président de CCI France, André Marcon.

Le CICE ne convainc pas

SI la loi Macron ne convainc pas, une autre mesure phare du gouvernement pour relancer la compétitivité des entreprises, le CICE, est accueillie tièdement. Parmi les patrons ayant certifié avoir eu recours à cette aide (7%), 46% estiment qu'elle a apporté un gain de compétitivité pour leur entreprise, 24% qu'elle a été vectrice de croissance et seulement 19% qu'elle est créatrice d'emplois. A l'instar de Michel Sapin, qui ne voyait pas de lien direct entre le CICE et l'emploi début septembre.

"Le CICE permet éventuellement de gagner des parts de marché, mais ce n'est pas immédiat car beaucoup d'entreprises ont des programmes pluriannuels, peu de contrats ponctuels", avance le directeur général délégué d'OpinionWay.

"Les entreprises veulent des réductions de charges. Bien sûr, le CICE en est une, mais une réduction reportée sur une année avec de la complexité. Les entreprises veulent plus de simplicité", assure le président de CCI France.

La solution ? Baisser la pression fiscale selon les entrepreneurs sondés

Quelles priorités pour pérenniser l'entreprise ? La moitié des sondés privilégient une diminution des charges. Viennent ensuite les paiements à l'heure des clients, priorité de 13% des sondés. La réduction des coûts du travail (10%) n'arrive qu'à la 4e place...

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*Etude réalisée auprès d'un échantillon de 1010 dirigeants d'entreprise. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redresement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation. Ont été interrogées: 401 entreprises sans salariés, 405 de 1 à 19, 103 de 20 à 99, 44 de 100 à 249, 57 de 250 et plus. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 4 au 18 février 2015.

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>> Pour aller plus loin:

Retrouvez ci-dessous les résultats détaillés du sondage (34 diapos, cliquer sur la flèche pour les faire défiler)

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Commentaires
a écrit le 24/02/2015 à 17:31 :
Macron est un lâche, il aurait du porter la durée de travail hebdomadaire à 40 heures au lieu de favoriser le travail du dimanche. Car quel modèle social proposerons nous à nos enfants si nous n'avons plus le temps de nous en occuper et de les éduquer ? aucune réponse à cela.... Les crèches seront-elles également ouvertes le dimanche, les administrations également ? bah oui, de la lâcheté, encore un décalage privé/public insupportable.
Réponse de le 25/02/2015 à 7:15 :
La fin des 35 heures (c'est à dire la fin des RTT), aurait mis à niveau équivalent les jours travaillés dans les entreprises Françaises par rapport à leurs concurrentes étrangères (à défaut de mettre le cout horaire à niveau). Et oui, car la concurrence est une réalité, même si elle est honnie par les trotskistes non représentatifs qui dirigent la France, ce pays communiste qui possède le plus grand pourcentage de politiques professionnels et de fonctionnaires dans une démocratie (un état dans l' état), et les plus forts taux d'imposition et de taxes.
a écrit le 24/02/2015 à 17:28 :
ce n'est pas les taxes qu'il faut baisser dans un premier temps! ce sont les dépenses somptuaires de l'état. dans un premier temps privatiser les services territoriaux: mairies, conseil généraux, conseils régionaux; puis les services non indispensables à l'état: hôpitaux, prisons... attribuer un budget défini à chaque étudiant et une gestion des écoles individuelle à partir d'un programme national; supprimer les aides: à l'immigration, aux associations philosophiques, culturelles, politiques....
et à partir de là on pourrait diminuer les charges!
a écrit le 24/02/2015 à 12:13 :
Suppression de la sécurité sociale, et capitalisation personnelle des retraites, avec une simple retraite de base par points pour tous, baisse des taxes et impôts et vous verrez que la machine à produire du chômage s' arrêtera .
a écrit le 24/02/2015 à 10:34 :
J'ai envie de dire, tant mieux pour eux ^^
a écrit le 24/02/2015 à 10:26 :
...on dirait
a écrit le 24/02/2015 à 9:50 :
Evidemment il n'y a rien dans cette loi! c'est du vent!
a écrit le 24/02/2015 à 9:45 :
"les chefs d'entreprise" ou les "chefs d'entreprises" ?

les entrepreneurs croient en eux mais pas en la loi Macron
tout comme 65 millions de français
Réponse de le 24/02/2015 à 10:35 :
64.999.999 alors ;)
a écrit le 24/02/2015 à 9:34 :
Le plus simple est effectivement de faire comme les Anglais. Baisser les charges sociales et les impôts que paient les entreprises. L'effet est immédiat sur la trésorerie et la compétitivité. Le meilleur plan de relance qui puisse être fait.
Réponse de le 24/02/2015 à 10:59 :
LES CHARGES SOCIALES N EXITERAIS PAS ?SI LES PATRONS PAYEZ MIEUX LEURS SALARIES? LES CHARGES NE SONT QU UNE RESTRIBUTION DE RICHESSE FAITE POUR AIDEE LES PLUSPETIT SALARIERS MAL PAYES???
Réponse de le 24/02/2015 à 11:57 :
@VERITE La langue française est riche mais apparemment vous préférez rester pauvre.
Réponse de le 24/02/2015 à 13:23 :
@vérité: effectivement, le petit patron est responsable de tous les maux dans notre pays...tous comme la police de la délinquance ....
Réponse de le 24/02/2015 à 14:30 :
@jeff. voir le rapport de L’OCDE sur l’Angleterre qui "nuance" sérieusement vôtre propos mais c'est vrai que l'herbe est toujours plus verte ailleurs ,....surtout quand on ne regarde que par un bout de la lorgnette .
Réponse de le 25/02/2015 à 0:22 :
Oui on peut regarder par le petit bout de la lorgnette aussi pour refuser de voir que les autres réussissent mieux. C'est toujours plus facile pour accepter ses échecs. Le fait est que l'Angleterre a bien moins de chômeurs que chez nous. Et ne nous parlez pas d'emploi précaires. C'est toujours mieux que toucher le RSA en restant chez soi.
a écrit le 24/02/2015 à 9:20 :
...comment peut on comprendre la tambouille socialo-vassalo-libéralo-soumise. L'Etat doit permettre au secteur privé français de prospérer , l'Etat français doit défendre les intérêts européens et français (pas comme la Grance Bretagne qui ne défend que ses intérêts dans l'UE, tel un cheval de Troie), défendre le droit français et européen, les libertés publiques européennes, le droit européen et français, les marchés européens, les entreprises françaises et les entrepreneurs et prof libérales françaises...et faire en sorte qu ni les multinationales ni les grands distributeurs ne passent leurs temps à bousiller ou racheter directement ou via ds fonds (bien souvent étrangers dans des secteurs pourtant stratégiques) les PME. L'Etat français doit contribuer à la baisse du secteur étatisé à commencer par celui de la Santé, à la baisse de la pression fiscale et sociale en laissant la liberté de choix pour tout, le secteur administré ne concernant au plan social que les plus démunis et les pauvres.
a écrit le 24/02/2015 à 8:45 :
Les chefs d'entreprises produisent des richesses avec leurs salariés ils créent des emplois payent des impôts alors qu'ils ne croient pas les politiques bavards et budgétivores quelle surprise!
Réponse de le 24/02/2015 à 9:04 :
Bravo , vous allez avoir 1 bon Point. Avec 10 points , vous aurez un ticket de métro.
Réponse de le 24/02/2015 à 9:19 :
Et 1000 points une coco girl

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