Le plan de Malongo pour le secteur CHR
Gaëlle Cloarec
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L'année 2020 laisse un arrière-goût amer que la filière café française a bien du mal à digérer. Importateurs, torréfacteurs, baristas, coffee shops, tous tirent la sonnette d'alarme, multipliant happening et communiqués, pour raconter un secteur fragilisé par la fermeture imposée du CHR, principal débouché de la consommation hors domicile. Le Collectif Café, fédération professionnelle regroupant 300 acteurs de la filière, annonce ainsi une perte de chiffre d'affaires de 35% sur l'exercice 2020, la chute pouvant atteindre 90% pendant les périodes de confinement.
Ces chiffres potentiellement lourds de conséquences, notamment en termes d'emplois, le directeur des Cafés Malongo, Jean-Pierre Blanc, les confirme : "Nous sommes touchés comme tout le monde. Pendant les confinements, on a relevé une perte d'à peu près 90%, en volume et en chiffre d'affaires, ce qui laisse présager un atterrissage en cumul annuel entre -40% et -45% pour ce segment d'activité qui emploie chez nous plus de 150 personnes". Sur un total de 400 collaborateurs. C'est dire l'importance de ce département CHR au sein de l'importateur, torréfacteur et distributeur de café haut de gamme, certes préservé de la catastrophe grâce à une présence sur l'ensemble des marchés dont celui de la grande distribution où la PME trône en leader incontesté du café bio et équitable. Mais toutefois "obligé face à cette grande difficulté de se remettre en question", quitte à "alléger un peu les structures" et, surtout, concocter "un plan de développement pour 2021" qui, assure le dirigeant, "permettra, dès que l'activité reprendra, de regagner des parts de marché complémentaires".
L'idée ? "Insuffler dès 2021 une nouvelle dynamique au secteur CHR qui, on le sait, va connaître beaucoup de dégâts", explique Jean-Pierre Blanc. Un nouveau souffle capable de redonner du sens, de l'envie à cette profession sinistrée, et ce à travers une offre structurée qui va faire la part belle à l'agriculture biologique et au commerce équitable. Deux des fondamentaux qui président à la réussite de l'entreprise carrossoise aux 140 millions d'euros de chiffre d'affaires et qui répondent à une véritable attente du consommateur. Lequel "veut des produits certifiés, sains, naturels, frais". Une opportunité à ne pas manquer pour le chantre du commerce équitable qui entend donc pousser son avantage.
Gaëlle Cloarec