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Entreprises & Finance - La Tribune Région Sud

Alice Holzman : "Ma French Bank c'est de la French Touch associée à de la French Tech"

Laurence Bottero

Publié le 26 juillet 2019 à 10:35

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Lancée officiellement le 22 juillet, l'offre 100 % digitale de la Banque Postale arrive sur un marché déjà bien occupé mais qui selon sa directrice générale n'est pas encore saturé. Ou pourquoi le digital est une brique essentielle dans la stratégie client.

Quelle est la réflexion qui mené à la création de Ma French Bank alors que le marché de la néobanque bénéficie déjà d'une offre plurielle ?

Il est bon de rappeler que la Banque Postale est un établissement de crédit. Avec Ma French Bank nous faisons le pari d'un franglais qui n'est pas très "violent" et qui est compréhensible par tous. Le choix de ce nom d'ailleurs, comme nous l'avons constaté via les réactions sur les réseaux sociaux, ne laisse pas indifférent. C'est une certaine French Touch associée à de la French Tech. On joue le côté franglais, pour un côté décomplexé. Le message c'est de dire que l'argent ce n'est pas synonyme que de problèmes mais que c'est aussi des questions de gestion au quotidien. Concernant les néobanques, nous avons comptabilisé la naissance de 10 acteurs en 3 ans. Ce sont des acteurs qui répondent à une grande attente des Français. Le premier motif qui a mené notre réflexion c'était de proposer des frais réduits, notamment à l'international. Le second motif, c'était de proposer une offre simple, pratique et accessible. Et qui exige peu de démarches administratives. Une offre qui réponde aux habitudes d'instantanéité mais à laquelle nous avons apporté l'ADN du Groupe, qui est la confiance, la proximité et la simplicité.

Il n'était pas question de faire du copié/collé mais de proposer une offre qui soit conforme à ce que nous sommes. Et si c'est vrai que le marché de la néobanque est dynamique, il reste encore émergent.

Comment Ma French Bank compte donc se différencier ?

Nous avons tous les standards de la néobanque. Mais notre force est de capitaliser sur le réseau des bureaux de Poste. Même si on peut se sentir très à l'aide avec le digital, les moments d'ouverture de compte sont des moments pas toujours évidents. Nous offrons donc une prestation à ceux qui n'ont pas envie d'effectuer la démarche tout seul. Autre élément qui nous différencie, notre service client est constitué de vrais conseillers qui répondent aux questions. C'est un service client humain. Souvent on se perd à échanger via un chat. L'injoignabilité du service client est source de frustration. D'autre part, le fait de nous appuyer sur les bureaux de Poste nous permet d'élargir notre cible, en terme de localisation - je pense aux territoires ruraux - mais aussi en terme de tranche d'âge, même s'il existe une vraie corrélation entre l'âge et l'usage du smartphone.

Ma French Banck n'est pas gratuite...

En effet, nous avons établi une tarification de 2 euros par mois. Rien n'est de toute façon jamais gratuit à 100 %. Ma French Bank c'est 2 euros par mois mais tout est compris et c'est sans mauvaise surprise. Par exemple le service qui permet de créer une cagnotte est inclus et nous ne prélevons pas de commission, comme cela peut en revanche être le cas avec d'autres acteurs.

Quels sont les objectifs à court et moyen terme ?

Nous ne communiquons pas sur un objectif à court terme. Mais nous tablons sur 1 million d'utilisateurs à horizon 2025. Nous sommes dans une logique de développement d'une base de clientèle utilisatrice dans la durée et fidèle. Préalablement au lancement officiel, nous avons mis en place un plan de pré-lancement auprès des collaborateurs, afin qu'ils s'approprient Ma French Bank. Cela nous a également permis de roder le système. 9 000 comptes ont été ouvert entre juin et juillet. D'autre part, les premiers retours, suite au lancement ce 22 juillet, font état de résultats supérieurs à nos espérances. Mais cela reste à confirmer, bien sûr.

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Comment Ma French Bank s'intègre-t-elle dans la stratégie globale de La Poste ?

Il n'y a pas d'opposition entre banque digitale et banque physique. On remarque un phénomène de multibancarisation, 40 % des 18/35 ans ont au moins, deux comptes. Il y a la banque pour les grands projets et la banque pour les achats internet, pour le quotidien. Notre cible ce sont les jeunes, les personnes plus modestes et les multibancarisés. Ma French Bank s'inscrit totalement dans la stratégie du groupe.

Laurence Bottero

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