L'Adie veut renforcer sa présence dans les Quartiers Prioritaires de la Ville
Maëva Gardet-Pizzo
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Elle avait gardé ce rêve en sommeil dans son esprit pendant 20 ans : celui d'ouvrir un hammam dans les quartiers nord de Marseille. A l'époque, ce territoire n'en compte aucun. Mais si l'envie est forte, les moyens manquent. De sorte que Nacima, coiffeuse de métier, se détournera de ce projet avant d'y revenir, ouvrant un salon d'esthétique, coiffure et hammam avec le soutien financier (microcrédit) et l'accompagnent de l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique.
Une association reconnue d'utilité publique dont le but est de permettre à des personnes qui n'ont pas accès au système bancaire traditionnel de créer leur propre entreprise, grâce au microcrédit accompagné.
À l'image de Nacima, l'intention d'entreprendre est forte dans les quartiers relevant de la politique de la ville. D'après l'Indice entrepreneurial français (IEF) de 2021 de Bpifrance, 12% des habitants de QPV ont l'intention d'entreprendre contre 9% dans l'ensemble du pays. Et 35% pensent qu'exercer une activité à son compte est le choix de carrière le plus intéressant contre 24 % en France. Pourtant, les intention se concrétisent moins souvent qu'ailleurs. « L'argent est le nerf de la guerre quand on veut créer une entreprise », pointe Sébastien Chaze, directeur régional de l'Adie en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Corse. « Or, dans les QPV, le niveau de pauvreté est élevé et les moyens sont donc moins importants ». Ce qui nuit à l'accès au crédit. L'étude de Bpifrance montre ainsi que l'accord de crédits s'élève à 22% dans ces quartiers, contre 30% en France.
C'est précisément ce frein que sert à lever le microcrédit, dont le montant s'élève en moyenne à 5.000 euros par projet accompagné.
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Parmi les porteurs de projet accompagnés par l'Adie, 19% sont sans diplôme (contre 9 % pour l'ensemble de la population française), et 33% sont allocataires de minimas sociaux (contre 7 % en France), comme l'indique sa dernière étude d'impact. 1 sur 5 réside en QPV et autant en zone rurale à revitaliser.
Maëva Gardet-Pizzo