La mutation de l'ESF face aux évolutions du marché de la montagne
Rémi Baldy
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Photo d'illustration
Zoom – SNMSF
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Au milieu des pistes recouvertes de blanc, les tenues rouges qui caractérisent les moniteurs de l'école de ski français (ESF) font partie du décor. Avec 16 000 membres et des écoles dans tous les massifs français, le poids de l'établissement n'est plus à démontrer. Et que dire du mythique modèle de notation en étoiles, symbole de son approche "pédagogique" comme le revendique Jean-Marc Simon, le directeur général depuis 33 ans. Un axe différenciant important pour l'ESF car la notoriété ne fait pas tout. Le marché de la montagne connaît lui aussi une forte concurrence et des évolutions auxquelles il faut faire face.
Parmi les virages majeurs, celui du numérique. La descente des pistes ne se dématérialise pas, mais l'organisation de la venue en montagne oui. En 2016, l'ESF a ainsi déclenché un véritable chantier informatique pour proposer une plateforme de séjour en ligne. "Dans les faits nous faisions déjà de la vente en ligne depuis 2001, mais cela ne répondait plus aux attentes des clients et la concurrence d'Airbnb était de plus en plus forte", explique Jean-Marc Simon.
Désormais "mon séjour à la montagne", le nom de la plateforme, propose en plus des cours de ski différents services et logements. Plus de trois millions d'euros ont été investis dans son développement qui a pris deux ans. L'effet s'en est rapidement ressenti. Le chiffre d'affaires est lui passé de 70 millions à 140 millions avec cette évolution. "Environ 15% des revenus ne proviennent pas des cours de ski. Nous nous rapprochons de l'équilibre, il faudrait atteindre les 200 millions", prévient le directeur général. En plus des offres présentes sur le site, l'ESF propose également son logiciel en marque blanche.
En janvier, l'ESF revendiquait une hausse de 20% des réservations sur son site. Un chiffre qui traduit aussi la bonne santé du marché du ski. Mais à l'image de l'économie en général, ce secteur peine à recruter. C'est là que la deuxième casquette de l'ESF entre en jeu, à savoir celle d'une sorte de syndicat. "Mais cela fait partie de notre modèle, nous sommes un réseau d'école mais nous défendons également la profession", rappelle Jean-Marc Simon.
Rémi Baldy