Alexandre Contencin – Marsatwork : « L'éviction d'Emmanuel Faber de Danone ne va pas empêcher les entreprises de se doter d'une raison d'être »

Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - Le 15 mars, l'annonce de l'éviction du directeur général de Danone, Emmanuel Faber, victime du mécontentement de deux fonds d'investissement présents au capital, concernant la rentabilité du groupe a résonné comme un coup de tonnerre. Il lui est reproché notamment le choix d'avoir doté Danone d'une raison d'être, perturbant de fait la croissance annuelle. A la tête de Marsatwork, que vous co-dirigez, vous vous êtes pleinement engagé dans la raison d'être, justement après avoir connu une crise de croissance.
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ALEXANDRE CONTENCIN - Marsatwork, l'agence de communication que j'ai co-fondé avec Arnauld Lutin et Guillaume Vigouroux a connu une croissance rapide qui n'était portée par aucune vision, qui était très opportuniste, allant d'un secteur à l'autre. Nous avons grossi vite, trop vite. A partir de 2015, nous avons connu une crise de croissance qui nous a amené au bord du précipice en 2016. C'est grâce au livre de Simon Sinek « Start with why », que tout est arrivé et que nous avons changé de direction. C'est ce qu'il appelle le cercle d'or - le why (pourquoi), how (comment) et le what (quoi) - qui nous a donné une colonne vertébrale. Quelles sont nos offres, quelles sont nos différences... cela a modifié la perception du business que nous avions. Nous nous sommes alors fabriqué une méthode empirique qui nous a apporté de la sérénité et du business. Nous nous sommes dit que si cela fonctionnait pour nous, cela fonctionnerait aussi pour les autres. Et donc de baser notre travail de communication sur les valeurs profondes de l'entreprise cliente et pas sur des mots valise. Et lorsque la loi PACTE est apparue, nous nous sommes rendus compte que le why, le pourquoi c'est la raison d'être. Et c'est un outil puissant pour faire différemment. La raison d'être c'est l'antichambre de la RSE. Et il faut conserver à l'esprit que les partenaires, les clients n'achètent pas ce que vous faites mais pourquoi vous le faites.
Laurence Bottero