Avec Hysilabs, le stockage d'hydrogène devient réalité
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Longtemps vu comme une lointaine expérience de laboratoire, l'usage de l'hydrogène à la place des énergies fossiles devient de plus en plus concret. De nombreux projets s'aventurent sur ce terrain pour montrer la faisabilité de cette transition. Très souvent, l'énergie est produite sur place. Or, son transport est le chaînon manquant pour développer un usage de manière massive. Premier élément du tableau périodique, l'hydrogène prend beaucoup de place et son stockage est compliqué, y compris d'un point de vue réglementaire.
Hysilabs s'attèle depuis 2015 à résoudre cette difficile équation. "Nous travaillons à la pré-industrialisation de nos solutions", annonce Pierre-Emmanuel Casanova, cofondateur de la start-up installée à Aix-en-Provence. Cette solution consiste à stocker et transporter l'hydrogène non pas sous sa forme gazeuse, mais liquide.
"Nous créons un vecteur, c'est comme si vous utilisiez une éponge dans laquelle vous capturez l'hydrogène avant de le récupérer quand vous avez besoin", illustre le dirigeant. En l'occurrence, "l'éponge" est un liquide. Ce procédé nécessite deux techniques, celle de piéger l'hydrogène dans le vecteur puis celle de la relâcher. Cette deuxième étape a rapidement été la plus avancée dans les recherches d'Hysilabs, notamment avec l'acquisition de brevets.
À lire également
Pour la capture de l'hydrogène dans le vecteur, il a fallu tester des procédés adéquats, concrètement il s'agit de différentes recettes chimiques. Entre 2017 et 2019 la société de 12 salariés a donc identifié un maximum de ces recettes. Toujours dans l'allégorie, Pierre-Emmanuel Casanova explique que "maintenant que nous savons faire le gâteau, il faut trouver comment nous pouvons en produire 1000 en une heure". En clair, cela signifie trouver la recette et optimiser le procédé pour le faire rentrer dans une vision économique cohérente d'un point de vue du prix. "En chimie il n'y a pas vraiment de production en série avec des économies d'échelle", précise le dirigeant. L'objectif est d'avoir un procédé industriel d'ici fin 2021 ou courant 2022.
Rémi Baldy