Les startups du maritime face à l'enjeu du financement
Rémi Baldy
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"Je ne connaissais pas ce dispositif, ce qui signifie que vous avez un travail de communication et moi de connaissance à effectuer", sourit Hervé Berville. Le secrétaire chargé de la mer vient d'assister à la présentation d'une solution anti-pollutions et déchets dans l'eau imaginée par Pollustock. La startup est incubée à ZeBox, lieu totem créé par CMA CGM (actionnaire de La Tribune, NDLR) et symbole du développement des jeunes pousses et de leurs innovations autour des grands enjeux du secteur maritime. Après avoir écouté le pitch de Pollustock, Hervé Berville pointe « un enjeu de valorisation et de massification » de leur offre. Un constat qui peut s'élargir à tout l'écosystème. Et pour transformer les idées en solutions industrielles, l'élément clef n'est autre que le financement. Or sur ce point là, le monde maritime a bien du mal à exister face aux autres filières.
Une situation bien connue au sein de ce secteur. D'après le cluster maritime français (CMF), « la raison principale tient à un monde maritime encore assez méconnu de nos concitoyens, de l'enseignement supérieur et à son implantation géographique ». L'association avance un chiffre éloquent : « 80% du deal-flow est en région dans l'Hexagone et Outre-mer, sur le littoral, alors que 80% financiers sont à Paris ». Ou quand le centralisme impacte directement une activité qui se trouve par essence sur les bords de la mer ou de l'océan. Le CMF note d'ailleurs que dans les grands incubateurs de la capitale, « les startups centrées sur le maritime se comptent sur les doigts de la main ». Pour y remédier, le cluster vient de lancer, sous le patronage du secrétaire d'Etat chargé de la mer, un concours afin d'accompagner 35 jeunes pousses. Le but étant surtout de gagner en visibilité.
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Une première étape pour convaincre les financeurs. De son côté, le gouvernement a « donné un cap pour montrer où nous voulons aller », indique Hervé Berville. En l'occurrence, il s'agit de l'ambition de « décarboner de tous les secteurs du maritime ». Une manière d'orienter les financeurs. Pour renforcer encore cette activité, dans le but final de « renforcer les startsups du maritime », le secrétaire d'Etat rappelle la création il y a tout juste un an d'un fonds d'investissement de 1,5 milliard d'euros dans le cadre de France 2030. Dans cette enveloppe, un tiers provient de ressources publiques. « Nous l'avons mis en place avec une partie d'argent public pour réaliser un effet levier et emmener d'autres acteurs », défend Hervé Berville. « S'il n'y a pas suffisamment de startup du maritime dans les financements, ce n'est pas par manque de volonté mais parce que nous n'avions pas donné de cap ni d'outils financiers ».
Rémi Baldy