Innofenso exploite la diversité naturelle des insectes pour lutter contre les ravageurs de culture
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
En France, selon l'Association des entreprises de biocontrôle (IBMA France), on dénombre quelque 768 produits de biocontrôle pour un chiffre d'affaires (2022) de 278 millions d'euros. Une grande famille qui vise les 30% de parts de marché en 2030, contre 13% aujourd'hui. Cette progression est portée par le plan Ecophyto 2030 qui, même remanié suite à la colère des agriculteurs, confirme l'objectif de réduction de 50% de l'utilisation des produits phytosanitaires dans l'Hexagone.
« L'appel d'air est indéniable. Le marché va doubler dans les sept prochaines années, ne serait-ce parce que le besoin de produits nouveaux est existentiel pour certaines filières qui se retrouvent dans une impasse réglementaire, sans solution alternative efficace aux pesticides de synthèse », explique Christophe Vasseur, co-fondateur de l'agritech Innofenso. Laquelle s'intéresse au sujet de la lutte naturelle contre les ravageurs de culture.
Spin-off de l'Institut Sophia Agrobiotech, dépendant de l'INRAE, l'agritech s'appuie sur les travaux de recherche de Nicolas Ris, directeur scientifique de la jeune pousse basée à Nice, qui mise sur la diversité naturelle des insectes auxiliaires, c'est-à-dire utiles aux plantes, pour trouver la bonne combinaison à appliquer contre les ravageurs ciblés. En l'occurrence, les papillons et chenilles, à l'origine de pertes colossales dans les cultures, chiffrées à près de 70 milliards de dollars dans le monde, auxquels Innofenso oppose une solution cocktail judicieusement élaborée à partir de trichogrammes.
À lire également
« Les trichogrammes sont des micro-guêpes et micro-abeilles, d'un demi-millimètre de long, inoffensives pour l'homme et les plantes et d'une durée de vie de sept jours. Ils ont la particularité de se reproduire dans les œufs du ravageur, l'empêchant ainsi de se développer », détaille Christophe Vasseur. Qui poursuit : « Nous travaillons sur une cinquantaine d'espèces de trichogrammes à partir desquelles nous opérons des assemblages en fonction de leur qualité de reproduction, de déplacement, d'affinité avec la plante mais aussi avec les œufs des ravageurs ciblés ».
Gaëlle Cloarec