De l'impact environnemental au management interne, les entreprises s'adaptent à la RSE
Rémi Baldy
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RSE, ESG ou plus récemment CSRD... Bien des noms ont été donnés au sujet des engagements des entreprises à être responsable. Ces sigles ont bien des différences, certains répondent à des exigences internes et d'autres externes, mais au sein des sociétés, on considère que « c'est la même chose ». Forcément, cette approche plutôt nouvelle dans les faits nécessite des changements dans l'organisation et la manière de mener son activité.
Au sein de la Société des Eaux de Marseille Métropole (SEMM), la directrice générale Sandrine Motte confirme que l'entreprise porte « une grande responsabilité écologique en traitant bien les effluents qui sont rejetés en milieu naturel, mais aussi d'un point de vue social, car l'eau doit être accessible à tous ». Aux côtés d'autres dirigeants, réunis dans le cadre d'une table-ronde organisée par BNP Paribas et KPMG à Marseille, elle évoque néanmoins les difficultés d'aller plus loin sur les sujets de RSE. « Le plus dur, c'est d'embarquer les parties prenantes dont les pouvoirs publics. Il faut du courage, les transformations ne se font que si l'on a des exemples concrets », glisse-t-elle.
Pour Olivier Storch, directeur général du logicien Ceva Logistics (filiale de CMA CGM, propriétaire de La Tribune), l'enfer, c'est aussi les autres. « On peut promouvoir une logistique verte, mais les clients regardent les prix et le temps de transit. Lorsque nous proposons une solution avec moins d'émission de CO2, elle est souvent plus chère et plus lente, 15% des clients sont prêts à payer », explique-t-il. Une situation qui provoque ensuite un blocage sur le reste de l'échelle selon le dirigeant, puisque les 85% restants regardent leurs propres clients qui ne veulent pas subir une hausse des tarifs.
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A l'heure de l'inflation et du manque de pouvoir d'achat, tout est bon pour ne pas augmenter ses prix sur le consommateur final. « D'après les calculs, qui ne sont pas propres à Ceva Logistics, en renchérissant de 40 centimes le prix d'une télévision ou de 70 centimes celui d'un smartphone, nous pourrions utiliser des bateaux moins émetteurs de CO2 », avance Olivier Storch. Une situation qui traduit également le manque de sensibilisation du coût de la transition énergétique. « Un camion coûte 100 000 euros, un camion électrique 350 000 euros », illustre le dirigeant.
Rémi Baldy