Pourquoi L'Occitane quitte la bourse de Hong Kong
Rémi Baldy
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BENOIT TESSIER
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Cette fois c'est la bonne, le groupe L'Occitane veut bien quitter la bourse de Hong Kong. C'est lundi en fin de journée que l'information a été confirmée, la société de cosmétique proposer à de racheter ses actions. L'actuel propriétaire, l'Autrichien Reinold Geiger, et ses partenaires détiennent 72,64% des actions émises. « En tant que société non-cotée, L'Occitane International S.A. disposera d'une plus grande flexibilité dans la prise de décisions stratégiques à long terme », justifie l'entreprise dans un communiqué.
« C'est un cas assez symptomatique, plusieurs sociétés sortent des bourses depuis quelques années », note Eric Pichet, professeur d'économie et finance à Kedge Business School. Pour lui, cela permet d'échapper aux contraintes réglementaires, notamment sur l'information qui est particulièrement encadrée. « Pour des groupes avec des brevets et du capital immatériel, l'obligation de communiquer auprès du public peut revenir à donner ces informations à la concurrence », explique le professeur. Il voit aussi dans cette évolution du capital, un aspect conjoncturel. « Les sociétés de private equity ont beaucoup d'argent, elles sont capables d'acheter ». Pour récupérer la main sur L'Occitane, Reinold Geiger va être aidé par Blackstone et Goldman Sachs.
L'offre faite est de 34 dollars de Hong Kong (4 euros) par action soit environ 60% de plus que le prix moyen de clôture des 60 derniers jours de cotation. « C'est assez classique et logique, il faut inciter les actionnaires à vendre et beaucoup de belles valeurs sont sous-cotées lorsqu'elles sont détenues par un actionnaire majoritaire », avance Eric Pichet. Déjà majoritaire, Reinold Geiger ne devrait donc pas radicalement changer de stratégie une fois en dehors de la place boursière hongkongaise. « Cette opération n'affectera d'aucune manière » les sites français dédiés aux marques L'Occitane en Provence et Melvita, à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) et Lagorce (Ardèche), précise le communiqué qui ajoute que « L'Occitane International S.A. continuera et à investir dans leur développement »
Rémi Baldy