Pimenteraie Plein Cagnard : du piment tropical sur les terres de Pagnol
Maëva Gardet-Pizzo
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Le Garlaban n'a sans doute jamais rien vu de tel. En contrebas de ce massif aubagnais, terre des romans de Marcel Pagnol, une petite parcelle de 3.500 mètres carrés toute de restanques vêtue se transforme. Sur ces terres vibrant au chant des cigales, Jérôme Pezzicoli et Célia Bordet y font pousser tomates anciennes, poivrons, basilic, mais surtout du piment. « Nous en avons planté 1500 pieds », assure Jérôme Pezzicoli, qui, dans son autre vie, travaille comme artisan-paysagiste murailler, spécialisé dans la construction de murs en pierre sèche.
Du piment, mais pas n'importe lequel. « Nous avons d'abord choisi de planter de l'aji charapita, un piment sauvage que l'on trouve dans la jungle du Pérou et qui n'a pas été transformé par l'homme ». Un piment rouge, rond et gros comme une bille, aussi piquant que son homologue de Cayenne. Mais qui s'en distingue par « un parfum fruité et citronné ». Piment que Jérôme et Célia - qui travaille quant à elle dans la communication - assurent être les seuls à cultiver en France.
Tout commence en 2019, dans un aéroport, à l'occasion d'un voyage en Laponie. Le temps s'étire. Les pensées divaguent. Jérôme, qui est un grand amateur de cuisine du monde et en particulier de mets pimentés, se demande ce qui pourrait bien pousser dans ces paysages de glace. L'idée du piment surgit dans son esprit. Pourquoi ne pas en cultiver sous le soleil brûlant de Provence ? D'autant qu'il a toujours eu des difficultés à trouver des semences à son goût.
« J'ai donc acheté des graines à un fournisseur de la Réunion et je les ai fait germer ». L'opération fonctionne. L'idée furtive s'enracine. Reste à trouver une terre où la laisser s'épanouir.
Il se trouve qu'un des premiers clients de Jérôme dispose de quelques mètres carrés dans la garrigue aubagnaise. Une surface qu'il accepte de mettre gracieusement à disposition du couple, en échange de l'entretien de la parcelle.
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