Comment O-kidia veut faire entrer le numérique dans la prise en charge des troubles du neuro-développement de l'enfant
Maëva Gardet-Pizzo
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Il fut un temps - pas si lointain - où le nourrisson n'était considéré que comme un tube digestif. L'enfant comme un adulte miniature, insensible à la douleur et traversé par des émotions très primaires. Et où le concept d'adolescence n'existait même pas.
Cette époque est révolue. Dyslexie. Dyspraxie. Dysphasie. Hyperactivité. Troubles de l'attention. Troubles du spectre autistique. Haut potentiel intellectuel ou émotionnel. Hypersensibilité. Manque d'estime de soi... La santé mentale et le développement neuronal des enfants sont de plus en plus scrutés par parents et professionnels car on sait combien ceux-ci peuvent un avoir un impact sur tous les aspects de la vie de l'enfant, au quotidien et dans sa vie future.
Sauf que la science en la matière est encore jeune. Le diagnostic de ses troubles est long et fastidieux. « Les outils sont le plus souvent un papier, un crayon, avec des questionnaires qui ne sont pas uniformisés dans le monde », observe Vanessa Douet-Vannucci, fondatrice d'O-kidia. « Les tests durent 60 heures, s'étalent sur deux jours et requièrent trois à six personnes ».
Or, face à cela, Vanessa Douet-Vannucci est « choquée du peu d'intégration des technologies numériques pour apaiser les familles, pour diagnostiquer, suivre et traiter les patients ». Tandis que « côté praticiens de la santé, les listes d'attente sont très longues. Et beaucoup de choses découvertes en laboratoire ne sont pas mises en œuvre ».
O-kidia est créée en février 2022 pour y remédier. Avec l'ambition de devenir « une clinique digitale des troubles du neuro-développement de l'enfant ». C'est-à-dire une plateforme en mesure d'assurer une première prise en charge grâce à de l'aide au diagnostic, au suivi des malades et à leur orientation vers les thérapies les plus appropriées.
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Pour ce qui est du diagnostic, la startup veut créer « l'équivalent de tests sanguins », appliqués à la santé mentale et au neuro-développement d'enfants et pré-adolescents. Pour cela, elle s'appuie sur une batterie de jeux réalisés sur tablette en 20 à 30 minutes au total et en extrait, grâce au machine learning, diverses métriques telles que le son de la voix de l'enfant, le mouvement des doigts. Des flux divers analysés en temps réel afin de détecter certains troubles cognitifs de manière uniformisée. Une manière de se passer des longs tests habituellement utilisés. Mais pas de l'expertise du médecin et de son analyse de la relation que le patient entretient avec lui, et de la situation globale de celui-ci.
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