Comment Aptunion a redressé sa compétitivité sur le marché concurrentiel de l’agro-alimentaire
Maëva Gardet-Pizzo
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Dans les années 1950, la moitié du pouvoir d'achat des Français est dédié à l'alimentation. Aujourd'hui, ce poste de dépense ne représente plus que 12 %. En cause, la hausse du budget consacré à l'énergie, au logement, aux loisirs, mais aussi, selon Olivier Charles, à un désintérêt croissant pour l'alimentation et à une guerre des prix entre industriels. « Le prix est devenu le facteur numéro un. C'est ce qui explique les difficultés que connaissent les agriculteurs mais aussi la filière agroalimentaire ».
C'est justement pour unir leurs forces dans cette course au moins-disant que six confiseurs d'Apt décident de s'unir en 1962 en créant Aptunion. « Au départ, le fonctionnement était un peu chaotique. Il y avait un certain nombre de désaccords entre les familles. Puis au bout d'une quinzaine d'années, elles ont commencé à s'effacer au profit d'actionnaires ». Au départ sous la main d'industriels français, l'entreprise passe en 1993 sous le giron de l'Irlandais Kerry. La décennie qui suit s'avère délicate.
Face à la concurrence, l'entreprise n'a pas su innover. Son personnel a baissé les bras. Les équipements sont devenus obsolètes. « En 2012, le résultat net était négatif de 3 millions d'euros. Kerry a donc décidé de vendre le site à un fonds d'investissement français : Verdoso ». Alors qu'il travaille depuis plusieurs années dans la direction financière du groupe, Olivier Charles propose un projet de relance basé sur l'investissement. « Il s'agissait de sortir par le haut de cette crise ».
L'investissement porte sur trois axes : les produits (avec le développement d'une gamme naturelle), les machines dont il faut améliorer la productivité, et le personnel qu'il faut remobiliser.
En 2017, elle se dote également d'une usine de méthanisation. « Auparavant, on avait une station d'épuration dont l'exploitation nous coûtait 1,3 million d'euros par an. Sur un chiffre d'affaire de 35 millions d'euros, c'est très lourd. C'est ce qui peut faire basculer d'un résultat négatif à un résultat positif ». Résultat positif qu'elle finit par obtenir en 2018. « On a stoppé l'hémorragie. Il faut désormais consolider le résultat en poursuivant les investissements ».
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