S.O.F.I.A Cosmétiques investit 2 millions d’euros pour se conforter (aussi) sur le marché du solaire green
Gaëlle Cloarec
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Exoshield entre dans sa dernière ligne droite. Porté par le laboratoire S.O.F.I.A Cosmétiques, spécialisé dans le développement, la fabrication et le conditionnement à façon de produits cosmétiques et d'hygiène, ce projet innovant vise à réduire les impacts toxicologiques des filtres anti-UV. Des effets de bord suspectés par différentes études, américaines essentiellement, qui viendraient perturber aussi bien le corps que l'environnement. « L'idée, explique Daniel Piétri, co-fondateur avec Alexandre Dingas de l'entreprise basée à Carros, près de Nice, est d'augmenter le ratio bénéfice sur risque des produits qui utilisent des filtres solaires en mettant ces derniers dans un environnement spécifique empêchant les effets indésirables tout en conservant le même degré de protection ».
Sur l'établi depuis 2018, soutenu par des financements issus des programmes d'Investissements d'Avenir et France Relance à hauteur de 475.000 euros, Exoshield entre donc en phase finale. Les premiers approvisionnements de lots industriels sont programmés à partir du deuxième semestre 2024. La mise sur le marché final étant attendue courant 2025, en fonction de l'agenda des marques clientes du laboratoire azuréen. Lequel va investir une enveloppe de 2 millions d'euros pour renforcer son outil de production à travers la construction d'une nouvelle aile d'environ 1.000 m² de surface plancher. Le permis de construire est en cours d'instruction. Les travaux devraient débuter en septembre. L'objectif : doubler sa surface de conditionnement, automatiser les lignes, afin d'augmenter ses capacités de production de 20 à 30%. Et ainsi soutenir sa croissance, qui depuis une paire d'années accélère fortement avec une augmentation annuelle moyenne de 40% de son chiffre d'affaires. Celui-ci a franchi la barre des 18 millions d'euros en 2023.
Il faut dire que S.O.F.I.A Cosmétiques a opéré un virage commercial important depuis la période Covid. Jusqu'alors très orienté export, le laboratoire « a pris des chemins périphériques » pour gagner en reconnaissance sur le marché national, aujourd'hui dominant dans son carnet de commandes alors qu'il y était quasiment absent il y a encore quatre ans. « Nous sommes spécialistes des produits techniques et complexes en cosmétique et hygiène. Le solaire en est l'archétype car c'est un des seuls produits dans le domaine de la cosmétique pour lequel la revendication est mesurable. Toutefois, détaille Alexia Dingas, directrice commerciale du laboratoire, notre offre ne se limite pas à ce segment de marché. Certes, nous y investissons fortement, avec le projet Exoshield et le développement de nouvelles galéniques comme le stick, le biphasé ou encore l'huile, mais notre savoir-faire s'étend à tous les cosmétiques (produits anti-âge, dépigmentant, contre l'acné ou encore d'hygiène) ».
Gaëlle Cloarec