La Table de Cana, pionnière de l’insertion par les fourneaux
Maëva Gardet-Pizzo
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Les fourneaux comme tremplins vers l'emploi. L'idée ne surprend plus grand monde tant les dispositifs d'insertion par ce biais se sont multipliés ces dernières années.
Car la cuisine n'est plus seulement une corvée de nos vies quotidiennes. Les télé-crochets gastronomiques l'ont érigée en art. Les livres de recettes s'arrachent en librairie. Et de nombreuses acteurs de l'inclusion louent les vertus de la cuisine pour créer du lien entre les gens, révéler les talents de personnes fières de faire découvrir les recettes de leurs aïeux.
A Marseille, on compte ainsi une dizaine de structures qui utilisent ce vecteur pour remettre des personnes sur le chemin de l'emploi. Beaucoup se sont installées il y a peu, à l'image de Meet my mama qui vise des mères de famille, ou du restaurant gastronomique et solidaire Le République. Mais il en est une qui fait figure de grande sœur : la Table de Cana.
1985 : bien que le taux de pauvreté s'atténue, la faim est au cœur des préoccupations. C'est d'ailleurs cette même année que naissent les Restos du Cœur.
A Antony, en Île-de-France, un prêtre jésuite et cadre informatique répondant au nom de Franck Chaigneau distribue des repas aux sans abris. C'est alors qu'éclot dans son esprit une idée pour lutter contre les causes de la pauvreté, parmi lesquelles le chômage. Il décide de créer une association qui permettrait à ceux qui sont éloignés de l'emploi de travailler tout en apprenant un métier. Et choisit pour cela la cuisine.
La Table de Cana naît en 1985, empruntant son nom aux Noces de Cana, dont le prête apprécie le caractère convivial. Deux ans plus tard, le concept essaime à Marseille, avant de s'ouvrir les portes d'autres villes françaises.
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Bien qu'organisées en réseau, toutes ces antennes sont indépendantes et ont, de ce fait, leurs propres particularités. A Marseille, la Table de Cana compte deux activités : traiteur et restauration collective.
Maëva Gardet-Pizzo