Aquafrais entame une stratégie de marque pour valoriser l’aquaculture Made in France
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
C'est l'une des fermes pionnières de l'aquaculture marine française et probablement l'une des dernières à travailler de manière totalement artisanale. Basée dans la baie de Cannes depuis 35 ans, Aquafrais produit entre 500 et 600 tonnes de bars et de daurades par an pour un chiffre d'affaires de 5 à 6 millions d'euros. Une production premium, durable et raisonnée que l'on retrouve sur les tables des restaurants haut de gamme de France, de Suisse et d'Italie. Dans ce cadre, "l'épisode Covid-19 vient nécessairement remettre en question notre politique commerciale", admet Michel Moragues. Qui, face à la fermeture de son principal débouché, s'interroge : "Comment le marché de la restauration sortira-t-il de cette crise majeure ? Les restaurants haut de gamme auront-ils les moyens de continuer à faire de la qualité ou chercheront-ils la rentabilité sur la matière première ? Honnêtement, personne ne le sait." En toute logique, le directeur en charge du développement commercial de l'entreprise aquacole réfléchit donc "à d'autres voies de commercialisation", histoire de "diversifier les risques" : de l'export, qu'il s'agit de renforcer en Europe et au Moyen-Orient, à la grande distribution, canal déjà exploré auprès d'un distributeur ayant choisi de jouer la carte du made in France, du circuit court et de l'ultra-frais, mais de façon limitée. Faute d'offres.
"Il y a un gros problème de représentativité de l'aquaculture marine française en France", relève-t-il. En cause : "la faiblesse de la production". Celle-ci représente 3 500 tonnes de bars et de daurades par an. A comparer aux 350 000 à 400 000 tonnes produites annuellement sur l'ensemble du périmètre européen. A comparer aussi aux 20 000 tonnes consommées chaque année par le marché français. Conséquence : "La France est obligée d'importer la plupart de ses besoins". Et ce, auprès de pays producteurs, notamment la Grèce et la Turquie, qui privilégient l'élevage intensif. Très loin des critères de qualité qui président à la production cannoise et son positionnement premium, "seule clé pour réussir en tant que producteur français dans ce paysage concurrentiel".
Gaëlle Cloarec