Azur Trucks ou la diversification multi-métiers comme vecteur de stabilité économique
Gaëlle Cloarec
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LA TRIBUNE - Azur Trucks continue de s'éloigner de son métier historique, l'automobile, avec le rachat il y a 18 mois des Ateliers Mécaniques de Nice (AMN) qui marque un tournant industriel dans la diversification du groupe après la création des pôles tourisme et immobilier. Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
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PIERRE IPPOLITO : L'éloignement de Azur Trucks du métier de l'automobile est très relatif puisque celui-ci représente toujours 90% du chiffre d'affaires, qui s'élève à 200 M€, et 80% des 900 personnes qui constituent l'effectif du groupe. Le véhicule industriel reste notre cœur historique et continue de bénéficier de nouveaux développements avec l'acquisition, en 2020, de 7 agences Carrier, spécialiste du véhicule frigorifique et d'une agence Vulco. Sur cette activité, on estime encore à 30% notre potentiel de croissance avant de couvrir l'ensemble de la région Sud sur la totalité de nos dix métiers liés au camion (vente, entretien, réparation, location... NDLR). C'est significatif, mais finalement assez peu pour un groupe dont l'objectif est de faire de la croissance dans une vision entrepreneuriale. D'où cette stratégie de diversification qui, en effet, devient industrielle avec la reprise d'AMN, un de nos fournisseurs spécialisé dans la mécanique de précision. L'idée était de sécuriser et de développer ce savoir-faire pour nous mais aussi pour l'ensemble du tissu économique local. Nous avons ainsi créé une marque - Spirit Industrie - qui regroupe cette activité-là avec celles déjà internes au groupe, liées à la distribution de produits de peinture et de para-peinture pour l'industrie et d'équipement d'ateliers. Par ailleurs, nous avons également acquis, toujours en 2020, la casse Autochoc de Cagnes-sur-Mer. Nous sommes ici à mi-chemin entre l'automobile et l'industrie, avec la volonté d'industrialiser le process de démantèlement des véhicules et de s'engager dans une approche d'économie circulaire.
La crise de la Covid-19 n'a donc visiblement pas freiné l'appétit du groupe. Va-t-elle toutefois peser sur votre stratégie d'expansion ?
Gaëlle Cloarec