François Codet - Caisse d'Epargne : « Pour la sortie de crise, il faut du capital patient »

Laurence Bottero
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La Tribune - Pourquoi cette décision de reporter d'un an le remboursement du capital des PGE octroyés ?
François Codet - C'est une possibilité que nous offrons aux entreprises ayant obtenu un Prêt Garanti par l'Etat. Elles pourront choisir de faire un de franchise et puis de rembourser sur 4 ans. Ou de démarrer le remboursement en avril 2021. Cette prolongation permet aux entreprises de se refaire une santé, le temps que l'activité économique redémarre. Cette option n'est pas soumise à un accord ou un refus de la banque, c'est l'entreprise qui décide. En revanche, nous équipes sont là pour conseiller, notamment sur la meilleure façon de guider son choix. Administrativement, ce sont les clients qui valident cette option ou pas, l'idée étant de ne pas rajouter de lourdeur administrative, qui mécaniquement, induit des délais plus longs. Mais les dirigeants ne sont pas abandonnés. Nos équipes consacrent leur énergie à l'ingénierie. L'informatique est là pour faciliter les opérations automatiques. Et d'ailleurs, cela est significatif de l'évolution de nos métiers, où l'automatisation des tâches administratives permet de libérer des ressources pour aller chercher de la valeur ajoutée.
Qu'en est-il des PGE de saison ? Ont-ils déclenché un engouement ou ne sont-ils pas forcément demandés ?
Nous avons accordé près de 100 M€ de PGE de saison, ce qui est à comparer aux 500 M€ de PGE « classiques ». Nous avons des demandes significatives dans les tuyaux. Des entreprises éligibles au PGE de saison qui n'ont pas fini de consommer le PGE classique ne sont pas venues chercher ce PGE de saison. Les entreprises qui y ont droit et qui n'ont pas le choix, n'ont pas hésité. Le PGE de saison permet aussi de sécuriser la trésorerie.
Concernant le tourisme haut de gamme nous sommes dans l'attentisme. Les professionnels, notamment du secteur aérien, estiment qu'un retour à la normale ne pourra être espéré qu'en 2022 voire 2023. Le tourisme d'affaires est à l'arrêt et peu de grands meetings sont prévues, beaucoup sont repoussés. Le PGE de saison peut permettre de conserver une trésorerie utile pour repartir lorsque l'activité reprendra.
Laurence Bottero